15 juillet 1895

Faillite de la Banque du Peuple

Vingt shillings. La Banque du Peuple
Reproduction anonyme d’un papier-monnaie datant de 1854 (s.d.)
Source : Musée McCord

     La Banque du Peuple débute ses opérations en 1835.  Elle porte d’abord le nom de banque Viger, De Witt et Compagnie mais change son nom l’année suivante. Devenue la Banque du Peuple, cette institution financière est la première à regrouper des intérêts provenant principalement des Canadiens de langue française. Proche des leaders patriotes, elle poursuit ses opérations malgré les événements de 1837 et de 1838. En 1844, la Banque du Peuple obtient sa première charte. Ses activités seront florissantes jusqu’aux années 1880.

     Dans un secteur financier dominé par les Anglais et les Écossais, la Banque du Peuple devient le symbole de la réussite de la bourgeoisie canadienne-française dont elle stimule l’implication dans le commerce, dans les manufactures et dans l’agriculture. En 1872, la Banque du Peuple installe son siège social sur la rue Saint-Jacques à Montréal. En 1875, elle absorbe les activités de la banque Jacques-Cartier. Mais elle ne réussit pas à maintenir sa rentabilité par la suite. En 1885, l’arrivée de Jacques Grenier comme président, et en 1887, celle de Joseph-Stanislas Bousquet comme caissier général, relancent le développement de la banque. En 1895, ce dernier s’enfuit aux États-Unis lorsque les dirigeants de la Banque du Peuple sont accusés d’avoir consenti des prêts sans provision. Cette nouvelle provoque la panique des épargnants qui se ruent sur la rue Saint-Jacques pour retirer leurs épargnes. Faute de liquidités, la Banque du Peuple déclare faillite le 15 juillet 1895.

     Cette faillite survient après l’agrandissement du siège social de l’entreprise en 1893-1894. L’édifice original de 1872 est démoli sauf sa façade pour faire place à un bel immeuble de sept étages doté à l’intérieur d’un puits de lumière éclairant un grand atrium entouré de bureaux. La Banque du Peuple occupe le rez-de-chaussée et le sous-sol. Aux étages, on retrouve des cabinets d’avocats, d’architectes et de notaires ainsi que le consulat de France. Après la faillite, l’édifice est vendu pour loger la Banque d’Hochelaga. Au XXᵉ siècle, diverses transformations sont faites au bâtiment classé monument historique en 1975.

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