Archive pour la ‘Au XIXe siècle’ Catégorie

«Le patriote François-Maurice Lepailleur, déporté en Australie» Reproduction d’une illustration anonyme (s.d.) Source : Wikimedia Commons

 

     La rébellion de 1838 est réprimée avec violence par la couronne britannique. Il faut dire que l’animosité ethnique est à son comble au Bas-Canada à cette époque.  Le Montreal Herald y va même d’une invitation au génocide dans une de ses livraisons : «Pour avoir la tranquillité, il faut que nous fassions la solitude; balayons les Canadiens de la face de la terre». Pour douze Patriotes du Bas-Canada, c’est la condamnation à mort et la pendaison.

     Sur les 99 condamnés à mort, 58 voient leur peine commuée en exil à la Nouvelle-Galles du Sud, sur le continent australien. La majorité de ces exilés est emprisonnée à Montréal, à la prison du Pied-du-Courant. Le 25 septembre 1839, l’exil débute.  Transportés par vapeur à Québec, les exilés sont réunis à un autre groupe de condamnés du Haut-Canada et embarquent sur le Buffalo, en route vers les colonies pénitentiaires des terres australes.

      Dans cette affaire, les procès sont une parodie de justice.  Le doute raisonnable, si cher au droit britannique, est bafoué pour laisser place à la répression. Pour plusieurs, la peine est lourde. Dans son journal, François-Maurice Lepailleur écrit : «Le malheur de l’exil est plus grand que celui de la mort…». Libérés en 1842, les exilés reviennent presque tous au pays à partir de 1844.

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Abraham Lincoln,seizième président desÉtats-UnisPhoto : Alexander Gardner (1863)Source : Librairie du Congrès

     Au début de la guerre de Sécession, le premier objectif d’Abraham Lincoln est de sauver l’Union américaine. Malgré son opposition à l’esclavage, Lincoln craint que les états frontaliers ente le Nord et le sud soit le Maryland, le Delaware, le Kentucky et le Missouri rejoignent les rebelles s’il légifère sur cette question.

     Au milieu de la guerre civile, le 22 septembre 1862, Lincoln donne un avis préliminaire d’émancipation des esclaves. Il donne 100 jours aux États confédérés pour rejoindre l’Union sinon tous les esclaves habitant ces états seront déclarés libres.

     Le 1er janvier 1863, la Proclamation d’émancipation stipule que «toutes les personnes détenues comme esclaves dans les états rebelles sont désormais libres». L’appui aux Sudistes devient ainsi un appui à l’esclavage, une option impossible pour la diplomatie de la Grande-Bretagne et de la France. En jouant cette carte politique, Lincoln s’assure de la caution internationale à l’abolition de l’esclavage aux États-Unis et ouvre la voie vers un amendement constitutionnel sur la question.

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«Enseigne du Joel Stone Heritage Park»Photo : ARuddock (2015)Source : Wikimedia Commons

 

     La proximité de la frontière américaine avec celle du Haut-Canada le long du fleuve Saint-Laurent est une source de préoccupation pour l’armée britannique dès le début du XIXᵉ siècle. Quelques ouvrages sont aménagés le long de cette voie d’eau afin d’en améliorer la défense en cas de conflit.  Le 21 septembre 1812, au début de la guerre de 1812, les Américains font un raid contre Gananoque, un petit village du Haut-Canada où se trouve un dépôt d’armes. Le capitaine Benjamin Forsyth commande cette attaque à la tête des troupes américaines formées d’environ 200 hommes, soldats réguliers et miliciens en provenance de Sackets Harbor dans l’État de New York.

     Gananoque joue alors un rôle important dans la ligne d’approvisionnement entre Kingston et Montréal. Une petite garnison de trois cents hommes de milice dirigée par le colonel Joel Stone assure la sécurité du comté de Leeds où se trouve Gananoque. Lors du raid de 1812, le colonel Stone est absent et moins de 70 miliciens peuvent affronter les Américains. Grâce à sa supériorité numérique, le capitaine Forsyth maîtrise rapidement les lieux. Il s’empare des magasins du gouvernement britannique et les détruit. Il pille aussi la résidence du colonel Stone dont l’épouse est blessée par balle.

     Les Américains retraitent ensuite à Sackets Harbor avec leurs prisonniers, bien conscients qu’ils ne peuvent affronter une armée de soldats réguliers. Rapidement, une petite armée de réguliers et de miliciens est dépêchée à Gananoque dont l’importance stratégique devient évidente. Bien que la majorité des biens nécessaires à la guerre est transportée par bateau, les ordres et les documents secrets sont aussi transportés à cheval entre Prescott et Kingston. Sous l’impulsion du colonel Stone, un fortin militaire est construit à Gananoque et une garnison de réguliers y est stationnée.  Gananoque n’a jamais plus été attaqué depuis.

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