Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

École Normale Laval à Québec Photo : Neuville Bazin (1943) Source : BANQ

 

     Dans une lettre de 1856, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau annonce à l’abbé Louis-Jacques Casault, recteur de l’Université Laval, que le Vieux-Château est mis à la disposition de l’École normale Laval. Cette institution est créée par une loi de l’Assemblée législative de la province du Canada et par un règlement du surintendant de l’instruction publique.  Cette école est destinée à la formation des enseignants. Son inauguration a lieu le 12 mai 1857.

     L’École va rester à cet endroit jusqu’en 1892 sauf entre 1859 et 1866 alors que l’édifice sert au besoin de l’administration coloniale. La clientèle est exclusivement masculine; les femmes, elles, étudient au monastères des Ursulines. Avec la destruction du Vieux-Château pour faire place au Château Frontenac, l’École normale Laval déménage. Elle se retrouve d’abord hébergée par la Séminaire de Québec sur la rue de l’Université puis, après 1900, sur le chemin Sainte-Foy dans l’ancienne villa de l’homme d’affaires Guillaume-Eugène Chinic, rénovée et agrandie aux frais du gouvernement québécois. Pour leur part, les femmes déménagent à Mérici en 1930.

     Vers 1959, l’École déménage à nouveau dans des locaux plus modernes, sur le boulevard de l’Entente. La réforme de l’éducation durant la Révolution tranquille bouleverse cette façon de faire. «En 1970, dans la foulée qui entraîne la création des cégeps, l’École normale Laval de Mérici (secteur féminin) devient le Collège Mérici. Quant à l’École normale Laval (secteur masculin), elle cesse également d’exister comme telle en 1970, lorsque la formation des maîtres passe sous la responsabilité des universités». Les locaux de l’École normale Laval du boulevard de l’Entente deviennent alors ceux du Cégep François-Xavier-Garneau.

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«Hon. Charles Eugène Boucher De Boucherville, (Senator) 1822-1915» Photo : William James Topley (1879) Source : BAC

 

     Le troisième gouverneur général du Canada, Frederick Temple Blackwood, marquis de Dufferin et d’Ava, propose vers 1875 une série de travaux d’embellissement pour la ville de Québec. Ses efforts sont à l’origine de la mise en valeur des fortifications, de la construction des portes Saint-Louis et Kent et de l’aménagement de la terrasse Dufferin. Dans ce contexte, le gouvernement conservateur de Charles Boucher de Boucherville décide de faire construire à Québec, dans la capitale, un hôtel du Parlement. Boucher de Boucherville se tourne vers l’architecte Eugène-Étienne Taché pour préparer les plans de l’édifice dont la construction s’inscrit dans une volonté de démonter une stabilité politique et démocratique.

     Le gouvernement choisit d’abord l’emplacement actuel de l’hôtel de ville de Québec, à l’intérieur des murs. Taché est alors commissaire adjoint au département des Terres de la Couronne. Il présente ses plans en 1875. Mais, en 1876, le gouvernement du Québec fait l’acquisition du Cricket Field, immédiatement à l’extérieur de l’enceinte de fortifications pour y établir l’hôtel du Parlement. Taché adapte son projet et le contrat de construction est signé le 8 mai 1877.

     Taché s’inspire du style Second Empire pour l’architecture du parlement. L’objectif est de donner une visage français à la capitale du Québec. En raison des contraintes budgétaires, le style Second Empire de l’hôtel du Parlement à Québec est plus sobre que ce qui est en vogue à la même époque en France. L’ensemble institutionnel va être ériger en plusieurs étapes et débouche au XXᵉ siècle sur la construction d’une véritable colline parlementaire. L’hôtel du Parlement est conçu pour ancrer l’histoire politique du Québec dans la mémoire collective. Ainsi en est-il du programme commémoratif conçu par Taché pour orner l’édifice dont le fronton de l’entrée principale contient le célèbre phrase qui va devenir la devise du Québec en 1939 : «Je me souviens».

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«Confrontation entre la police et les manifestants lors du Premier Mai»Dessin de J.Latour (1907)Source : La Presse

     Le 1ᵉʳ mai 1886, une grève générale survient aux États-Unis.  Plus de 190 000 travailleurs paralysent 11 000 usines américaines.  Les ouvriers revendiquent une journée de travail de 8 heures. Certaines manifestations sont réprimées dans la violence, notamment à Chicago. Il faudra attendre plusieurs années selon les pays pour que la journée de 8 heures soit finalement acceptée.  Malgré tout, en juillet 1889, lors de sa fondation à Paris, la Deuxième internationale déclare que le 1ᵉʳ mai est la fête internationale de tous les travailleurs et travailleuses. On commémore ainsi les événements survenus à Chicago en 1886.

     Au Québec, la tradition de célébrer la fête des Travailleurs remonte à cette époque. Dès 1891, des journaux parlent de la «parade annuelle des communistes» qui se déroule dans les rues de Montréal. Le 1ᵉʳ mai 1907, les célébrations tournent au vinaigre. Les revendications socialistes ont alors mauvaise presse, notamment aux yeux des élites conservatrices. Les manifestants sont alors attaqués, par des agents réactionnaires diront les socialistes. L’émeute est réprimée par la police de Montréal avec l’aide de la cavalerie.

   Par la suite, le Premier Mai est célébré annuellement à Montréal jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. L’événement perd ensuite de son ampleur jusqu’au début des années 1970.  Les centrales syndicales québécoises ravivent à ce moment la commémoration de la fête. Au Québec, comme ailleurs en Amérique du Nord, les célébrations ont néanmoins peu d’ampleur en raison de la confusion avec la fête du Travail qui est un congé férié en septembre. Depuis 1955, l’Église catholique, elle, fête saint Joseph, artisan, le 1ᵉʳ mai. Plusieurs pays européens ont également fait de la Journée internationale des travailleurs, un congé férié.

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