Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

«Monument des saints martyrs canadiens devant l’église Saint-Michel à Sillery»

Photo : Jeangagnon (2015)

Source : Wikimedia Commons

     Selon la Relation des Jésuites de 1647, Jean de La Lande a été martyrisé en octobre 1646. Jean de La Lande, un donné, accompagne le père Isaac Jogues dans une mission de paix auprès des Agniers. Jogues, de La Lande et un Wendat sont accueillis en ennemi à leur arrivée en pays iroquois. Les deux européens sont torturés puis assassinés. La Relation décrit ainsi les derniers jours de de La Lande : «Il ne faut pas mettre en oubly le jeune François qui à esté massacré avec le Pere. Ce bon garçon, appelé Jean de la Lande, natif de la ville de Dieppe, comme à esté dit cy-dessus, voyant les dangers où il s’engageoit dans un si perilleux voyage, protesta à son despart, que le desir de servir Dieu, le portoit en un pays, où il s’attendoit bien d’y rencontrer la mort. Cette disposition l’a fait passer dans une vie qui ne craint plus, ny la rage de ces Barbares, ny la fureur des Demons, ny les affres de la mort».

     René Goupil, en 1642, est le premier missionnaire jésuite massacré par les Iroquois.  À cette liste, outre Jogues et de La Lande, il faut ajouter Antoine Daniel en 1648 et puis Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier et Noël Chabanel en 1649.  La description de leurs supplices frappe l’imagination.  Leurs tortures sont parmi les plus horribles et les plus atroces des annales de la chrétienté.  Le père Brébeuf, par exemple, a été écorché, ébouillanté, brûlé et mutilé: on lui a même arraché les lèvres parce qu’il ne cessait de parler de Dieu durant son martyr.

     C’est en 1930 que le pape Pie XI canonise ce groupe de martyrs. Les saints martyrs canadiens sont depuis les patrons du Canada et assistent saint Joseph dans ce rôle. Leur souvenir est également bien commémoré : plusieurs paroisses et municipalités portent leurs noms. Au Canada, la fête des saints martyrs canadiens est fixée au 26 septembre.  Pour l’Église catholique de France, la date du 19 octobre, anniversaire du martyr de Jean de La Lande, est retenue. Ailleurs, leur souvenir est fêté le 4 février.

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«Frontenac recevant le major Thomas Savage envoyé par sir William Phipps pour obtenir la reddition de Québec»

Reproduction d’une aquarelle et crayon sur bois de Charles William Jefferys (1925)

Source : BAC

     La réplique est restée célèbre : «Je n’ay point de Reponse a faire a vostre general que par la bouche de mes cannons et a coups de fuzil». Louis de Buade, comte de Frontenac, repousse ainsi l’ultimatum de William Phipps en 1690. Québec ne se rendra pas facilement. Le plan des Anglais est de débarquer le gros de leurs troupes à Beauport puis de traverser la rivière Saint-Charles en canots. Une fois l’armée anglaise installée à l’ouest de Québec, la flotte de Phipps doit attaquer Québec de front.

     Le 18 octobre 1690, le débarquement a lieu à Beauport sous la commande du major John Walley, commandant en second de Phipps. Immédiatement, les Anglais sont harcelés par les miliciens canadiens dirigés par Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène. Ils ne traverseront jamais la rivière. Devant Québec, Phipps débute un lourd bombardement qui dure quatre jours et se termine par l’épuisement des munitions anglaises.

     Le siège de Québec tire à sa fin. Phipps doit abandonner son projet de conquête de la Nouvelle-France. Après un échange de prisonniers, ses navires lèvent l’ancre le 24 octobre et repartent vers Boston. Le retour est difficile : son escadre essuie plusieurs tempêtes ; la navigation est lente ; certains font naufrage ; d’autre n’arriveront jamais… La défaite anglaise est complète.

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«Charles de Bourbon, comte de Soissons»

Reproduction d’une gravure sur cuivre de Dominicus Custos (1600-1602)

Source : Wikimedia Commons

     Après l’assassinat d’Henri IV en 1610, son cousin Charles de Bourbon, comte de Soissons, continue d’être un personnage important à la cour de France. Même s’il s’oppose à certaines politiques de la régente Marie de Médicis, il reste dans les bonnes grâces de Louis XIII qui le désigne comme son lieutenant-général en Nouvelle-France le 8 octobre 1612.

     Dès le 15 octobre 1612, le comte de Soissons commissionne Samuel de Champlain comme commandant de la Nouvelle-France. Champlain est chargé du fort de Québec avec pouvoir d’en bâtir d’autres au besoin. Il doit soumettre le pays au roi de France et faire la promotion de la religion catholique.

     Investi des pleins pouvoirs sur la colonie naissante, Champlain doit aussi rechercher un chemin vers la Chine et les Indes orientales. Il s’acquitte de cette mission dès 1613, à son retour à Québec, d’où il part explorer la rivière des Outaouais.

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