Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

Quebec And Its Environs, with the Operations of the Siege Reproduction d’un plan anonyme dressé par ordre de l’amiral Charles Saunders et publié en 1810 chez Rd. Philips à Londres (s.d.) Source : BAC-C14523

     La guerre de la Conquête débute en 1754.  La France et la Grande-Bretagne se disputent alors le contrôle des colonies de l’Amérique du Nord.

     Sous le leadership de William Pitt, les Anglais expédient en 1759 une flotte imposante pour s’emparer de Québec. Près de 50 navires de guerre transportant 13 500 membres d’équipages sont accompagnées par 119 vaisseaux marchands avec à leur bord 4 500 marins et 8 500 soldats réguliers.

     Le 26 juin 1759, l’armada atteint l’île d’Orléans et débute le siège.  Québec sera bombardée durant tout l’été jusqu’au 13 septembre, date de la bataille des Plaines d’Abraham. Le siège de Québec se conclut par la chute de la capitale et, éventuellement, de la Nouvelle-France.

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«Officier portant les couleurs du régiment de Carignan-Salières, 1665» Reproduction d’une gravure du fonds Théophile Éthier (1934) Source : BANQ

 

      Au milieu du XVIIᵉ siècle, les raids amérindiens sur Ville-Marie et sur plusieurs autres établissements de la Nouvelle-France compromettent le développement de la colonie. La force militaire entretenue par la Compagnie des Cent-Associés est insuffisante pour faire face aux attaques iroquoises. Avec l’instauration du gouvernement royal en 1663, une plus grande stabilité devient possible. L’année suivante, le roi ordonne l’envoi du régiment de Carigan-Salières en Nouvelle-France.

     Ce régiment résulte de la fusion du régiment d’Emmanuel-Philibert de Savoie, prince de Carignan, avec le régiment de Salières. Le régiment de Carignan-Salières est commandé par le marquis Henri de Chastelard de Salières. Ces soldats quitte Marsal en Lorraine, traverse la France à pieds et s’embarquent à La Rochelle en direction de la Nouvelle-France. Environ 1 100 hommes vont faire la traversée sur sept navires. Le premier contingent arrive à Québec le 19 juin 1665 et le dernier, le 14 septembre. Leur commandant à Québec est Alexandre Prouville de Traçy.

     Leur traversée de l’Atlantique se fait sans trop de problème. Jean Talon précise que «Les troupes destinées pour l’expédition contre les Iroquois sont passées assez heureusement et avec perte de peu de soldats. Il n’en est pas tout à fait de même des munitions de guerre et de bouche que la mer a altérées, mais il sera fait un supplément aux uns par ce qui se trouvera dans le pays et aux autres par l’economie autant que par le travail de quelques ouvriers qui pourront fournir quelque chose de leur industrie».

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Bx François de Laval Photo anonyme d’une icône écrite en 2001 par Marthe Bélanger et Céline Boucher (s.d.) Source : Centre d’animation François-de-Laval

     François de Laval est ordonné prêtre le 1ᵉʳ mai 1647 après des études au collège des Jésuites de La Flèche et, à Paris, au collège de Clermont, également dirigé par les Jésuites. Deux ans plus tard, il obtient une licence en droit canon de l’université de Paris. François remplit ses fonctions religieuses avec zèle, vertu et piété selon les témoignages de ses contemporains qui nous sont parvenus. Il rêve d’être missionnaire et démontre toutes les qualités nécessaires pour accéder à l’épiscopat.

     D’abord pressenti pour oeuvrer au Tonkin, c’est en Nouvelle-France que François de Laval va accomplir sa destinée. Soutenu par les Jésuites dans une querelle de juridiction ecclésiastique liée à l’érection d’un évêché à Québec, François de Laval est recommandé au pape par le roi Louis XIV en 1657. Sa nomination traîne en longueur pendant qu’il reste dans l’attente et la prière à l’Ermitage de Caen. Afin de solutionner le problème de juridiction, la Sacrée Congrégation de la Propagande suggère de créer un vicariat apostolique en Nouvelle-France. Le 3 juin 1658, les bulles apostoliques en faveur de François de Laval sont signées à Rome, le nommant évêque in partibus de Pétrée. L’Église gallicane s’oppose alors à sa consécration le 4 octobre 1658 et obtient du parlement de Rouen, la veille, un arrêt qui lui interdit de «s’ingérer dans les fonctions de vicaire apostolique au Canada».

      Le 8 décembre suivant, dans le secret, le nonce apostolique procède à la consécration de Mᵍʳ de Laval dans la chapelle de la Vierge de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, une église exempte de la juridiction de l’Église de France. La réaction gallicane est sévère. Deux arrêts, un du parlement de Paris et un autre du parlement de Rouen, interdisent aux sujets du roi de reconnaître Laval comme vicaire apostolique. Grâce à l’intervention d’Anne d’Autriche, la mère du roi, un compromis est trouvé et, le 13 avril 1659, Mᵍʳ de Laval s’embarque à La Rochelle à destination du Nouveau Monde. Pratiquement sans ressource financière, sa grande aventure dans l’édification de l’Église catholique en Amérique du Nord débute. Le 16 juin 1659, François de Laval arrive à Québec qui devient son siège épiscopal.

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