Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

Jean de Lauson père

Document iconographique anonyme collé sur du carton (s.d.)

Source : Archives de la Ville de Montréal

     En 1627, Jean de Lauson participe à la fondation de la Compagnie des Cent Associés. Il en est nommé l’intendant et il dirige la compagnie en l’absence d’Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu. Lorsque Québec est restituée à la France après sa capture par les frères Kirke, Samuel de Champlain vante son rôle déterminant dans les négociations. En retour, Lauson obtient de vastes concessions pour sa famille et pour lui. En 1640, les Lauson sont les plus importants propriétaires terriens de la colonie.

     Toujours en France à cette époque, il agit aussi comme intendant du Dauphiné. C’est alors qu’il vend sa propriété de l’île de Montréal à la Société Notre-Dame de Montréal afin de permettre la fondation de Ville-Marie.

     La situation économique se détériore durant cette période en Nouvelle-France. La guerre contre les Iroquois mine le commerce des fourrures et le sort de la colonie devient précaire. Lauson s’offre pour redresser la situation. En janvier 1651, il est nommé gouverneur de la Nouvelle-France. Sa charge prend effet à son arrivée à Québec le 13 octobre 1651.

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La Terra De Hochelaga Nella Nova FranciaReproduction d’un dessin de Giacomo GastaldiSource : Giovanni Battista Ramusio (1565)

     En 1535, Jacques Cartier explore le fleuve Saint-Laurent. Il a un mandat du roi François 1ᵉᴿ de trouver une voie d’eau menant aux richesses du Cathay. Il emprunte alors «le chemin et commancement du grand fleuve de Hochelaga et chemin du Canada». Après avoir festoyé à Stadaconné au début de septembre, il continue de remonter le fleuve à bord de l’Émérillon à partir du 19 septembre. Rendu au lac Saint-Pierre qu’il nomme lac Angoulême, il laisse son navire à l’ancre et poursuit sa route en barques vers l’amont du fleuve.

     Le 2 octobre 1535, Cartier et ses trente-deux mariniers arrivent en vue de l’île de Montréal. Ce sont probablement les premiers Européens à pénétrer aussi profondément à l’intérieur de la vallée du Saint-Laurent. Les habitants d’Hochelaga les accueillent en grand nombre. Des galettes de maïs sont lancées dans les embarcations françaises. Cartier et ses hommes débarquent sur l’île et distribuent des breloques aux Hochelagiens. Ils passent ensuite la nuit dans leurs barques.

     Le lendemain, Cartier visite la ville fortifiée d’Hochelaga habitée par plus de deux milles personnes. Inquiet pour ses navires, il repart immédiatement vers Stadaconné. Les interprétations de ces événements sont multiples.  Pour certains, Cartier remonte le fleuve et trouve Hochelaga au sud du mont Royal.  Pour d’autres, il remonte la rivière des Prairies et arrive plutôt au nord.  Le type de relations qu’il établit avec les Amérindiens est également sujet de controverses, l’analyse les décrivant comme allant de l’amitié à la méfiance en passant par l’agressivité.

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«Le marquis de La Jonquière»

Anonyme (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

 

     Après la chute de Louisbourg en 1745, une flotte française est expédiée l’année suivante en Acadie afin de tenter de reprendre la forteresse. Cette expédition est commandée par Jean-Baptiste-Louis-Frédéric de La Rochefoucauld de Roy, duc d’Anville. Le Nothumberland, vaisseau amiral de ce groupe de navires, est commandé par Jacques-Pierre Taffanel de La Jonquière. Ce marin d’expérience vient d’être promu chef d’escadre le 1ᵉᴿ mars 1746 et gouverneur de la Nouvelle-France le 19 du même mois.

     Après la traversée de l’Atlantique, un fort coup de vent frappe les bateaux au large de l’Acadie. Plusieurs navires sont avariés. Fin septembre, le duc d’Anville succombe d’une crise d’apoplexie. Le commandement de la flotte est confié à Constantin-Louis d’Estourmel le 29 septembre suite à un conseil de guerre qui décide aussi d’attaquer Annapolis Royal. d’Estournel est dépassé par les événements : il est atteint d’une fièvre qui le fait délirer au point d’attenter à ses jours. Le lendemain, le 30 septembre 1746, après une tentative de suicide, d’Estourmel se démet de ses fonctions en faveur de La Jonquière.

     Constatant le triste état de ses troupes durement malmenées par la maladie et par une météo déchaînée, Taffanel de La Jonquière décide de reporter l’attaque sur Annapolis Royal. «Un relevé des pertes datant du 15 octobre donne, sur un effectif total de 7 006 matelots et soldats, 587 morts et 2 274 malades». Quatre bateaux de transport quittent pour le Canada en octobre et de La Jonquière ramene le reste de la flotte en France. Cet échec montre la faiblesse de la marine française à l’époque, une flotte en déclin après la mort de Louis XIV. L’échec montre également les difficultés croissantes dans le secours possible aux colonies françaises d’Amérique du Nord.

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