
Code Noir. ou Recueil d’édits, déclarations et arrêts concernant Les Esclaves Négres de l’Amérique, avec Un Recueil de Réglemens, concernant la police des Isles Françoises de l’Amérique … les Engagés : Paris. Chez les Libraires Associéz (1743)
Source : Wikimedia Commons; fichier : Louis XV – Code noir, 1743.jpg
Le 13 avril 1709, l’intendant Jacques Raudot légalise la pratique de l’esclavage en Nouvelle-France par une « Ordonnance rendüe au sujet des neigres et des sauvages nommez Panis ». L’esclavage existe alors officiellement dans la colonie. Dès 1685, la monarchie française avait ordonné l’esclavage des Noirs dans les îles françaises de la Guadeloupe et de la Martinique. La pratique de l’esclavage dans la vallée du Saint-Laurent y est combinée à l’esclavage d’Amérindiens.
En agissant ainsi, Raudot régularise une pratique fréquente chez les Autochtones alliés de la colonie. Le terme « Panis » est trompeur car il ne réfère pas véritablement à une nation particulière comme, par exemple, les Pawnees du Missouri. L’expression est plutôt synonyme d’esclaves autochtones, toute origine ethnique confondue. L’Ordonnance de 1709 spécifie que ce sont « /…/ des Sauvages qu’on nomme panis, dont la nation est tres Eloignée de ce pais, et qu’on ne peut avoir que par les sauvages qui les vont prendre chez Eux et les traffiquent le plus souvent avec les anglois de la Caroline, et qui en ont quelque fois vendu aux gens de ce pais /…/ »
L’historien Marcel Trudel a fouillé la question de l’esclavage en Nouvelle-France dès 1960. Malgré cela, le sujet reste tabou dans les cours d’histoire au Québec. Pourtant, les sources sont claires : l’esclavage est pratiqué et accepté en Nouvelle-France. L’esclavage n’a toutefois pas la même ampleur que dans certaines colonies américaines. Il reste néanmoins un rouage de l’économie coloniale. La valeur des esclaves est d’ailleurs connue : règle générale, « un Noir vaut deux Rouges ».

Estampe anonyme (vers 1732)
Source : Wikimedia Commons; fichier : Esclave des Indiens Renards ou esclave Nepissingue, vers 1732.jpg; original conservé à la Bibliothèque nationale de France
Par François Droüin; version révisée le 16 avril 2026.
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