Archive pour la ‘Au XIXe siècle’ Catégorie

James MadisonPhoto anonyme d’une huile sur toile deJohn Vanderlyn datant de 1816 (s.d.)Source : The White House Historical Association

     Les États-Unis et la Grande-Bretagne sont en guerre entre 1812 et 1815.  Les affrontements se déroulent en Amérique du Nord, principalement dans les colonies du Bas-Canada et du Haut-Canada. Ce conflit, nommé «guerre de 1812», est désigné par l’année de son commencement même s’il dura un peu plus de deux ans et demi.

     Après le blocus continental décrété par Napoléon en 1806, la tension monte entre Américains et Britanniques. L’arraisonnement par les Anglais de marins sur des navires neutres américains est un irritant qui galvanise l’opinion publique américaine.  L’occasion est belle pour la jeune république de lancer une offensive contre les colonies britanniques du Nord, notamment le Bas-Canada et le Haut-Canada.

     Après l’approbation du Congrès et du Sénat, le président américain James Madison signe la déclaration de guerre à la Grande-Bretagne le 18 juin 1812. Un des objectifs des Américains est de réussir à accomplir ce que leurs élites nomment leur «destinée manifeste» : assurer une hégémonie américaine sur la totalité du territoire de l’Amérique du Nord.

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Hon. Abraham Lincoln, Republican candidate for the presidency, 1860Reproduction d’une lithographie de Leopold Grozelier à partir d’un tableau deThomas Hicks (1860) Source : Librairie du Congrès

     Le 16 juin 1858, plus d’un millier de délégués républicains sont réunis en convention à Springfield en Illinois. À l’issue de la journée, Abraham Lincoln est choisi comme candidat républicain en vue de l’élection au poste de sénateur de l’État. Peu après sa nomination, Lincoln s’adresse à ses partisans et prononce alors un discours mémorable.

     Le titre du discours reprend un passage de son introduction : «Une maison divisée contre elle-même ne peut subsister». Lincoln utilise ici une citation du Christ qui se retrouve dans les trois évangiles synoptiques. Dans son discours, Lincoln pose clairement la question de la moralité de l’esclavage. Il soutient alors que la décision de la Cour suprême des États-Unis dans l’affaire Dred Scott est un précédent qui risque de permettre la légalisation de l’esclavage dans tous les États américains.

     Plusieurs des partisans de Lincoln jugent qu’il est allé trop loin, que ses propos sont moralement courageux mais politiquement incorrects. Malgré les références que Lincoln fait à la Déclaration d’Indépendance de 1776 pour appuyer son propos, il est éventuellement battu aux élections sénatoriales. Pourtant, le thème du discours ainsi que ses arguments justes et éloquents attirent l’attention à travers l’Amérique. «A House Divided» s’impose ensuite comme un idéal électoral qui permet à Lincoln de poser sa candidature à la présidence des États-Unis en 1860.

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Chichester CanalPhoto anonyme d’une huile sur toile deJoseph Mallord William Turner datant d’environ 1828 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Le comte Georges Wyndham commande au début du XIXᵉ siècle au peintre J.M.W. Turner quatre oeuvres pour orner des pièces de sa demeure. Une de ces toiles, le Canal de Chichester représente un brigantin naviguant dans ce canal du Sussex en Angleterre.  Il est probable que les couleurs de la peinture aient été influencées par les cendres provenant de l’éruption du volcan indonésien Tambora en 1815.  Cette explosion volcanique est une des plus importantes de l’histoire et elle a un impact sur le climat mondial durant plusieurs années.

      Les cendres propulsées dans la stratosphère par l’éruption font plusieurs fois le tour de la Terre.  Les perturbations climatiques sont particulièrement aiguës dans le nord-est de l’Amérique du Nord ainsi qu’en Europe.  L’année 1816 est qualifiée d’année sans été, de «Year Without Summer».  En mai, le gel détruit la plupart des récoltes et des blizzards meurtriers surviennent en juin.  Durant tout l’été 1816, les températures chutent fréquemment sous le point de congélation et les précipitations de neige sont nombreuses dans l’hémisphère nord.

     Au Bas-Canada, la disette de 1816 est connue des historiens. Sur tout le territoire, la chute des températures est dramatique. Durant l’été, les nombreuses précipitations laissent souvent les calèches embourbées jusqu’aux essieux. Les poëles à bois, remisés pour la belle saison, sont remontés. Au début de juin, de fortes tempêtes de neige frappent la vallée du Saint-Laurent. Le 10 juin 1816, il tombe 30 centimètres de neige à Québec. Dans la colonie, la moisson est compromise : des commissaires spéciaux sont nommés et, en novembre 1816, ils entreprennent la distribution de provisions achetées à divers particuliers.

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