Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

«Le chanoine Lionel Groulx à son bureau à Paris» Photo : Anonyme (1922) Source : BANQ

     Le 26 mai 1943, le gouvernement d’Adélard Godbout fait adopter une loi qui rend obligatoire la fréquentation scolaire pour tous les enfants du Québec âgés de 6 à 14 ans. Cette mesure est l’aboutissement d’un débat qui divise la société québécoise depuis plusieurs décennies. Plusieurs politiciens préconisent d’instruire la population gratuitement mais ils se heurtent à la résistance des partisans de l’école privée dont, notamment, des membres influents du clergé.

     La Loi concernant la fréquentation scolaire obligatoire modifie la Loi de l’instruction publique. Elle dicte les taux des rétribution mensuelles payables pour les cours d’un degré supérieur à l’élémentaire. Plus important encore, la loi stipule que «Tout enfant doit fréquenter  l’école chaque année tous les jours pendant lesquels les écoles publiques sont en activité suivant les règlements établis par l’autorité compétente, depuis le début de l’année scolaire suivant le jour où il a atteint l’âge de six ans jusqu’à la fin de l’année scolaire au cours de laquelle il a atteint l’âge de quatorze ans». Certaines exceptions sont mentionnées et des amendes sont prévues pour les parents qui refusent d’envoyer leurs enfants à l’école. Lors de l’adoption de la loi, Godbout déclare : «Nous ne reculerons pas devant notre devoir qui est d’imposer aux parents qui ne le comprennent pas l’obligation de remplir leurs devoirs envers leurs enfants».

     En 1943, le Québec est la dernière province canadienne à adopter une mesure qui rend l’école primaire obligatoire. La loi est pilotée par Hector Perrier, secrétaire de la province. La résistance de l’épiscopat s’est alors estompée avec l’imposition en 1930 par le pape de l’instruction obligatoire pour les enfants de 6 à 14 ans dans les États pontificaux. Au début des années 1940, la situation est alarmante au Québec avec une fréquentation scolaire sporadique après la 4ᵉ année et un fort taux d’illetrés. La Loi concernant la fréquentation scolaire obligatoire de 1943 fait finalement consensus.

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«Logo des Nordiques de Québec (1972-1995)» Reproduction vectorielle anonyme : 2009 Source : Chris Creamer’s sportslogos.net

     Le 25 mai 1995, la direction des Nordiques de Québec convoque une conférence de presse. Marcel Aubut annonce publiquement que le club de hockey a été vendu au groupe américain Comsat Communications pour la somme de 75 millions US$. Aubut justifie ainsi son geste: «Les nouvelles exigences de l’industrie du hockey, la taille du marché de Québec et l’absence d’une aide gouvernementale adéquate sonnent le glas des Nordiques de Québec».

     Quelques jours après l’élimination des Nordiques en séries, cette annonce confirme que le dénouement du conflit de travail entre l’Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey et les propriétaires d’équipe survenu cette année-là ne s’est pas fait à l’avantage de la franchise québécoise. Au cours des années qui ont précédé cette vente, la structure salariale du hockey professionnel a fait un bond impressionnant qui a mis en évidence la précarité de la situation financière des Nordiques et d’autres équipes évoluant dans des marchés moins importants. Les demandes d’aide gouvernementale pour la construction d’un aréna plus spacieux que le Colisée de Québec restent aussi lettre morte.

      Comsat déménage la franchise à Denver et l’équipe devient l’Avalanche du Colorado. Dès l’année suivante, l’équipe remporte la Coupe Stanley. Pour expliquer leur choix, les propriétaires soutiennent que l’absence d’un plafond salarial empêche l’équipe d’être compétitive. Soulignons aussi que la franchise avait été rachetée pour 16 millions en 1988 soit un rendement plus qu’appréciable pour les actionnaires…

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«Agnes Campbell Macphail est la première femme élue à la Chambre des Communes en 1921»Photo : Yousuf Karsh (1934)Source : BAC

     Le 24 mai 1918, la Loi ayant pour objet de conférer le droit de suffrage aux femmes est sanctionnée. Ce droit est conféré aux femmes canadiennes qui sont sujets britanniques et qui sont âgées de 21 ans et plus. Elles partagent alors ce privilège aux mêmes conditions que les personnes de sexe masculin.

     Le contexte de la Première Guerre mondiale explique en partie ce changement. Dès septembre 1917, le gouvernement fédéral accorde le droit de vote aux femmes qui ont un lien de parenté avec une personne servant, ou ayant servi, dans les forces militaires. La loi de 1918 étend ce droit à presque toutes les femmes. Cependant les immigrantes asiatiques et leurs descendants, les membres de certains groupes religieux, les Inuits et les membres des peuples autochtones restent exclus.

     Le mouvement des suffragettes est aussi au coeur de cette revendication. Dès le début du XXᵉ siècle, ce mouvement amorce sa lutte pour faire abolir la discrimination électorale envers les femmes. La lutte sur le plan fédéral débute dès 1912 avec la création de la «Montreal Suffrage Association». Paradoxalement, le Québec sera la dernière province à reconnaître ce droit en 1940.

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