Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

«Couverture d’un souvenir philatélique. Fondation de Québec 2008 – Savignon»Photo anonyme d’une illustration de Francis Back (s.d.)Source : http://www.phil-ouest.com/Timbre.php?Nom_timbre=France_Canada_BS30_2008

     Après la fondation de Québec en 1608, Samuel de Champlain noue des alliances avec plusieurs nations amérindiennes.  Aidés de représentants des Anishinabegs, des Wendats et des Innus, Champlain et les troupes françaises attaquent les Mohawks à l’été 1609.  La bataille décisive a lieu dans l’actuel État de de New York, près de Ticonderoga.  Grâce à l’utilisation de son arquebuse, Champlain sème la déroute dans le camps iroquois et gagne en prestige auprès de ses nouveaux alliés.  Il se rend alors dans des villages innus pour observer leur rite de victoire. Champlain passe ensuite l’hiver en France et revient livrer une nouvelle bataille aux Mohawks en 1610, toujours aidé de ses alliés autochtones. Pour conforter ces alliances, Champlain confie alors le jeune Étienne Brûlé au chef anishinabe Iroquet, avec mission d’apprendre leur langue.  De son côté, Champlain prend sous sa protection un jeune Wendat nommé Savignon. Informé de l’assassinat d’Henri IV, Champlain retourne en France le 13 août 1610 pour s’assurer d’un soutien continu en faveur de la Nouvelle-France.  Il est accompagné de Savignon, envoyé par sa tribu afin d’observer les us et coutumes de France.

     L’échange entre Savignon et Étienne Brûlé se fait à l’embouchure de l’actuelle rivière Richelieu lors d’une rencontre après la bataille de 1610 contre les Mohawks.  Champlain négocie cette entente avec Iroquet et avec Outchetaguin, un chef wendat, afin de créer des interprètes qui vont agir pour le compte de la France dans les territoires amérindiens.  En traversant l’Atlantique, Savigon devient le premier Wendat à se rendre en France. Invité à la cour royale, il se déclare impressionné par les «orignaux sans panache» qui tirent le carrosse doré du roi.

     De retour en 1611, Savignon est envoyé en amont des rapides de Lachine pour hâter le retour des alliés autochtones de Champlain. Après une mésaventure en canot, aux abords d’un lieu connu aujourd’hui comme l’île aux Hérons près de Montréal, et où deux de ses compagnons perdent la vie, Savignon revient rencontrer Champlain avec son frère, Tregouaroti.  Ils sont accompagnés de plusieurs hommes dont les chefs Iroquet et Outchetaguin.  Brûlé fait un rapport positif de son séjour hivernal en pays autochtone.  Savignon raconte alors comment il a été bien traité en France.  À regret, Savignon fait ses adieux à Champlain avec qui il s’est lié d’amitié et il reprend le chemin vers son pays. Pour Champlain, il s’agit plutôt d’un grand soulagement puisqu’il n’a dès lors plus la responsabilité du bien-être du jeune homme. En effet, s’il lui était arrivé malheur, les conséquences diplomatiques auraient été graves.

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«Carte de la baie de Port Royal» Reproduction d’une carte de 1613 de Samuel de Champlain (s.d.) Source : Wikimedia Commons

 

     L’installation des premiers colons en Acadie est difficile. Les rigueurs de l’hiver déciment la population en 1604 ce qui force les premiers pionniers à partir de l’île Sainte-Croix pour aller s’établir à Port-Royal. Le premier gouverneur de la colonie, Pierre du Gua de Monts, quitte l’établissement dès septembre 1605. Il laisse Port-Royal sous la direction de François Gravé du Pont et promet d’expédier des renforts dès son arrivée en France. À l’été 1606, Gravé du Pont décide de plier bagage mais se ravise lorsque les secours arrivent. Parmi eux, on retrouve Louis Hébert et Marc Lescarbot.

     La direction de la colonie revient alors au lieutenant-gouverneur Jean de Biencourt de Poutrincourt et de Saint-Just. Les habitants de Port-Royal s’ajustent au climat et font des explorations en bateau, plusieurs avec Samuel de Champlain à bord. L’hiver 1606-1607 se passe joyeusement et avec bonne chère grâce à l’Ordre de Bon temps. Au printemps, cependant, une lettre de de Monts arrive à Port-Royal et ordre est donné à Poutrincourt de ramener la colonie en France. Le 11 août 1607, les Français abandonne Port-Royal.

Une belle habitation est laissée à Membertou, chef de la nation mik’maw.  Celui-ci avait aidé les premiers Acadiens en leur fournissant de la viande en hiver ; ce qui avait permis de réduire les décès causés par le scorbut. Membertou s’occupe bien des installations. En 1610, Poutrincourt est de retour à Port-Royal pour une nouvelle tentative de colonisation. Des missionnaires jésuites l’accompagnent. Toutefois, la guerre met fin à cette nouvelle occupation de Port-Royal et, en 1613, les bâtiments sont détruits par les Anglais.

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Radisson and Groseilliers Photo anonyme d’une huile sur toile de 1905 de Frederic Remington conservée au Buffalo Bill Historical Center (s.d.) Source : Wikimedia Commons

 

     Le 6 août 1654, Chouart Des Groseilliers part en expédition pour explorer l’ouest du lac Huron. Il connaît cette région puisqu’il est arrivé en Nouvelle-France en 1641 et qu’il travaille pour les Jésuites à Sainte-Marie-des-Hurons en 1645-1646.  Négociant, son expédition de 1654 vise d’abord à promouvoir le commerce des fourrures. L’opération est un succès puisque en août 1656, il revient avec une flottille d’un cinquantaine de canots remplis de fourrures de grande valeur.

     Cet explorateur français est un homme d’entreprise. Lorsque la paix est conclue entre Français et Iroquois, Des Groseilliers devient coureur de bois et s’investit dans la recherche de la «Grande Mer» à l’ouest du lac Huron. Il est responsable d’ouvrir le lac Michigan et le le lac Supérieur à la traite des fourrures et aux missionnaires jésuites.

     Le trajet exact de ce voyage reste approximatif. Longtemps, il fut admis que Des Groseilliers était accompagné par son beau-frère Pierre-Esprit Radisson. Cependant, sa biographe, Grace Lee Nute, contredit cette affirmation en soutenant que Radisson était trop jeune pour faire ce voyage et qu’il se trouve à Québec pour signer un acte notarié en novembre 1655. Quoiqu’il en soit, Radisson a laissé un récit détaillé de ce voyage, bien que l’original ait disparu. Selon les copies disponibles, Des Groseilliers remonte l’Outaouais jusqu’au lac Nipissing pour emprunter la rivière des Français jusqu’à la baie Georgienne. Il descend ensuite le lac Huron jusqu’au lac Saint-Clair ; puis passe de Détroit jusqu’au sud du lac Michigan. Il remonte alors le long de la rive est de ce grand lac et revient vers la colonie en passant par Michilimakinac.

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