Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

Le Rd. P. Isaac Jogues de la Comp[agn]ie de Jesus Né à Orleans le 10 Janvier 1607 et mis a mort en haine de la Foi par les Iroquois le 18 Octobre 1646Reproduction d’une étampe anonyme datant de 1790 (s.d.)Source : BAC

 

     Isaac Jogues est un jésuite missionnaire. Capturé, torturé et mutilé une première fois en 1642, il souhaite poursuivre son oeuvre d’évangélisation à son retour à Québec en 1644. C’est en 1646 qu’il reprend le chemin de la mission en territoire amérindien. En mai, il quitte Trois-Rivière pour remonter le Richelieu et traverser le lac Champlain. Il devient un des premiers Européens, si ce n’est le premier, à voir le lac George qu’il nomme lac du Saint-Sacrement. Il participe alors à une ambassade auprès des Agniers. Il est de retour à Québec en juillet.

  Jogues veut hiverner auprès de la population iroquoise mais les autorités refusent initialement sa requête. Le 24 septembre 1646, les désirs du père Jogues sont exaucés et il part à nouveau en mission avec son collègue Jean de La Lande. À ce moment, la famine et la maladie font leur apparition chez les Agniers, connus aujourd’hui sous leur nom anglais de Mohawks.  Ceux-ci attribuent cette calamité à Jogues qu’il considère comme un sorcier.  Une expédition de guerriers est envoyée pour s’emparer de lui. Les Amérindiens qui lui servent d’escorte l’abandonnent avec de La Lande. Les deux missionnaires sont capturés, dénudés et torturés. Le 18 octobre, Jogues est tué d’un coup de tomahawk. Il est décapité ; sa tête scalpée est mise sur une palissade et son corps jeté dans la rivière Mohawk.

     Isaac Jogues était un mystique.  Ses écrits spirituels sont empreints d’un lyrisme qui ne laisse aucun doute sur les qualités littéraires de leur auteur. Rempli d’amour divin, il est vénéré à Québec dès son décès. En compagnie de ses autres compagnons martyrs, il est béatifié en 1925 puis canonisé en 1930 par le pape Pie XI. Le culte de sa mémoire, comme celle des saints martyrs canadiens, est célébrée le 26 septembre au Canada et le 19 octobre dans l’Église universelle.

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L’Arrivée des Filles du RoiReproduction d’une aquarelle sur crayond’Eleanor Fortescue-Brickdale (avant 1927)Source : BAC

     En 1663, la Nouvelle-France devient une province royale. Louis XIV décide de soutenir le peuplement en s’attaquant au problème démographique de la disproportion numérique entre les habitants des deux sexes dans la colonie. Le problème semble simple aux yeux du monarque : il n’y a pas assez de femmes en Nouvelle-France pour assurer son peuplement. Son ministre des finances, Jean-Baptiste Colbert, dirige alors vers Québec un mouvement d’immigration féminine. Ce sont les Filles du Roi !

     Le premier contingent arrive à Québec le 22 septembre 1663. Trente-six femmes forment le groupe. Le roi assure leur traversée à ses frais et s’engage à les vêtir. Près de 800 Filles du Roi s’établissent en Nouvelle-France en dix ans. D’origine modestes, les filles sont choisies selon des critères strictes et des certificats de bonne conduite afin de justifier les largesses royales à leur égard. Les recherches historiques montrent qu’on est loin de la mauvaise réputation que certains leur ont affublé.

     Dans un pays où il y a six fois plus d’hommes que de femmes, elles trouvent rapidement un époux intéressant. En peu de temps, elles contribuent à la hausse du taux de natalité dans la colonie. L’intendant Jean Talon appuie d’ailleurs leur présence et facilite leur venue. La Société d’histoire des Filles du Roy s’affaire maintenant à faire connaître leur histoire.

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Le Moyne d’IbervilleReproduction d’une estampe datant de 1881 (s.d.)Source : BAC

     La guerre de la Ligue d’Augsbourg se déroule en Europe de 1688 à 1697. En Amérique, le conflit se déroule avec des enjeux différents et porte les noms de Première Guerre intercoloniale ou encore de King William’s War. Les affrontements se produisent entre la Nouvelle-France et les colonies britanniques au sujet du contrôle des fourrures à la baie d’Hudson et autour des Grands Lacs et aussi pour le contrôle des pêcheries dans le golfe du Saint-Laurent.

     La paix est conclue en 1697 à Ryswick, au Pays-Bas. Ces ententes sont ratifiées par deux traités différents.  Le premier est signé le 20 septembre et traite spécifiquement du destin des colonies. L’article VIII se lit comme suit : «Tous les Pays, Villes, Places, Terres, Forts, Isles et Seigneuries, tant au dedans qu’au dehors de l’Europe, qui pourroient avoir été pris et occupés depuis le commencement de la presente Guerre, seront restitués de part et d’autre au même état, qu’ils étoient pour les Fortifications lors de la prise, et quant aux autres Edifices, dans l’état qu’ils se trouveront, sans qu’on puisse y rien detruire ny deteriorer, sans aussi qu’on puisse pretendre aucun dedommagement pour ce qui auroit pû estre demoli ; Et nommement le Fort et habitation de Pondichery sera rendu aux conditions susdites à la Compagnie des Indes Orientales establie en France ; Et quant à l’Artillerie qui y a esté amenée par la Compagnie des Indes Orientales des Provinces Unies elle luy demeurera ainsi que les munitions de Guerre et de bouche, Esclaves, et tous les autres effets, pour en disposer comme il luy plaira, comme aussi des terres, droits et privileges qu’elle a acquis tant du Prince que des habitans du Pays».

     En d’autres termes, les conquêtes françaises en Amérique du Nord sont toutes annulées. En effet, après la défaite de William Phipps à Québec en 1690, les troupes française sous la direction de Pierre LeMoyne d’Iberville  réussissent, entre 1692 à 1696, à chasser les Anglais de la plus grande partie de l’Acadie et de la baie d’Hudson tout en saccageant les pêcheries anglaises à Terre-Neuve. Les diplomates européens ne réussirent pas à s’entendre sur la portée de ces conquêtes dont certaines persistèrent malgré les dispositions du traité.

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