Archive pour la ‘Au XIXe siècle’ Catégorie

Vingt shillings. La Banque du Peuple Reproduction anonyme d’un papier-monnaie datant de 1854 (s.d.) Source : Musée McCord

     La Banque du Peuple débute ses opérations en 1835.  Elle porte d’abord le nom de banque Viger, De Witt et Compagnie mais change son nom l’année suivante. Devenue la Banque du Peuple, cette institution financière est la première à regrouper des intérêts provenant principalement des Canadiens de langue française. Proche des leaders patriotes, elle poursuit ses opérations malgré les événements de 1837 et de 1838. En 1844, la Banque du Peuple obtient sa première charte. Ses activités seront florissantes jusqu’aux années 1880.

     Dans un secteur financier dominé par les Anglais et les Écossais, la Banque du Peuple devient le symbole de la réussite de la bourgeoisie canadienne-française dont elle stimule l’implication dans le commerce, dans les manufactures et dans l’agriculture. En 1872, la Banque du Peuple installe son siège social sur la rue Saint-Jacques à Montréal. En 1875, elle absorbe les activités de la banque Jacques-Cartier. Mais elle ne réussit pas à maintenir sa rentabilité par la suite. En 1885, l’arrivée de Jacques Grenier comme président, et en 1887, celle de Joseph-Stanislas Bousquet comme caissier général, relancent le développement de la banque. En 1895, ce dernier s’enfuit aux États-Unis lorsque les dirigeants de la Banque du Peuple sont accusés d’avoir consenti des prêts sans provision. Cette nouvelle provoque la panique des épargnants qui se ruent sur la rue Saint-Jacques pour retirer leurs épargnes. Faute de liquidités, la Banque du Peuple déclare faillite le 15 juillet 1895.

     Cette faillite survient après l’agrandissement du siège social de l’entreprise en 1893-1894. L’édifice original de 1872 est démoli sauf sa façade pour faire place à un bel immeuble de sept étages doté à l’intérieur d’un puits de lumière éclairant un grand atrium entouré de bureaux. La Banque du Peuple occupe le rez-de-chaussée et le sous-sol. Aux étages, on retrouve des cabinets d’avocats, d’architectes et de notaires ainsi que le consulat de France. Après la faillite, l’édifice est vendu pour loger la Banque d’Hochelaga. Au XXᵉ siècle, diverses transformations sont faites au bâtiment classé monument historique en 1975.

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Corvette «La Capricieuse» Photo anonyme (vers 1855) Source : BANQ

     Le vendredi 13 juillet 1855, vers 19 h, la corvette La Capricieuse arrive à Québec. C’est le premier navire français à remonter le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Québec depuis la Conquête. Le voilier est toué par l’Advance, un navire à vapeur envoyé à sa rencontre. Cette rencontre historique est célébrée par la population qui pavoise la ville aux couleurs de la France et de l’Angleterre. Le lendemain, une cérémonie officielle se tient au quai de la reine. Le maire de Québec, Joseph Morrin, accueille en ces termes La Capricieuse : «C’est pour les habitants de Québec un jour bien mémorable que celui où il leur est donné de souhaiter la bienvenue au glorieux drapeau de la France, l’alliée de notre gracieuse souveraine. Si des évènements qu’il était au-dessus de la puissance humaine de maîtrise, ont tenu si longtemps les deux premières nations de l’Europe dans une attitude jalouse ou hostile, remercions la Providence qui les unit ensemble aujourd’hui, afin de protéger le faible contre le fort, et de permettre aux lumières de pénétrer sur tous les rivages et chez tous les peuples. Pour notre part, monsieur le commandant, nous espérons que votre arrivée parmi nous va marquer le commencement d’une nouvelle ère de prospérité pour les deux pays, et que les rapports commerciaux et les relations sociales qui vont s’ensuivre cimenteront chaque jour davantage l’alliance intime de l’Angleterre et de la France».

     En effet, le ministre de la Marine française, l’amiral Ferdinand Alphonse Hamelin, a mandaté le commandant Henri Belvèze pour établir des relations commerciales entre la France et la Province du Canada. Belvèze va remonter le Saint-Laurent pour se rendre à Montréal, à Kingston, à Toronto et à Ottawa. Il termine son voyage en passant par Trois-Rivières pour revenir à Québec. La Capricieuse, elle, s’arrêtera au bas du lac Saint-Pierre en raison des contraintes de la navigation en amont. Dans son rapport ainsi que dans les différentes allocutions qu’il prononce et lettres qu’il rédige lors de son séjour en sol nord-américain, Belvèze répète souvent qu’il représente une France en position d’alliée de la couronne britannique et qu’il entend mener sa mission dans cet esprit.

     Finalement, la visite de La Capricieuse est un véritable paradoxe. Les Canadiens, surtout ceux de langue française, célèbrent ce retour de la France dans la vallée du Saint-Laurent. Écrivains et poètes, tel Octave Crémazie, y vont même de compositions qui présentent l’événement comme exaltant et prometteur. Le gouvernement britannique, lui, se montre favorable au développement des échanges commerciaux avec la France. Pourtant, malgré son succès, Belvèze sera mis à la retraite à son retour, possiblement en raison de ses prises de position royaliste. Le Quai d’Orsay multiplie ensuite les délais dans le rétablissement de sa présence sur le territoire de son ancienne colonie. Il faut attendre 1859 pour qu’un consul soit envoyé en poste à Québec et, là encore, les fonctionnaires français reçoivent comme instructions d’agir avec prudence est circonspection.

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«Acte d’indépendance des Provinces-Unies de l’Amérique du Sud»Imprimé à Buenos Aires en 1816Source : Archivo General de la Nación – Argentine

     La vice-royauté du Rio de La Plata est crée en 1776 par la couronne espagnole. La dynastie des Bourbons qui siège alors en Espagne est en déclin. En 1810, dans l’Amérique du Sud espagnole, la Révolution de mai remplace la vice-royauté coloniale par une junte militaire connue sous le nom de «Provincial Unidas en Sudamérica».

     Ces «Provinces-Unies» regroupent alors l’Argentine, l’Uruguay et une partie de la Bolivie.  En 1816, une assemblée constituante et législative des députés de ces provinces se réunit en congrès à San Miguel de Tucumán.

     De suite, la bourgeoisie créole de Buenos Aires impose ses vues au congrès de Tucumán. Le 9 juillet 1816, les Provinces-Unies de La Plata proclament leur indépendance de l’Espagne.

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