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«Lettre au premier ministre Pierre Trudeau demandant l’application de la Loi sur les mesures de guerre»

Texte de Robert Bourassa (1970)

Source : BAC_C-140940 & C-140941

     Le 16 octobre 1970 à 4 h du matin, Pierre Elliott Trudeau proclame la Loi sur les mesures de guerre. D’un trait de plume, la démocratie et la liberté sont mises en veilleuse au Canada. Prétextant une insurrection appréhendée, l’armée canadienne envahit le Québec. Des milliers de policiers amorcent les fouilles de maisons québécoises. Des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants sont emprisonnés sans mandat, sans accusation, sans explication.  Jean Marchand, compagnon d’armes de Trudeau, déclare : «Il y a une organisation qui a des milliers de fusils, de « machine guns », de bombes, et à peu près 2 000 livres de dynamite, ce qui est suffisant pour faire sauter le coeur de Montréal».

     Les origines de cette loi remonte à la Première Guerre mondiale.  C’est le gouvernement conservateur de Robert Borden qui avait fait adopter cette loi en août 1914 pour accorder au gouvernement fédéral des pouvoirs spéciaux.  L’État fédéral peut alors gouverner par décret et reçoit des pouvoirs additionnels en matière de détention, d’exclusion et de déportation d’immigrants.  À cette époque, ce sont surtout les immigrants allemands et austro-hongrois qui sont touchés par la Loi sur les mesures de guerre. En décembre 1941, le gouvernement libéral de William Lyon Mackenzie King proclame à nouveau la loi qui vise alors les citoyens d’origine japonaise.

   En 1970, l’application de la loi sème la controverse. Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, et le maire de Montréal, Jean Drapeau, la réclament officiellement. À tort ou à raison, le Front de libération du Québec apparaît comme une menace réelle à la sécurité publique. Les bombes et les enlèvements ont provoqués un sentiment de terreur dans la population. Dans les heures qui suivent la proclamation de la loi par Trudeau, plus de 8 000 soldats sont déployés à Montréal. Près de 500 suspects sont arrêtés : la plupart sont des comédiens, des chanteurs, des poètes, des écrivains, des journalistes et des syndicalistes indépendantistes.

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Armoiries de la Côte d’Ivoire 1964-2000Source : Wikimedia Commons

     Les Portugais fréquentent le littoral ivoirien dès la fin du XVᵉ siècle. Durant le siècle suivant, ils sont les seuls Européens à explorer cette région. Les Français commencent à s’y rendre au XVIIᵉ siècle. En 1843, la France établit des comptoirs sur ce territoire. La Côte d’Ivoire devient une colonie française à partir de 1893. La loyauté des Africains durant la Seconde Guerre mondiale pousse la France à donner un plus grand rôle aux autorités locales de ses colonies après la guerre. La loi-cadre de 1956 autorise ainsi le transfert de pouvoirs de Paris vers les territoires d’outre-mer. Cette législation est adoptée à l’initiative du ministre français Gaston Defferre et du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny.

     La Côte d’Ivoire fait alors partie de la Fédération de l’Afrique occidentale française. Le référendum du 28 septembre 1958 permet la création de la Communauté française. En décembre de cette même année, la Côte d’Ivoire devient une république autonome au sein de la Communauté.

     Plusieurs pays de la Communauté manifestent rapidement leur désir d’exercer tous les pouvoirs et toutes les compétences d’un état souverain. Plusieurs pays d’Afrique noire sont du nombre. De suite, le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire proclame son indépendance.

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«La milice canadienne en tenue d’hiver»Aquarelle anonyme (s.d.)Source : BAC

     Les Fils de la Liberté sont les membres d’une association politique paramilitaire fondée en août 1837. Le nom de l’association est trouvé par Louis-Joseph-Amédée Papineau, le fils de Louis-Joseph Papineau, chef du Parti patriote.  Dès leur début, les membres de l’association convoquent une assemblée publique le premier lundi de chaque mois. La rencontre du 6 novembre 1837 tourne à un affrontement annonciateur des troubles à venir dans le Bas-Canada.

     Les membres des Fils de la Liberté se rendent alors deux par deux au Marché neuf de Montréal, sur le site de l’actuelle Place Jacques-Cartier. Ils sont confrontés aux membres du Doric Club qui veulent empêcher le rassemblement.  L‘émeute éclate et des maisons sont saccagées dont celle de Papineau. Les bureaux du journal patriote anglophone The Vindicator sont également attaqués.

     Cette violence montre que les partisans des Patriotes, parti de la majorité, peuvent agir de manière collective pour revendiquer en pleine ville de Montréal, alors le bastion de la Montreal Constitutionnal Association et du Doric Club, deux groupes opposés aux Patriotes. Dans la semaine qui suit, des mandats d’arrestation sont émis contre plusieurs Fils de la Liberté par le gouvernement colonial.  La chasse aux sorcières ciblant les Patriotes débute…

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