Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

Air Canada est né Photo anonyme (vers 1937) Source : Air Canada

 

     La raison sociale Air Canada existe depuis 1965. Auparavant, cette compagnie est connue comme la Trans-Canada Airlines. Elle est créée le 10 avril 1937 par une loi fédérale qui en fait une filiale de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. Cette filiale du CN est chargée d’assurer le service de transport aérien à travers le Canada. Ce projet est dû à l’initiative de Clarence Decatur Howe, ministre des Transports dans le gouvernement de William Lyon Mackenzie King. La direction de l’entreprise est confiée à deux américains et anciens cadres du CN : S.J. Hungerford et Herb Symington. Les premiers vols avec passagers de Trans-Canada Airlines surviennent le premier avril 1939 avec les débuts de la liaison Vancouver-Montréal.

     À ses débuts, Trans-Canada Airlines opère seulement deux avions de passagers et un petit biplan afin de faire de la reconnaissance vers de nouvelles destinations. Ces petits appareils peuvent accueillir dix passagers et ne sont pas pressurisés. Le 18 juillet 1938, de nombreux dignitaires sont réunis à l’aéroport de Saint-Hubert afin de procéder à l’inauguration des liaisons quotidiennes entre Montréal, Ottawa et Toronto. Ce service touche autant la messagerie que les passagers. Deux ans plus tard, des liaisons transatlantiques régulières sont établies.

     En fait, l’envol de l’aviation commerciale se fait après la Seconde Guerre mondiale. En 1947, Trans-Canada Airlines dessert les principales villes canadiennes et certaines villes des États-Unis. L’année suivante, la compagnie offre des vols vers les Bermudes, les Caraïbes, la Floride, l’Irlande, l’Angleterre, la France et l’Allemagne. Puis, dans les années 1950, avec la constitution d’une flotte d’avions à réaction, Trans-Canada Airlines connaît un développement spectaculaire.

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Vingt shillings. La Banque du Peuple Reproduction anonyme d’un papier-monnaie datant de 1854 (s.d.) Source : Musée McCord

     La Banque du Peuple débute ses opérations en 1835.  Elle porte d’abord le nom de banque Viger, De Witt et Compagnie mais change son nom l’année suivante. Devenue la Banque du Peuple, cette institution financière est la première à regrouper des intérêts provenant principalement des Canadiens de langue française. Proche des leaders patriotes, elle poursuit ses opérations malgré les événements de 1837 et de 1838. En 1844, la Banque du Peuple obtient sa première charte. Ses activités seront florissantes jusqu’aux années 1880.

     Dans un secteur financier dominé par les Anglais et les Écossais, la Banque du Peuple devient le symbole de la réussite de la bourgeoisie canadienne-française dont elle stimule l’implication dans le commerce, dans les manufactures et dans l’agriculture. En 1872, la Banque du Peuple installe son siège social sur la rue Saint-Jacques à Montréal. En 1875, elle absorbe les activités de la banque Jacques-Cartier. Mais elle ne réussit pas à maintenir sa rentabilité par la suite. En 1885, l’arrivée de Jacques Grenier comme président, et en 1887, celle de Joseph-Stanislas Bousquet comme caissier général, relancent le développement de la banque. En 1895, ce dernier s’enfuit aux États-Unis lorsque les dirigeants de la Banque du Peuple sont accusés d’avoir consenti des prêts sans provision. Cette nouvelle provoque la panique des épargnants qui se ruent sur la rue Saint-Jacques pour retirer leurs épargnes. Faute de liquidités, la Banque du Peuple déclare faillite le 15 juillet 1895.

     Cette faillite survient après l’agrandissement du siège social de l’entreprise en 1893-1894. L’édifice original de 1872 est démoli sauf sa façade pour faire place à un bel immeuble de sept étages doté à l’intérieur d’un puits de lumière éclairant un grand atrium entouré de bureaux. La Banque du Peuple occupe le rez-de-chaussée et le sous-sol. Aux étages, on retrouve des cabinets d’avocats, d’architectes et de notaires ainsi que le consulat de France. Après la faillite, l’édifice est vendu pour loger la Banque d’Hochelaga. Au XXᵉ siècle, diverses transformations sont faites au bâtiment classé monument historique en 1975.

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«Muhammad Ali signant des autographes dans une famille abitibienne au cours de son passage à Rouyn-Noranda» Photo : Production de Voir Ali Source : lapresse.ca

 

     Cassius Marcellus Clay Jr. change son nom en 1965 à l’âge de 22 ans lorsqu’il se convertit à l’islam. Il devient Muhammad Ali, traduit en français par Mohammed Ali. Après sa médaille d’or en boxe olympique à Rome en 1960 dans la catégorie mi-lourd, il connaît une carrière professionnelle exceptionnelle. Plusieurs fois champion du monde des poids lourds, célèbre pour ses prises de position politique, Ali est un des athlètes les plus médiatisés du XXᵉ siècle. Il prend sa retraite de la boxe en 1981. Deux plus tard, il accepte l’invitation de rendre à Rouyn-Noranda pour participer au financement des Championnats sportifs québécois. Sa visite en sol québécois fait d’ailleurs l’objet du documentaire Voir Ali de Martin Guérin.

     Le climat économique est morose en Abitibi au début des années 1980. Plusieurs projets sont sur la table pour financer les Championnats : la solution, un souper-bénéfice. Plusieurs anciens hockeyeurs de la Ligue nationale de hockey provenaient de la région et il semblait possible d’en inviter un pour remplir l’aréna à 50 $ le couvert. Au cours des discussions, une idée est lancée : inviter Mohammed Ali. Réjean Tremblay raconte : «S’cusez, on est à Rouyn-Noranda. Et on parlait de Muhammad Ali, le plus grand, trois fois champion du monde des poids lourds, vainqueur de Sonny Liston, de Joe Frazier, de George Foreman, de Ken Norton, vainqueur en fait du gouvernement américain, sans doute la personnalité la plus aimée et la plus connue sur les cinq continents de la planète. Muhammad Ali, le «Greatest», qui vivait dans une splendide demeure à Los Angeles entouré de leaders musulmans».

     Jean-Pierre Charlebois, président de l’événement, rappelle que c’est Jacques Matte, un acteur influent de la scène culturelle à Rouyn-Noranda qui a suggéré le nom d’Ali. La présence du champion de tennis Björn Borg a aussi été évoquée mais le choix se fixa finalement sur le champion boxeur. Son agent au Canada, Larry Messier, est contacté et les négociations se déroulent promptement, à la surprise des deux parties. La direction des Championnats se rend à Los Angeles et Ali accepte l’invitation. Après son arrivée au Québec, Ali visite la centrale LG2 à la baie James avant de prononcer sa conférence au Centre récréatif de Rouyn-Noranda. L’événement reste toutefois en deçà des attentes puisque le public n’est pas au rendez-vous et que le discours prononcé traite finalement plus de l’islam que du sport.

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