2 avril 1669

Interdiction de servir de la boisson durant la messe en Nouvelle-France

Monogramme de la Société de Saint-Sulpice

Monogramme de la Société de Saint-Sulpice

     Claude de Boutroue d’Aubigny est intendant de la Nouvelle-France de 1668 à 1670. Il remplit cette fonction entre les deux mandats de Jean Talon. Son passage en Nouvelle-France est caractérisé par un conflit avec le gouverneur Rémy de Courcelles. Ce dernier considère que Boutroue est trop influencé par Mgr de Laval. La couronne rejète cependant les plaintes de Courcelles et soutient les décisions de l’intendant. Boutroue reçoit, entre autres, le mandat d’enquêter sur les avantages et les inconvénients de vendre de l’eau-de-vie aux Amérindiens.

     Dans un premier temps, Boutroue fait adopter en 1668 par le Conseil souverain une ordonnance permettant, avec quelques réserves, de vendre de l’alcool aux Amérindiens. Un peu plus tard, l’intendant se ravise en constatant les effets néfastes de cette pratique. Il prohibe alors la vente d’alcool dans les villages autochtones. Les sulpiciens, eux, veulent aller plus loin dans leur seigneurie de Montréal. Les cabaretiers de l’endroit semblent alors guidés par l’appât du gain dans la tenue de leurs établissements. Ils ne font pas de différence entre les jours de travail et ceux du dimanche et des fêtes religieuses. Les buveurs sont même servis durant le service divin à l’église paroissiale. Cette situation est inacceptable pour les sulpiciens. Les seigneurs de Montréal profitent du passage de Boutroue à Ville-Marie en 1669 pour obtenir une ordonnance particulière.

     Le 2 avril 1669, l’intendant use de son autorité pour régler le problème. Il défend à tous les habitants des villes, des bourgs et des villages de la colonie d’aller boire ou manger dans les cabarets et les tavernes durant la messe, sous peine d’amende. Les récidivistes sont menacés de la prison. Les aubergistes peuvent cependant vendre des pots de vin destinés à la consommation privée dans les résidences.

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