13 juillet 1855

La Capricieuse arrive à Québec

Corvette «La Capricieuse»
Photo anonyme (vers 1855)
Source : BANQ

     Le vendredi 13 juillet 1855, vers 19 h, la corvette La Capricieuse arrive à Québec. C’est le premier navire français à remonter le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Québec depuis la Conquête. Le voilier est toué par l’Advance, un navire à vapeur envoyé à sa rencontre. Cette rencontre historique est célébrée par la population qui pavoise la ville aux couleurs de la France et de l’Angleterre. Le lendemain, une cérémonie officielle se tient au quai de la reine. Le maire de Québec, Joseph Morrin, accueille en ces termes La Capricieuse : «C’est pour les habitants de Québec un jour bien mémorable que celui où il leur est donné de souhaiter la bienvenue au glorieux drapeau de la France, l’alliée de notre gracieuse souveraine. Si des évènements qu’il était au-dessus de la puissance humaine de maîtrise, ont tenu si longtemps les deux premières nations de l’Europe dans une attitude jalouse ou hostile, remercions la Providence qui les unit ensemble aujourd’hui, afin de protéger le faible contre le fort, et de permettre aux lumières de pénétrer sur tous les rivages et chez tous les peuples. Pour notre part, monsieur le commandant, nous espérons que votre arrivée parmi nous va marquer le commencement d’une nouvelle ère de prospérité pour les deux pays, et que les rapports commerciaux et les relations sociales qui vont s’ensuivre cimenteront chaque jour davantage l’alliance intime de l’Angleterre et de la France».

     En effet, le ministre de la Marine française, l’amiral Ferdinand Alphonse Hamelin, a mandaté le commandant Henri Belvèze pour établir des relations commerciales entre la France et la Province du Canada. Belvèze va remonter le Saint-Laurent pour se rendre à Montréal, à Kingston, à Toronto et à Ottawa. Il termine son voyage en passant par Trois-Rivières pour revenir à Québec. La Capricieuse, elle, s’arrêtera au bas du lac Saint-Pierre en raison des contraintes de la navigation en amont. Dans son rapport ainsi que dans les différentes allocutions qu’il prononce et lettres qu’il rédige lors de son séjour en sol nord-américain, Belvèze répète souvent qu’il représente une France en position d’alliée de la couronne britannique et qu’il entend mener sa mission dans cet esprit.

     Finalement, la visite de La Capricieuse est un véritable paradoxe. Les Canadiens, surtout ceux de langue française, célèbrent ce retour de la France dans la vallée du Saint-Laurent. Écrivains et poètes, tel Octave Crémazie, y vont même de compositions qui présentent l’événement comme exaltant et prometteur. Le gouvernement britannique, lui, se montre favorable au développement des échanges commerciaux avec la France. Pourtant, malgré son succès, Belvèze sera mis à la retraite à son retour, possiblement en raison de ses prises de position royaliste. Le Quai d’Orsay multiplie ensuite les délais dans le rétablissement de sa présence sur le territoire de son ancienne colonie. Il faut attendre 1859 pour qu’un consul soit envoyé en poste à Québec et, là encore, les fonctionnaires français reçoivent comme instructions d’agir avec prudence est circonspection.

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