Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

«Muhammad Ali signant des autographes dans une famille abitibienne au cours de son passage à Rouyn-Noranda» Photo : Production de Voir Ali Source : lapresse.ca

 

     Cassius Marcellus Clay Jr. change son nom en 1965 à l’âge de 22 ans lorsqu’il se convertit à l’islam. Il devient Muhammad Ali, traduit en français par Mohammed Ali. Après sa médaille d’or en boxe olympique à Rome en 1960 dans la catégorie mi-lourd, il connaît une carrière professionnelle exceptionnelle. Plusieurs fois champion du monde des poids lourds, célèbre pour ses prises de position politique, Ali est un des athlètes les plus médiatisés du XXᵉ siècle. Il prend sa retraite de la boxe en 1981. Deux plus tard, il accepte l’invitation de rendre à Rouyn-Noranda pour participer au financement des Championnats sportifs québécois. Sa visite en sol québécois fait d’ailleurs l’objet du documentaire Voir Ali de Martin Guérin.

     Le climat économique est morose en Abitibi au début des années 1980. Plusieurs projets sont sur la table pour financer les Championnats : la solution, un souper-bénéfice. Plusieurs anciens hockeyeurs de la Ligue nationale de hockey provenaient de la région et il semblait possible d’en inviter un pour remplir l’aréna à 50 $ le couvert. Au cours des discussions, une idée est lancée : inviter Mohammed Ali. Réjean Tremblay raconte : «S’cusez, on est à Rouyn-Noranda. Et on parlait de Muhammad Ali, le plus grand, trois fois champion du monde des poids lourds, vainqueur de Sonny Liston, de Joe Frazier, de George Foreman, de Ken Norton, vainqueur en fait du gouvernement américain, sans doute la personnalité la plus aimée et la plus connue sur les cinq continents de la planète. Muhammad Ali, le «Greatest», qui vivait dans une splendide demeure à Los Angeles entouré de leaders musulmans».

     Jean-Pierre Charlebois, président de l’événement, rappelle que c’est Jacques Matte, un acteur influent de la scène culturelle à Rouyn-Noranda qui a suggéré le nom d’Ali. La présence du champion de tennis Björn Borg a aussi été évoquée mais le choix se fixa finalement sur le champion boxeur. Son agent au Canada, Larry Messier, est contacté et les négociations se déroulent promptement, à la surprise des deux parties. La direction des Championnats se rend à Los Angeles et Ali accepte l’invitation. Après son arrivée au Québec, Ali visite la centrale LG2 à la baie James avant de prononcer sa conférence au Centre récréatif de Rouyn-Noranda. L’événement reste toutefois en deçà des attentes puisque le public n’est pas au rendez-vous et que le discours prononcé traite finalement plus de l’islam que du sport.

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Emblème de l’Église Unie du Canada

      Le 10 juin 1925, à Toronto, l’Église Unie du Canada est constituée. Cette église naît de la fusion d’environ 70% des membres de l’Église presbytérienne du Canada, de l’Église méthodiste du Canada, du Conseil général des églises de l’Union et de l’Union congrégationaliste du Canada.

     Cette union d’églises est exceptionnelle. Quatre courants spirituels franchissent ainsi leurs frontières confessionnelles historiques. D’autres petites églises comme l’Église Unie Saint-Marc d’Ottawa ont ensuite rejoint l’Église Unie du Canada. Des discussions pour une fusion avec l’Église anglicane du Canada ont cependant avorté en 1975.

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Henry Teuscher avec le frère Marie-Victorin à la Serre A-1, 1936Photo anonyme (1936)Source : Médiathèque – Jardin botanique de Montréal

 

     Dès la fin du XIXᵉ siècle, l’idée de créer un jardin botanique à Montréal circule auprès des milieux initiés. En 1922, Conrad Kirouac, mieux connu comme Marie-Victorin, son nom religieux de frère des écoles chrétiennes, fonde l’Institut de botanique de Montréal. Son travail donne l’impulsion nécessaire au projet de jardin botanique et l’entreprise aboutit le 9 juin 1931 par la fondation du Jardin botanique de Montréal. Le bâtiment administratif et les jardins d’accueil sont construits et aménagés entre 1936 et 1939. Les serres d’exposition, enfin, sont inaugurées en 1956.

     Les débuts sont difficiles. La crise économique des années 1930 provoque un chômage endémique au Québec. Marie-Victorin fait continuellement la promotion du projet, notamment par une série d’articles publiés dans Le Devoir. Même si les autorités municipales montréalaises appuient le projet, sa réalisation progresse lentement. En 1932, Marie-Victorin amorce une correspondance avec le botaniste allemand Henry Teuscher, immigré aux États-Unis. Teuscher lui a été recommandé par le directeur du Jardin botanique de New York. Durant quatre ans, ensemble, Teuscher et Marie-Victorin élabore le Programme d’un jardin botanique idéal. En manque de ressources financières, Marie-Victorin écrit en 1935 à son ancien élève, le maire Camilien Houde pour le convaincre d’investir dans le Jardin botanique à l’occasion du tricentenaire de la ville en 1942 : «À votre ville, il vous faudra faire un cadeau, un royal cadeau. Mais Montréal, c’est Ville-Marie. C’est une femme, […] Vous ne pouvez pas lui offrir un égout collecteur ou un poste de police […] Alors, pardieu! Mettez des fleurs à son corsage! Jetez-lui dans les bras toutes les roses et tous les lys des champs».

     La suite du projet est toute aussi difficile. Les dépenses encourues et les dépassements de budget dans l’aménagement du Jardin soulèvent l’ire de plusieurs membres du gouvernement du Québec. Le ministre Télesphore-Damien Bouchard fait cesser les travaux qui ne reprennent qu’après de rudes négociations. Le gouvernement du Québec accepte alors de procéder à un échange d’immeubles avec la Ville de Montréal afin de trouver un siège à la Cour des jeunes délinquants. Malgré la Seconde Guerre mondiale et la santé chancelante du frère Marie-Victorin, le Jardin botanique de Montréal est sauvé. L’équipe qui entoure le frère dans l’achèvement de l’oeuvre est solide : outre Henry Teuscher, elle comprend, Jules et Claire Brunel, Jacques Rousseau, Émile Jacques, Pierre Dansereau, René Meilleur, Roger Gauthier, Marcelle Gauvreau, Ernest Rouleau, Marcel Cailloux, Marcel Raymond, Bernard Boivin, James Kucyniak et Cécile Lanouette. Grâce à leurs efforts, le Jardin botanique se développe et figure aujourd’hui comme un des plus importants au monde.

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