Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

«Plaque commémorant le mariage de Martin Prévost et de Marie Manitouabe8ich en 1644»

Photo anonyme de la plaque commémorative érigée à Beauport en 1994 par l’Association de Prévost-Provost d’Amérique (2015)

Source : www.ipublishpress.ca

     Martin Prévost est un des pionniers de la Nouvelle-France. Après son départ de France, sa présence est signalée à Québec dès 1639. Il travaille d’abord comme magasinier pour la Compagnie de Cent-Associés. Le 3 novembre 1644, Prévost épouse Marie-Olivier-Sylvestre Manitouabe8ich, une jeune Amérindienne. Cette alliance entre un Français et une femme autochtone est la plus ancienne que l’on retrouve dans les registres de catholicité de la colonie. Il est possible que le métissage ait débuté avec d’autres unions mais le mariage entre Prévost et Manitouabe8ich est le premier à être «officiel». Par après, le couple s’installe à Beauport, sur une terre que lui a concédé la Compagnie.

     Marie-Olivier-Sylvestre Manitouabe8ich a une histoire particulière. Elle est la fille de Roch Manitouabe8ich et de Outchibahanoukoueou. Ses origines restent sujet de discussion : il est admis que sa mère était une Abénaki mais il est possible que son père soit un Wendat bien qu’il est plus probable qu’il soit un Algonquin. Marie-Olivier-Sylvestre est baptisée par un missionnaire jésuite à la mission de Sillery. Le prénom Marie lui est donnée en l’honneur de la Vierge.  Son parrain est l’interprète Olivier Letardif de qui elle tient son second prénom, comme le veut la coutume. L’ajout du prénom Sylvestre signifie «Celle qui vient de la forêt».

     À l’âge de 10 ans, la petite fille est adoptée par Olivier Letardif qui prend à sa charge de la faire éduquer par les Ursulines. Pensionnaire du couvent, elle va ensuite résider chez Guillaume Hubou et Marie Rollet. La veuve de Louis Hébert et son nouvel époux abritent alors plusieurs orphelins et enfants amérindiens. Hubou travaille lui aussi pour les Cent-Associés. Bien éduquée, Marie-Olivier-Sylvestre Manitouabe8ich fait alors la connaissance de Martin Prévost. Son père adoptif donne sa bénédictin à leur union. Après leur mariage, le couple va donner naissance à huit enfants.

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«Au Roy. Mémoire sur le Canada»

Reproduction de la première page d’un manuscrit de Jean Talon daté du 2 novembre 1671 (s.d.)

Source : BAC

 

     Le passage de Jean Talon en Nouvelle-France est remarquable.  L’intendant a l’appui du roi Louis XIV pour développer la colonie.  L’essor qu’il donne à l’agriculture dans la vallée du Saint-Laurent est particulièrement notable. Par exemple, Talon s’affaire à développer la culture des céréales. Il est aussi un ardent promoteur de la bière. Dès 1666, il investit de ses propres deniers pour ouvrir une brasserie dotée de deux chaudières qu’il a importé de France. Talon prévoit utiliser le surplus des récoltes du pays et inciter ainsi les habitants à cultiver la terre. Il espère également que l’accoutumance à la bière plutôt qu’à l’eau-de-vie permettra de diminuer l’ivrognerie. Talon voit grand ; dans son mémoire au roi du 2 novembre 1671, il estime pouvoir produire 4 000 barriques de bières par année et espère en écouler la moitié aux Antilles.

     Dans le même mémoire, Talon fait aussi la promotion de la culture commerciale du tabac : «On a fait épreuve de tabac qui se cultive et mûrit comme ailleurs: si le Roi ne trouve pas d’inconvénient d’en souffrir ici la culture, à cause de ce que les Antilles en fournissent, je porterai les habitants à la faire dans les terres qui seront propres à cette plante». L’initiative fait long feu. La culture du tabac pour des fins commerciales ne se fera pas en Nouvelle-France afin de ne pas nuire à d’autres colonies. Il en est de même de la production de la bière qui sera concurrencée directement par les importations européennes et par l’autorisation donnée aux habitants de produire de la bière pour leur usage.

     Talon répond aux instructions de la métropole de permettre à la colonie d’assurer sa subsistance alimentaire. Mais sur le plan de l’agriculture commerciale, ses initiatives prennent fin peu après son départ en 1672. André Vachon, dans sa biographie de l’intendant, conclut que le passage de Talon en Nouvelle-France a été trop rapide : «Après lui, néanmoins, la culture des plantes industrielles, avec laquelle les colons n’avaient pas eu le temps de se familiariser, tomba quasi entièrement, faute d’encouragement et de débouchés ; on en revint vite au blé et à une agriculture de subsistance».

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The General Hospital, Quebec

Photo anonyme d’une huile sur toile d’Henri Richard S. Burnett datée de 1887 et conservée au Musée McCord (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

 

     Mᴳᴿ Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier désire fonder en Nouvelle-France un hôpital pour les invalides.  Il amorce son projet en ouvrant une maison pour les indigents dans la Haute-Ville de Québec. Puis, il acquiert le couvent de Notre-Dame-des-Anges que les Récollets occupent sur les bords de la rivière Saint-Charles. Le 30 octobre 1692, les pauvres de l’hospice de la Haute-Ville sont conduits dans le nouvel hôpital à Notre-Dame-des-Anges par soeur Sainte-Ursule et par madame Marie Pelletier, veuve du sieur Denis Jean.  Ils arrivent en procession, deux par deux : «Monseigneur les attendait dans l’église pour les offrir à Dieu et les mettre en possession de leur nouvelle maison».

     Dès 1693, la direction de l’Hôpital général est confiée aux Augustines de la Miséricorde de Jésus.  Les religieuses sont déjà en charge de l’Hôtel-Dieu de Québec. Cependant, les Augustines créent une nouvelle communauté cloîtrée autonome pour gérer l’Hôpital général.  L’évêque de Québec reste toutefois impliqué dans le développement de l’établissement en faisant construire de nouveaux bâtiment comme l’aile de l’Hôpital en 1711-1712 et l’aile de l’Apothicairerie en 1714.

     Encore aujourd’hui, cette institution reste un legs de Mᴳᴿ de Saint-Vallier.  En confiant cette mission à une communauté hospitalière, le prélat voulait une oeuvre qui bravait les siècles.  Malgré l’opposition initiale au projet de Louis XIV, les Augustines persistent dans leur travail à l’Hôpital général de Québec, avec le soutien incessant de leur évêque.  Ainsi, depuis plus de trois siècles, l’hôpital dispense des soins et poursuit aujourd’hui sa mission comme centre d’hébergement de longue durée.

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