Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

«Tournage du film Les ordres» Photo : Projet Éléphant Source : http://ici.radio-canada.ca/

     Octobre 1970 : le Parlement du Canada proclame la Loi sur les mesures de guerre pour la première fois en temps de paix. L’armée canadienne et la police de plusieurs villes du Québec utilisent ces pouvoirs extraordinaires pour arrêter plus de 400 personnes en raison de leurs activités. Les ordres de Michel Brault raconte leurs histoires.

     Brault, réalisateur du film, remporte le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1975 pour cette oeuvre. Le scénario est basé sur l’interview d’une cinquantaine de personnes emprisonnés en 1970 en raison de l’application de la Loi des mesures de guerre. Bien que relatant des événements de la Crise d’octobre de 1970, le film ne mentionne jamais le FLQ, Robert Bourassa, Pierre Laporte, James Cross ou Pierre Trudeau.

     Les ordres est devenu un classique du cinéma québécois. Excellent cinéaste, Brault y présente un film «/… truffé/ de cadrage et de mouvements de caméra audacieux, originaux, libérateurs oserions-nous dire, et toujours riches de sens». Chef d’oeuvre cinématographique, Les ordres permet de jeter un regard artistique et lucide sur la Crise d’octobre.

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Manifestation des Canadiens contre le gouvernement anglais, à Saint-Charles, en 1837Photo anonyme d’une huile sur toile de Charles Alexander Smith datant de 1890 (s.d.)Source : MNBAQ

     En 1937, des citoyens de Saint-Denis-sur-Richelieu organisent des célébrations pour commémorer le centenaire de la lutte des Patriotes en 1837-1838. Les fêtes se déroulent un peu partout au Québec. Les revendications des Patriotes pour la liberté, la démocratie et la reconnaissance de leur identité nationale sont au coeur des célébrations. Il faut cependant attendre 1962, lors du 125e anniversaire de la bataille de Saint-Denis, pour que la tradition d’une commémoration annuelle des Patriotes débute. La fête a alors lieu en novembre.

     Le 6 octobre 1982, le gouvernement du Québec décrète comme «Journée des Patriotes», le dimanche le plus proche du 23 novembre, en souvenir de la victoire patriote à Saint-Denis. Cette commémoration ne satisfait pas l’opinion publique. La création d’un nouveau congé ou la modification d’un jour férié existant sont réclamées pour témoigner de l’importance historique du mouvement patriote. En 1994, la Chambre des communes à Ottawa reconnaît officiellement la contribution des Patriotes à l’établissement de la démocratie au Canada.

     Le 20 novembre 2002, le gouvernement québécois modifie la «Journée des Patriotes». Afin de rappeler que les assemblées publiques débutèrent au Bas-Canada en mai 1837, la fête de novembre est déplacée vers le mois de mai. Le décret 1322-2002 proclame que dorénavant la «Journée nationale des Patriotes» coïncide avec le lundi précédant immédiatement le 25 mai de chaque année. Ce jour est férié et met un terme à l’ambiguïté qui existait auparavant au Québec quant à la pertinence de commémorer la date de naissance de la reine Victoria du Royaume-Uni ou celle du décès d’Adam Dollard des Ormeaux. Le 19 mai 2003, la «Journée nationale des Patriotes» est célébrée pour la première fois.

Pour en savoir plus : LaFontaine et son temps, Monument Louis-Joseph Papineau

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«Formation rocheuse appelée «Le Vieux» et phare de Cap Gaspé»Photo : Danielle Langlois (2005)Source : Wikimedia Commons

     Le 21 mai 1969, la création du parc Forillon en Gaspésie est annoncée par Jean Chrétien, alors ministre des Affaires indiennes du Canada. Cet aménagement est rendu possible suite à une entente avec le gouvernement du Québec qui met le site à la disposition du fédéral pour 99 ans. Bien que Québec peut récupérer le parc après 60 ans contre une compensation financière, les partis d’opposition à l’Assemblée nationale du Québec critiquent l’entente et accuse le premier ministre Jean-Jacques Bertrand de mollesse dans cette négociation.

     Au début des années 1960, une vaste enquête gouvernementale sur le développement régional s’amorce dans la région Bas-Saint-Laurent/Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine. En 1966, le Bureau d’aménagement de l’est du Québec (BAEQ) dépose un important rapport avec de multiples recommandations. Une d’elles est la création d’un parc à l’extrémité de la péninsule gaspésienne afin de stimuler le tourisme et de créer des milliers d’emploi. Le gouvernement fédéral est prêt à investir s’il obtient la propriété du territoire d’où le compromis du bail emphythéotique. L’accord officiel créant le parc national Forillon sera signé peu de temps après l’accession au pouvoir du nouveau premier ministre provincial, Robert Bourassa.

     L’entente officielle est signée le 8 juin 1970 entre Ottawa et Québec. Toutefois des centaines de personnes doivent être expropriés pour créer le parc. Le processus est difficile. En 1972, les expropriés entament des procédures judiciaires devant la Régie des services publics. Dans sa thèse et son livre sur la question, l’historienne Aryanne Babin conclut à l’injustice : «Dépossédés, volés, expulsés, traités injustement. Oui, ils se sont fait voler». De plus, en terme de création d’emplois, les Gaspésiens sont loin du compte puisque seulement une centaine de poste sont finalement ouverts au parc Forillon.

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