Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

«Réplique de la croix de bois plantée par Cartier à Gaspé en 1534 et érigée à la Tour Solidor à Saint-Malo»Photo : Rémi Jouan (2007)Source : Wikimedia Commons

     

     La découverte du Nouveau Monde préoccupe le roi François 1ᵉʳ. En 1534, il ordonne à Jacques Cartier de s’y rendre avec deux navires afin d’y «descouvrir certaines ysles et pays où l’on dit qu’il se doibt trouver grant quantité d’or et autres riches choses».

     Le navigateur quitte Saint-Malo le 20 avril 1534 et traverse rapidement l’Atlantique en 20 jours. Après avoir rejoint les «Terres Neuves», il fait route vers le sud pour atteindre d’abord les îles de la Madeleine, qu’il nomme «Les Araynes», et puis l’île Saint-Jean, devenu en 1799 l’Île-du-Prince-Édouard. Il découvre ensuite la baie des Chaleurs et entre finalement dans la baie de Gaspé le 14 juillet. Le 24 juillet, il plante une croix à Gaspé pour prendre possession du territoire au nom de la France.

     Ce geste déplait au chef iroquoien Donnaconna. Cartier tente de l’amadouer en soutenant que la croix n’est qu’un point de repère. Les relations entre les deux hommes restent ensuite empreintes de suspicion. Elles aboutissent avec le rapt du chef indien en 1535 par Cartier qui l’amène alors à la cour de France.

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Desbiens. Souvenir du tricentenaire du lac St-Jean 1947 Extrait d’une photo anonyme (1947) Source : Wikimedia Commons

     Le jésuite Jean de Quen est né en Picardie en 1603. Ses études complétées, il part en mission et arrive à Québec en 1635. Son ministère le met en contact avec les Amérindiens, plus particulièrement avec les Montagnais dont il apprend la langue. Après des séjours à Québec, Sillery et Trois-Rivières, il établit avec succès la mission montagnaise de Tadoussac en 1642. C’est là qu’en 1646, la première église de pierre de la colonie est bâtie. Cet endroit est aussi une importante plaque tournante pour le commerce des fourrures. Le père de Quen réussit à ce moment à gagner la confiance des nombreux nomades qui fréquentent Tadoussac pour y faire des échanges commerciaux.

     À l’été 1647, de Quen apprend que des néophytes montagnais en route pour Tadoussac se sont arrêtés au lac Piékouagami pour cause de maladie. Le père de Quen exprime alors le souhait de se rendre auprès de ces membres de la nation du Porc-Épic. Le 11 juillet, il quitte Tadoussac en canot d’écorce avec des Montagnais convertis. En cinq jours, ils remontent le Saguenay jusqu’à la rivière Chicoutimi. Par elle, ils accèdent aux lacs Kenogami et Kénogamishish pour aboutir au futur lac Saint-Jean par la Belle-Rivière. Premier Européen à s’y rendre, Jean de Quen devient ainsi le découvreur du lac Saint-Jean qu’il décrit comme suit : «Ce lac est si grand qu’à peine en voit-on les rives, il semble estre d’une figure ronde, il est profond & fort poissonneux, on y pesche des brochets, des perches, des saumons, des truites, des poissons dorés, des poissons blancs, des carpes & quantité d’autres espèces. Il es environné d’un plat pays, terminé par de hautes montaignes éloignées de 3. Ou quatre ou cinq lieuës de ses rives, il se nourrit des eaux d’une quinzaine de rivieres ou environ, qui servent de chemin aux petites nations, qui sont dans les terres pour venir pescher dans ce lac & pour entretenir le commerce & l’amitié qu’elles ont par entr’elles. Nous voyagasmes quelque tempss sur ce lac, & enfin nous arrivasmes aulieu où estoient les Sauvages de la nation du Porc-Epic. Ces bonnes gens nous ayans apperceus, sortirent de leurs cabanes, pour voir le premier François qui ait jamais mis le pied dessus leurs terres».

     En 1947, lors des fêtes du tricentenaire de l’arrivée de Jean de Quen au lac Saint-Jean, un monument commémoratif est érigé à Desbiens avec le concours de la Société historique du Saguenay. Le granit et l’aluminium utilisés sont des produits de la région. La statue, réalisation de Salomonde, représente le jésuite dans une attitude missionnaire. Un tableau au fond rappelle aussi l’arrivée de de Quen avec ses deux guides montagnais. Un plaque historique témoigne de la découverte du lac Saint-Jean et se lit : «Ici, lieu d’arrêt et de rencontre des Indiens, le père jésuite Jean de Quen découvrant le lac Saint-Jean, se rendit le 16 juillet 1647 ; il trouva la croix érigée avant la venue du missionnaire ; il établit la première mission en 1652. En 1676 furent installées la maison et la ferme pour le soutien des apôtres du Saguenay et fut établi le poste de traite des fourrures.La mission dura jusqu’à 1877 et le poste de traite jusqu’à 1880».

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A Plan of the Town and Fort of Carillon at Ticonderoga Reproduction anonyme d’un plan de Thomas Jefferys datant d’environ 1758 (s.d.) Source : BANQ

      Le fort Carillon est situé au sud du lac Champlain. Il domine l’accès à la rivière Hudson. Durant la guerre de la Conquête, le marquis Louis-Joseph de Montcalm y commande une force militaire de 3 500 soldats. En juillet 1758, cette armée attend de pied ferme les 15 400 combattants de l’armée britannique. Les troupes françaises sont retranchées sur les hauteurs de Carillon à la veille de la bataille.

    Plusieurs historiens ont critiqué la stratégie du général James Abercrombie lors de l’affrontement. Plutôt que de contourner les lignes françaises et d’installer son artillerie, les Anglais firent une attaque brusquée de front.  Les résultats sont désastreux : le 8 juillet 1758, à la fin de la journée de la bataille, les troupes françaises contrôlent le terrain en ayant infligé de lourdes pertes à leurs assaillants.

    La bannière portée par les Français est la source d’un des plus grands mythes de l’histoire du Québec. Ses fleurs de lis sont probablement à l’origine du drapeau du Québec. Le drapeau de Carillon est maintenant exposé au Musée de l’Amérique française à Québec.

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