Archive pour la ‘Au XIXe siècle’ Catégorie

Portrait of Hon. Honoré Mercier

Photo anonyme (1899)

Source : BAC

 

     Le 4 novembre 1892, Honoré Mercier est acquitté d’une accusation d’avoir fraudé le trésor public de 60 000 $ dans un contrat de papeterie avec le libraire Joseph-Alfred Langlais. Mercier est le député de Bonaventure mais n’est plus le premier ministre du Québec à ce moment. Déjà, le 16 décembre 1891, le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers l’avait renvoyé d’office, dans la tourmente du scandale de la Baie-des-Chaleurs.

     Son équipe a perdu le pouvoir lors des élections de mars 1892, au terme d’une campagne où sa réputation fut salie avec une rare violence. Pourtant le rapport de la commission chargée d’enquêter sur l’implication de Mercier et de ses ministres dans l’affaire de la Baie-des-Chaleurs conclut que Mercier n’a rien à voir avec les transactions douteuses reliées à cet octroi de financement à une compagnie privée. Qu’à cela ne tienne, sans respect pour les affirmations de Mercier, le procureur général Thomas Chase Casgrain décide de poursuivre Mercier sur de vagues allégations de fraudes.

     À l’automne 1892, Honoré Mercier comparaît devant les assises criminelles à Québec.  Mercier est alors commandeur de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre de Léopold, grand-croix de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand et comte palatin.  L’issue du procès lave son honneur mais sa santé est brisée par l’acharnement de ses adversaires politiques qui ne peuvent supporter ses arguments sur l’autonomie provinciale.  Mercier décède deux ans plus tard et il est inhumé au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

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«Accomodation»

Reproduction d’un dessin de Jean Bélisle (s.d.)

Source : www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca

 

     John Molson entreprend au début du XIXᵉ siècle un audacieux projet. Il prend les moyens pour construire au Bas-Canada un navire à vapeur capable de transporter des passagers et des marchandises entre Québec et Montréal. Ce projet relève de la haute technologie pour l’époque comme l’explique l’historien Gilles Laporte dans son livre sur le sujet. Dans un premier temps, Molson se renseigne sur le potentiel de la navigation à vapeur auprès de Robert Fulton. Cet ingénieur et inventeur américain est le premier à réussir à faire naviguer un bateau à vapeur sur la rivière Hudson en 1807. Molson rejette l’offre de Fulton de lui livrer un bateau clé en main et décide de construire son propre navire. Molson renonce à acheter son moteur à vapeur en Angleterre et il choisit «de faire construire ici le bateau, la ferronnerie et le moteur par des artisans de Montréal et de Trois-Rivières, qui cons­truiront en un an l’un des premiers bateaux à vapeur au monde».

     Les artisans derrière ce navire sont John Bruce, constructeur de bateau, John Jackson, ingénieur, et John Kay, ébéniste. Les composantes de la machine à vapeur sont coulées aux Forges du Saint-Maurice et sont usinées à Montréal par George Platt. Le 19 août 1809, le navire, baptisé Accomodation, est lancé au chantier maritime Logan. Il appartient à John Molson qui deviendra rapidement le «bourgeois des steamboats», en même temps qu’il bâti son empire de magnat de la bière. Le navire a 85 pieds de long et peut transporter une vingtaine de passagers.

     Le 1ᵉᴿ novembre 1809, l’Accommodation entreprend son premier voyage vers Québec et arrive le 4 novembre à 8 heures du matin. Dix passagers sont à bord. Des difficultés avec le moteur forcent l’équipage à faire des arrêts fréquents. De plus, d’autres arrêts doivent être faits pour approvisionner le bateau en combustible. L’Accommodation passe une trentaine d’heure à l’ancre. Malgré ces difficultés, l’expérience est concluante. Le transport par navire à vapeur est là pour rester. Cette traduction du Quebec Mercury du 6 novembre 1809 résume : «Le grand avantage d’un bateau ainsi construit, c’est que l’on peut calculer avec certitude le temps du passage et l’heure de l’arrivée ; ce qui est impossible à faire avec un bateau à voiles».

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Image pieuse de mère Marie de l’Incarnation inspirée d’une gravure post-mortem réalisée par Jean Edelink en 1677

Collection : NelsonWeb

     Florent Guyart, maître-boulanger, et son épouse Jeanne Michelet, issue de la petite noblesse de Touraine, donnent naissance à leur quatrième enfant le 28 octobre 1599. La petite fille est baptisée Marie à Tours, en l’église Saint-Saturnin. Très jeune, Marie Guyart a des rêves prémonitoires qui annoncent l’intense vie spirituelle et mystique qui marquera cette fondatrice de l’Église canadienne.

     Avant de devenir une religieuse ursuline, Marie connaît les joies du mariage et de l’enfantement. Elle agit aussi comme femme d’affaires. Elle prononce enfin ses voeux en 1633 et prend le nom de Marie de l’Incarnation. Puis, en 1639, elle répond à l’appel de Madame de la Peltrie, née Marie-Madeleine de Chauvigny pour devenir une des fondatrices des Ursulines de Québec.

     Pionnière de la Nouvelle-France, mère Marie de l’Incarnation est souvent considérée comme la mère de la colonie naissante. Elle est vénérée comme une sainte dès sa mort en 1672.  Sa mémoire est commémorée un peu partout au Québec et même en France aujourd’hui. Elle est considérée comme une des grandes mystiques de la chrétienté.  Marie de l’Incarnation est canonisée par le pape François le 3 avril 2014.

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