Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

«Couverture du Refus Global : étui de carton recouvrant la page frontispice»Photo d’une aquarelle de Jean-Paul Riopelle par Refus (2008)Source : refus-global.blogspot.ca

«Couverture du Refus Global : page frontispice comprenant un titre par Paul-Émile Borduas, un poème par Claude Gauvreau et une aquarelle de Jean-Paul Riopelle»Photo : Refus (2008)Source : refus-global.blogspot.ca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Le Refus Global paraît à Montréal à la librairie Henri Tranquille le 9 août 1948. Les 400 exemplaires non reliés se vendent rapidement. Oeuvre pamphlétaire, le manifeste réunit dix textes et des photographies de créations automatistes.  Dans la première partie, Paul-Émile Bordas y livre un texte marquant qui donne son nom à cet ouvrage collectif contresigné par une quinzaine d’autres artistes et intellectuels. Inspiré par André Breton et son Manifeste du surréalisme, Borduas dénonce le contrôle idéologique de la société québécoise.  Il décrit ainsi le Québec : «Un petit peuple serré de près aux soutanes restées les seules dépositaires de la foi, du savoir, de la vérité et de la richesse nationale. Tenu à l’écart de l’évolution universelle de la pensée pleine de risques et de dangers, éduqué sans mauvaise volonté, mais sans contrôle, dans le faux jugement des grands faits de l’histoire quand l’ignorance complète est impraticable».

     Outre Borduas, sept femmes et huit hommes signent le Refus Glogal. Ce sont les peintres Marcel Barbeau, Pierre Gauvreau, Jean-Paul Riopelle, Jean-Paul Mousseau, Marcelle Ferron et Fernand Leduc, les poètes Claude Gauvreau et Thérèse Leduc, la designer Madeleine Arbour, la chorégraphe Françoise Riopelle, l’actrice Muriel Guilbault, l’éclairagiste Louise Renaud, le psychiatre Bruno Cormier, le photographe Maurice Perron et l’artiste multidisciplinaire Françoise Sullivan.

     L’impact du Refus Global est dur à mesurer. Les Automatistes prétendent que la création instinctive est la solution aux problématiques de l’encadrement idéologique.  Les actions intentionnelles sont conditionnés par un environnement dominateur et dénuées de liberté. Au contraire, l’automatisme permet de créer des oeuvres inconnus, en rupture avec l’ordre établi. Finalement, le manifeste n’a pas l’effet d’une bombe dans la société québécoise. Le gouvernement de Maurice Duplessis et l’Église catholique québécoise ne sont pas ébranlés par le Refus Global.  Le réalisateur Jacques Godbout, en 1998, parle même du mythe du Refus Global et n’hésite pas à souligner la récupération des idées émises par Bordas et les autres signataires.

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«Discours radiophonique de Maurice Duplessis» Photo anonyme (vers 1948) Source : Archives de Radio-Canada

     Le 8 août 1944, l’Union Nationale dirigée par Maurice Duplessis remporte les élections et reprend le pouvoir perdu en 1939. L’UN fait élire 48 députés contre 37 pour le Parti libéral, 4 pour le Bloc populaire et un pour la Fédération du Commonwealth coopératif ; il y a aussi un député indépendant. Même si les libéraux obtiennent 39,3% des voix et les unionistes 38%, la carte électorale favorise les troupes de Duplessis.

     Symbole du nationalisme canadien-français, Duplessis réussit à chasser du pouvoir Adélard Godbout dont la politique est jugée comme trop alignée sur celle d’Ottawa. Malgré d’importantes réformes, dont la création d’Hydro Québec, les libéraux de Godbout ne rallie pas suffisamment de partisans et perdent une partie de leur clientèle au profit du Bloc populaire.

     Le ressentiment québécois contre l’attitude centralisatrice à Ottawa est un facteur important de la défaite de Godbout. La Presse, le lendemain de l’élection, écrit : «M. Duplessis avait choisi l’autonomie provinciale comme principal cheval de bataille et le résultat a prouvé que c’était là une tactique habile. Le vainqueur a mérité son succès par l’ardeur qu’il a déployée tout au long de la campagne. L’hon. M. Godbout sort avec honneur du combat. Il a lutté avec un courage qui ne s’est pas démenti. Il s’incline devant la volonté du Québec et se déclare prêt à servir, comme avant et de son mieux, les meilleurs intérêts de la province».

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WHITE, Le très hon. sir William Thomas, C.P., K.C.M.G.Photo du ministère de la Défense nationale du Canada (s.d.)Source : Bibliothèque du Parlement du Canada

     Malgré l’entrée en guerre des États-Unis au printemps 1917, les forces alliées doivent débourser des sommes considérables pour continuer la guerre qui fait rage depuis 1914. Cette situation draine les ressources financières canadiennes. La Grande-Bretagne et les États-Unis disposent déjà de lois permettant de taxer les revenus à cette fin. Le gouvernement conservateur de Robert Borden va s’en inspirer pour taxer les revenus au Canada.

     William Thomas White est alors le ministre des Finances canadien. Le 25 juillet 1917, White présente au Parlement un projet de loi pour taxer les revenus des entreprises et des particuliers. Les revenus des célibataires et des veufs sans enfants sont taxés à 4% s’ils dépassent 2 000 $. L’exemption monte à 3 000 $ dans les autres cas. De plus, les revenus annuels dépassant 6 000 $ sont taxés à 25%.

     La Loi de l’impôt de guerre sur le revenu entre en vigueur le 28 février 1918. Cette mesure doit être temporaire et disparaître après la guerre ! Qu’importe : l’impôt sur le revenu des particuliers est perçu depuis cette époque au Canada.

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