Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

«Irma Levasseur» Photo anonyme (vers 1900) Source : BANQ

 

      Irma Levasseur est née à Québec en 1877. Elle fréquente d’abord le couvent Jésus-Marie à Sillery, puis l’École normale Laval. En 1894, elle s’inscrit à l’École de médecine de l’université Saint Paul au Minnesota. Le 7 juin 1900, elle obtient son diplôme. La docteure Levasseur amorce sa pratique aux États-Unis. Elle revient ensuite au Québec et s’adresse au Parlement pour obtenir le droit de pratiquer la médecine. Le 23 avril 1903, sa compétence est reconnue. Elle devient une des premières femmes médecins du Québec mais la première de langue française.

     À l’époque, les conditions d’hygiène sont désastreuses. Un enfant sur quatre meurt avant d’avoir un an. Irma Levasseur est convaincue qu’il faut sauver plus d’enfants. En 1906, elle quitte pour l’Europe pour se spécialiser. Elle revient un an plus tard avec les titres de chirurgienne et de pédiatre. Elle ouvre immédiatement sa propre clinique, rue Saint-Denis à Montréal. Puis, elle travaille de concert avec Justine Lacoste à la fondation de l’Hôpital Sainte-Justine. Elle est aussi à l’origine de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus à Québec.

     La fin de sa carrière est difficile. Après avoir travaillée au front durant les deux guerres mondiales, elle essuie plusieurs revers financiers et finit par vivre en recluse dans un petit appartement. Internée pour maladie mentale, elle livre un combat juridique pour sortir de l’Hôpital Saint-Michel-Archange. Il est prouvé qu’elle avait été maltraitée et diagnostiquée injustement, seulement pour se débarrasser d’une vieille femme qui vivait seule.

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René Lévesque Photo : Yousuf Karsh (1978) Source : BAC

     Le 2 juin 1977, René Lévesque convoque une importante conférence de presse. Le premier ministre du Québec informe les journalistes du travail réalisé la veille lors du Conseil des ministres. Il précise rapidement qu’une annonce sera faite dans la journée : «M. Couture aura des détails à vous donner sur la nouvelle hausse semestrielle, qui est conforme à la tradition, du salaire minimum à compter du 1ᵉʳ juillet». En effet, Jacques Couture, jésuite, est le ministre du Travail, de la Main d’oeuvre et de l’Immigration.  Annoncer la hausse du salaire minimum est donc une de ses prérogatives.

     Depuis 1940, la Loi du salaire minimum permet au gouvernement du Québec de fixer le taux horaire du salaire minimum. Cette loi «s’applique à tous les salariés du Québec qui travaillent chez l’employeur et ses dispositions sont d’ordre public». Les salariés du secteur agricole, les domestiques et les salariés régis par décret sont exclus des dispositions de la loi. En vertu de cette loi, Jacques Couture annonce le 2 juin 1977 que le salaire minimum au Québec passe à 3,15 $ l’heure. Le Québec détient alors le salaire minimum le plus élevé en Amérique du Nord.

     Cette augmentation place les salariés québécois rénumérés au salaire minimum avec le meilleure revenu disponible de la période allant de 1965 à 2005, en dollars constants. C’est aussi le moment où le revenu disponible après impôt est le plus élevé pour ceux qui gagnent le salaire minimum. Par exemple, en dollars constants de 2003, un employé au salaire minimum a une rémunération hebdomadaire 716,49 $ en 1977 contre 656,46 $ en 2003.

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«Henry Kendall,capitaine duRMS Empress of Ireland»Photo : Agence Rol (ca1914)Source : BNF

     Le 28 mai 1914, l’Empress of Ireland quitte le port de Québec en route pour Liverpool en Angleterre. Durant la nuit suivante, il débarque Adélard Bernier à Pointe-au-Père. Celui-ci est le dernier pilote du Saint-Laurent à conduire le navire dans les eaux du fleuve. Le capitaine Henry Kendall est alors le seul maître à bord. Vers 1 h 55 du matin, le 29 mai 1914, l’Empress sombre en quelques minutes au large de Rimouski. Il a été éperonné par le charbonnier norvégien Storstad.

     La catastrophe fait pas moins de 1 012 victimes sur 1 477 personnes à bord… Les journaux de l’époque qualifient le naufrage de véritable désastre. Les pertes humaines sont d’abord sous-estimées, mais l’ampleur du désastre est vite révélée. Deux facteurs aggravent l’hécatombe : la température glaciale du fleuve et l’impossibilité d’utiliser les canots de sauvetage alors que l’Empress est renversé par l’impact.

     La tragédie se déroule de nuit. À 1 h 40 de ce 29 mai fatal, la vigie de l‘Empress of Ireland signale la présence du feu blanc du Strorstad à une distance d’environ 8 milles nautiques. Il se dirige vers la station de pilotage de Pointe-au-Père. Une minute plus tard le charbonnier disparaît dans un épais brouillard. À 1 h 42, l’Empress est à son tour enveloppé par le brouillard. Quelques minutes plus tard, les marins de l’Empress of Ireland voient sortir de la brume la proue du Storstad. La collision est inévitable et l’Empress coule à pic rapidement.

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