Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

Emblème de l’Église Unie du Canada

      Le 10 juin 1925, à Toronto, l’Église Unie du Canada est constituée. Cette église naît de la fusion d’environ 70% des membres de l’Église presbytérienne du Canada, de l’Église méthodiste du Canada, du Conseil général des églises de l’Union et de l’Union congrégationaliste du Canada.

     Cette union d’églises est exceptionnelle. Quatre courants spirituels franchissent ainsi leurs frontières confessionnelles historiques. D’autres petites églises comme l’Église Unie Saint-Marc d’Ottawa ont ensuite rejoint l’Église Unie du Canada. Des discussions pour une fusion avec l’Église anglicane du Canada ont cependant avorté en 1975.

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Henry Teuscher avec le frère Marie-Victorin à la Serre A-1, 1936Photo anonyme (1936)Source : Médiathèque – Jardin botanique de Montréal

 

     Dès la fin du XIXᵉ siècle, l’idée de créer un jardin botanique à Montréal circule auprès des milieux initiés. En 1922, Conrad Kirouac, mieux connu comme Marie-Victorin, son nom religieux de frère des écoles chrétiennes, fonde l’Institut de botanique de Montréal. Son travail donne l’impulsion nécessaire au projet de jardin botanique et l’entreprise aboutit le 9 juin 1931 par la fondation du Jardin botanique de Montréal. Le bâtiment administratif et les jardins d’accueil sont construits et aménagés entre 1936 et 1939. Les serres d’exposition, enfin, sont inaugurées en 1956.

     Les débuts sont difficiles. La crise économique des années 1930 provoque un chômage endémique au Québec. Marie-Victorin fait continuellement la promotion du projet, notamment par une série d’articles publiés dans Le Devoir. Même si les autorités municipales montréalaises appuient le projet, sa réalisation progresse lentement. En 1932, Marie-Victorin amorce une correspondance avec le botaniste allemand Henry Teuscher, immigré aux États-Unis. Teuscher lui a été recommandé par le directeur du Jardin botanique de New York. Durant quatre ans, ensemble, Teuscher et Marie-Victorin élabore le Programme d’un jardin botanique idéal. En manque de ressources financières, Marie-Victorin écrit en 1935 à son ancien élève, le maire Camilien Houde pour le convaincre d’investir dans le Jardin botanique à l’occasion du tricentenaire de la ville en 1942 : «À votre ville, il vous faudra faire un cadeau, un royal cadeau. Mais Montréal, c’est Ville-Marie. C’est une femme, […] Vous ne pouvez pas lui offrir un égout collecteur ou un poste de police […] Alors, pardieu! Mettez des fleurs à son corsage! Jetez-lui dans les bras toutes les roses et tous les lys des champs».

     La suite du projet est toute aussi difficile. Les dépenses encourues et les dépassements de budget dans l’aménagement du Jardin soulèvent l’ire de plusieurs membres du gouvernement du Québec. Le ministre Télesphore-Damien Bouchard fait cesser les travaux qui ne reprennent qu’après de rudes négociations. Le gouvernement du Québec accepte alors de procéder à un échange d’immeubles avec la Ville de Montréal afin de trouver un siège à la Cour des jeunes délinquants. Malgré la Seconde Guerre mondiale et la santé chancelante du frère Marie-Victorin, le Jardin botanique de Montréal est sauvé. L’équipe qui entoure le frère dans l’achèvement de l’oeuvre est solide : outre Henry Teuscher, elle comprend, Jules et Claire Brunel, Jacques Rousseau, Émile Jacques, Pierre Dansereau, René Meilleur, Roger Gauthier, Marcelle Gauvreau, Ernest Rouleau, Marcel Cailloux, Marcel Raymond, Bernard Boivin, James Kucyniak et Cécile Lanouette. Grâce à leurs efforts, le Jardin botanique se développe et figure aujourd’hui comme un des plus importants au monde.

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«Irma Levasseur» Photo anonyme (vers 1900) Source : BANQ

 

      Irma Levasseur est née à Québec en 1877. Elle fréquente d’abord le couvent Jésus-Marie à Sillery, puis l’École normale Laval. En 1894, elle s’inscrit à l’École de médecine de l’université Saint Paul au Minnesota. Le 7 juin 1900, elle obtient son diplôme. La docteure Levasseur amorce sa pratique aux États-Unis. Elle revient ensuite au Québec et s’adresse au Parlement pour obtenir le droit de pratiquer la médecine. Le 23 avril 1903, sa compétence est reconnue. Elle devient une des premières femmes médecins du Québec mais la première de langue française.

     À l’époque, les conditions d’hygiène sont désastreuses. Un enfant sur quatre meurt avant d’avoir un an. Irma Levasseur est convaincue qu’il faut sauver plus d’enfants. En 1906, elle quitte pour l’Europe pour se spécialiser. Elle revient un an plus tard avec les titres de chirurgienne et de pédiatre. Elle ouvre immédiatement sa propre clinique, rue Saint-Denis à Montréal. Puis, elle travaille de concert avec Justine Lacoste à la fondation de l’Hôpital Sainte-Justine. Elle est aussi à l’origine de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus à Québec.

     La fin de sa carrière est difficile. Après avoir travaillée au front durant les deux guerres mondiales, elle essuie plusieurs revers financiers et finit par vivre en recluse dans un petit appartement. Internée pour maladie mentale, elle livre un combat juridique pour sortir de l’Hôpital Saint-Michel-Archange. Il est prouvé qu’elle avait été maltraitée et diagnostiquée injustement, seulement pour se débarrasser d’une vieille femme qui vivait seule.

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