21 avril 1944

T.D. Bouchard devient le premier président d’Hydro-Québec

«Hon. T.-Damien Bouchard. Ministre de la Voirie. Ministre des Travaux publics»
Photo : Livernois (1940)

 

     Télesphore-Damien Bouchard devient le député de Saint-Hyacinthe en 1912. Ce politicien libéral est un homme d’affaires important de la région, étant entre autres propriétaire du Clairon de Saint-Hyacinthe. Il oeuvre aussi en politique municipale et sert la population maskoutaine comme échevin puis comme maire de 1917 à 1930 et de 1932 à 1944.  Il fait parti du cabinet de Louis-Alexandre Taschereau comme ministre des Affaires municipales, de l’Industrie et du Commerce en 1935 et 1936, puis du cabinet Godbout en 1936, toujours comme ministre des Affaires municipales. De 1936 à 1939, il agit comme chef de l’opposition à l’Assemblée législative du Québec. Il revient ensuite au pouvoir avec les libéraux à titre de ministre des Travaux publics de 1939 à 1942 et de ministre de la Voirie de 1939 à 1944. Le 6 mars 1944, il démissionne de son poste de député suite à sa nomination comme sénateur de la division des Laurentides.

     Il devient le premier président d’Hydro-Québec le 21 avril 1944. Cet orateur fougueux a longtemps milité en faveur de la municipalisation et de l’étatisation des services d’électricité au Québec. Malgré cette affinité avec son nouveau mandat, il doit démissionner rapidement en raison de la grogne que suscite son premier discours au Sénat où il dénonce l’ingérence de l’Église dans les affaires de l’État. Il quitte ses fonctions le 23 juin 1944 avant l’achèvement du processus d’étatisation qu’il a contribué à amorcer.

     T.-D. Bouchard est un personnage controversé qui a lutté toute sa vie contre le fanatisme religieux. Partisan de la laïcité, il portait le surnom de «diable de Saint-Hyacinthe». Même sa biographie écrite en 2013 par Frank M. Guttman ne fait pas l’unanimité puisque l’auteur associe Bouchard à la lutte contre la Charte des valeurs proposée à la même époque par le gouvernement de Pauline Marois.  Ainsi, le traducteur de l’étude de Guttman sur Bouchard, Daniel Laprès, refusera de laisser son nom associé à la biographie pour ensuite en publier une nouvelle afin de rectifier les faits.

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