Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

René Lévesque Photo : Yousuf Karsh (1978) Source : BAC

     Le 2 juin 1977, René Lévesque convoque une importante conférence de presse. Le premier ministre du Québec informe les journalistes du travail réalisé la veille lors du Conseil des ministres. Il précise rapidement qu’une annonce sera faite dans la journée : «M. Couture aura des détails à vous donner sur la nouvelle hausse semestrielle, qui est conforme à la tradition, du salaire minimum à compter du 1ᵉʳ juillet». En effet, Jacques Couture, jésuite, est le ministre du Travail, de la Main d’oeuvre et de l’Immigration.  Annoncer la hausse du salaire minimum est donc une de ses prérogatives.

     Depuis 1940, la Loi du salaire minimum permet au gouvernement du Québec de fixer le taux horaire du salaire minimum. Cette loi «s’applique à tous les salariés du Québec qui travaillent chez l’employeur et ses dispositions sont d’ordre public». Les salariés du secteur agricole, les domestiques et les salariés régis par décret sont exclus des dispositions de la loi. En vertu de cette loi, Jacques Couture annonce le 2 juin 1977 que le salaire minimum au Québec passe à 3,15 $ l’heure. Le Québec détient alors le salaire minimum le plus élevé en Amérique du Nord.

     Cette augmentation place les salariés québécois rénumérés au salaire minimum avec le meilleure revenu disponible de la période allant de 1965 à 2005, en dollars constants. C’est aussi le moment où le revenu disponible après impôt est le plus élevé pour ceux qui gagnent le salaire minimum. Par exemple, en dollars constants de 2003, un employé au salaire minimum a une rémunération hebdomadaire 716,49 $ en 1977 contre 656,46 $ en 2003.

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«Henry Kendall,capitaine duRMS Empress of Ireland»Photo : Agence Rol (ca1914)Source : BNF

     Le 28 mai 1914, l’Empress of Ireland quitte le port de Québec en route pour Liverpool en Angleterre. Durant la nuit suivante, il débarque Adélard Bernier à Pointe-au-Père. Celui-ci est le dernier pilote du Saint-Laurent à conduire le navire dans les eaux du fleuve. Le capitaine Henry Kendall est alors le seul maître à bord. Vers 1 h 55 du matin, le 29 mai 1914, l’Empress sombre en quelques minutes au large de Rimouski. Il a été éperonné par le charbonnier norvégien Storstad.

     La catastrophe fait pas moins de 1 012 victimes sur 1 477 personnes à bord… Les journaux de l’époque qualifient le naufrage de véritable désastre. Les pertes humaines sont d’abord sous-estimées, mais l’ampleur du désastre est vite révélée. Deux facteurs aggravent l’hécatombe : la température glaciale du fleuve et l’impossibilité d’utiliser les canots de sauvetage alors que l’Empress est renversé par l’impact.

     La tragédie se déroule de nuit. À 1 h 40 de ce 29 mai fatal, la vigie de l‘Empress of Ireland signale la présence du feu blanc du Strorstad à une distance d’environ 8 milles nautiques. Il se dirige vers la station de pilotage de Pointe-au-Père. Une minute plus tard le charbonnier disparaît dans un épais brouillard. À 1 h 42, l’Empress est à son tour enveloppé par le brouillard. Quelques minutes plus tard, les marins de l’Empress of Ireland voient sortir de la brume la proue du Storstad. La collision est inévitable et l’Empress coule à pic rapidement.

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«Le chanoine Lionel Groulx à son bureau à Paris» Photo : Anonyme (1922) Source : BANQ

     Le 26 mai 1943, le gouvernement d’Adélard Godbout fait adopter une loi qui rend obligatoire la fréquentation scolaire pour tous les enfants du Québec âgés de 6 à 14 ans. Cette mesure est l’aboutissement d’un débat qui divise la société québécoise depuis plusieurs décennies. Plusieurs politiciens préconisent d’instruire la population gratuitement mais ils se heurtent à la résistance des partisans de l’école privée dont, notamment, des membres influents du clergé.

     La Loi concernant la fréquentation scolaire obligatoire modifie la Loi de l’instruction publique. Elle dicte les taux des rétribution mensuelles payables pour les cours d’un degré supérieur à l’élémentaire. Plus important encore, la loi stipule que «Tout enfant doit fréquenter  l’école chaque année tous les jours pendant lesquels les écoles publiques sont en activité suivant les règlements établis par l’autorité compétente, depuis le début de l’année scolaire suivant le jour où il a atteint l’âge de six ans jusqu’à la fin de l’année scolaire au cours de laquelle il a atteint l’âge de quatorze ans». Certaines exceptions sont mentionnées et des amendes sont prévues pour les parents qui refusent d’envoyer leurs enfants à l’école. Lors de l’adoption de la loi, Godbout déclare : «Nous ne reculerons pas devant notre devoir qui est d’imposer aux parents qui ne le comprennent pas l’obligation de remplir leurs devoirs envers leurs enfants».

     En 1943, le Québec est la dernière province canadienne à adopter une mesure qui rend l’école primaire obligatoire. La loi est pilotée par Hector Perrier, secrétaire de la province. La résistance de l’épiscopat s’est alors estompée avec l’imposition en 1930 par le pape de l’instruction obligatoire pour les enfants de 6 à 14 ans dans les États pontificaux. Au début des années 1940, la situation est alarmante au Québec avec une fréquentation scolaire sporadique après la 4ᵉ année et un fort taux d’illetrés. La Loi concernant la fréquentation scolaire obligatoire de 1943 fait finalement consensus.

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