Archive pour la ‘Au XVIIe siècle’ Catégorie

«Charles de Bourbon, comte de Soissons»

Reproduction d’une gravure sur cuivre de Dominicus Custos (1600-1602)

Source : Wikimedia Commons

     Après l’assassinat d’Henri IV en 1610, son cousin Charles de Bourbon, comte de Soissons, continue d’être un personnage important à la cour de France. Même s’il s’oppose à certaines politiques de la régente Marie de Médicis, il reste dans les bonnes grâces de Louis XIII qui le désigne comme son lieutenant-général en Nouvelle-France le 8 octobre 1612.

     Dès le 15 octobre 1612, le comte de Soissons commissionne Samuel de Champlain comme commandant de la Nouvelle-France. Champlain est chargé du fort de Québec avec pouvoir d’en bâtir d’autres au besoin. Il doit soumettre le pays au roi de France et faire la promotion de la religion catholique.

     Investi des pleins pouvoirs sur la colonie naissante, Champlain doit aussi rechercher un chemin vers la Chine et les Indes orientales. Il s’acquitte de cette mission dès 1613, à son retour à Québec, d’où il part explorer la rivière des Outaouais.

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Jean de Lauson père

Document iconographique anonyme collé sur du carton (s.d.)

Source : Archives de la Ville de Montréal

     En 1627, Jean de Lauson participe à la fondation de la Compagnie des Cent Associés. Il en est nommé l’intendant et il dirige la compagnie en l’absence d’Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu. Lorsque Québec est restituée à la France après sa capture par les frères Kirke, Samuel de Champlain vante son rôle déterminant dans les négociations. En retour, Lauson obtient de vastes concessions pour sa famille et pour lui. En 1640, les Lauson sont les plus importants propriétaires terriens de la colonie.

     Toujours en France à cette époque, il agit aussi comme intendant du Dauphiné. C’est alors qu’il vend sa propriété de l’île de Montréal à la Société Notre-Dame de Montréal afin de permettre la fondation de Ville-Marie.

     La situation économique se détériore durant cette période en Nouvelle-France. La guerre contre les Iroquois mine le commerce des fourrures et le sort de la colonie devient précaire. Lauson s’offre pour redresser la situation. En janvier 1651, il est nommé gouverneur de la Nouvelle-France. Sa charge prend effet à son arrivée à Québec le 13 octobre 1651.

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Le Rd. P. Isaac Jogues de la Comp[agn]ie de Jesus Né à Orleans le 10 Janvier 1607 et mis a mort en haine de la Foi par les Iroquois le 18 Octobre 1646Reproduction d’une étampe anonyme datant de 1790 (s.d.)Source : BAC

 

     Isaac Jogues est un jésuite missionnaire. Capturé, torturé et mutilé une première fois en 1642, il souhaite poursuivre son oeuvre d’évangélisation à son retour à Québec en 1644. C’est en 1646 qu’il reprend le chemin de la mission en territoire amérindien. En mai, il quitte Trois-Rivière pour remonter le Richelieu et traverser le lac Champlain. Il devient un des premiers Européens, si ce n’est le premier, à voir le lac George qu’il nomme lac du Saint-Sacrement. Il participe alors à une ambassade auprès des Agniers. Il est de retour à Québec en juillet.

  Jogues veut hiverner auprès de la population iroquoise mais les autorités refusent initialement sa requête. Le 24 septembre 1646, les désirs du père Jogues sont exaucés et il part à nouveau en mission avec son collègue Jean de La Lande. À ce moment, la famine et la maladie font leur apparition chez les Agniers, connus aujourd’hui sous leur nom anglais de Mohawks.  Ceux-ci attribuent cette calamité à Jogues qu’il considère comme un sorcier.  Une expédition de guerriers est envoyée pour s’emparer de lui. Les Amérindiens qui lui servent d’escorte l’abandonnent avec de La Lande. Les deux missionnaires sont capturés, dénudés et torturés. Le 18 octobre, Jogues est tué d’un coup de tomahawk. Il est décapité ; sa tête scalpée est mise sur une palissade et son corps jeté dans la rivière Mohawk.

     Isaac Jogues était un mystique.  Ses écrits spirituels sont empreints d’un lyrisme qui ne laisse aucun doute sur les qualités littéraires de leur auteur. Rempli d’amour divin, il est vénéré à Québec dès son décès. En compagnie de ses autres compagnons martyrs, il est béatifié en 1925 puis canonisé en 1930 par le pape Pie XI. Le culte de sa mémoire, comme celle des saints martyrs canadiens, est célébrée le 26 septembre au Canada et le 19 octobre dans l’Église universelle.

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