Archive pour la ‘Au XIXe siècle’ Catégorie

Lachine Canal, Montreal, 1826

Reproduction anonyme d’une aquarelle de John Hugh Ross conservée au Royal Ontario Museum (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

 

     Le canal de Lachine est ouvert à la navigation le 6 octobre 1825.  Il permet de relier les 14 kilomètres qui séparent le lac Saint-Louis du fleuve Saint-Laurent en aval de Montréal. Sa construction débute en 1821 pour assurer la communication entre le marché du Haut-Canada et la vallée du Saint-Laurent. Le canal sert de moteur de développement à toute une région et permet d’urbaniser l’ouest de l’île de Montréal.

     Le canal tire son nom de l’ancienne ville de Lachine, sur le bord du lac Saint-Louis. Ce toponyme origine des explorations de René-Robert Cavelier de La Salle. En 1669, La Salle part de ce lieu, alors nommé fief de la côte Saint-Sulpice, pour tenter de découvrir un passage vers la mer du Sud au-delà des Grands Lacs et d’atteindre éventuellement la Chine. La fascination qu’exerce le Céleste Empire explique l’apparition du nom Lachine pour désigner cet endroit.

     Durant le régime français, la construction d’un canal pour contourner les rapides du Sault-Saint-Louis et accéder rapidement au «Pays-d’en-Haut» reste un rêve. Au début du XIXe siècle, le canal de Lachine devient une priorité pour les marchands de Montréal. Ce canal va servir à faire de leur ville l’une des plaques tournantes du commerce nord-américain. Au début, le canal est destiné aux petits voiliers à fond plat. Il est ensuite agrandi à deux reprises:  de 1843 à 1848 et de 1873 à 1885.

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Simon-Napoléon Parent

Photo anonyme ( vers 1920)

Source : BANQ

 

     Simon-Napoléon Parent connaît une belle carrière comme avocat. Il termine ses études en droit à l’Université Laval en 1881. Il fait ensuite sa cléricature chez les avocats Thomas Chase Casgrain et Guillaume Amyot. Il est admis au Barreau le 9 août 1881. Parent amorce ensuite sa pratique. Son cabinet se trouve dans la paroisse Saint-Sauveur à Québec.  En 1882, il est associé à Joseph-Évariste Prince. Ensuite, il s’associe successivement à John Constantine O’Donnel en 1884, à Charles de Guise en 1895, à Charles Fitzpatrick , Louis-Alexandre Taschereau et Ferdinand Roy en 1898 et à Lawrence Arthur Cannon en 1900.

     S.-N. Parent se fait aussi connaître en politique. Il est d’abord élu comme échevin du quartier Saint-Vallier à Québec en 1890, un poste qu’il occupe jusqu’en 1894. C’est alors qu’il brigue les suffrages à la mairie. Le 2 avril 1894, il devient maire de Québec et le reste jusqu’à sa démission en 1906. Il est aussi député libéral de Saint-Sauveur à l’Assemblée législative du Québec durant la même période.

     Le 26 mai 1897, Parent devient commissaire des Terres, des Forêts et des Pêcheries dans le cabinet de Félix-Gabriel Marchand. Il est un ministre influent et occupe en parallèle la présidence de la Compagnie du pont de Québec. Lorsque Marchand décède le 25 septembre 1900, Simon-Napoléon Parent lui succède comme premier ministre. Le 3 octobre 1900, Parent, toujours maire de Québec, est assermenté comme premier ministre du Québec dans la salle d’audience du Conseil de ville de Québec. Durant la fête qui suit, le président de la Banque Nationale déclare : «L’histoire nous enseigne que dans toutes les villes, à des heures particulières, Dieu suscite au timon des affaires publiques des hommes doués des plus belles qualités du coeur et de l’esprit. Eh bien, vous êtes un de ces hommes privilégiés dont parle l’histoire; car ce sont vos nombreuses qualités et mérites personnels qui vous ont porté à la position du premier magistrat de la ville la plus ancienne du Canada». Parent reste en poste comme premier ministre jusqu’en mars 1905.

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«Portrait de Jacques Viger (vers 1850), copié pour J. Lovell en 1891»

Photo : William Notman & fils (1891) Source : Wikimedia Commons

     Les archives de la Ville de Montréal possèdent une dénombrement des habitants de la ville en 1825.  Ce document porte les dates suivantes dans son titre «10 août – 27 septembre 1825». Il faut comprendre que la réalisation de ce recensement a été beaucoup plus longue. Jacques Viger écrit dans Ma Saberdache qu’il lui a fallut trois mois pour réaliser l’ouvrage.  Il est assisté du notaire Louis Guy et de deux clercs, Joseph Guy fils et J.M.K. Lennox. Les documents conservés aux archives montréalaises sont des tablettes brouillons qui ont servi à la rédaction des rapports finaux remis au gouvernement de la colonie.

     L’origine de ces documents remonte à mars 1825 lorsque la sanction est donnée à une loi ordonnant le recensement de tous les comtés du Bas-Canada. La loi prévoit une douzaine de questions à être posées et la nomination d’un commissaire dans chaque comté pour faire le travail. Des amendes sont aussi prévues si certains refusent de répondre. Les questions portent sur le nom du chef de famille, le nombre de personnes par famille et leur distribution selon l’âge, le sexe et le statut marital.

     Jacques Viger est nommé commissaire pour le comté de Montréal qui comprend tout le territoire de l’île de Montréal. Avec le notaire Guy, ils conviennent de poser une série de questions supplémentaires. Les quatre copies officielles prévues par la loi sont remises mais Viger garde aussi une cinquième copie plus détaillée dans ses papiers privés. C’est une source d’information exceptionnelle qui permet de mieux connaître la population de Montréal à l’époque, population dénombrée à 22 540 habitants.

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