28 février 1838

Robert Nelson proclame l’indépendance du Bas-Canada

Le Dr Robert Nelson Gravure parue dans l'Opinion publique (1873) Source : BANQ

Le Dr Robert Nelson
Gravure parue dans
L’Opinion publique (1873)
Source : BANQ

     Le docteur Robert Nelson prend la tête du mouvement patriote en 1838. Le 28 février, ses hommes et lui, en exil aux États-Unis, traversent la frontière. Ils se rendent à Caldwell’s Manor pour lire la Déclaration d’indépendance du Bas-Canada. Nelson proclame à ce moment la fin de la colonisation anglaise et le début de la république du Bas-Canada. Toutes les clauses de la déclaration entrent en vigueur immédiatement ! La description de la lecture de la déclaration, geste unilatéral s’il en est un, est peu documentée. Qui était présent ? Y avait-il des habitants de la région ou seulement les Patriotes armés accompagnant Nelson, troupe que l’on chiffre de 300 à 700 hommes selon les sources.  L’événement est rapporté près d’un an plus tard dans L’Ami du peuple, un journal favorable à la politique coloniale anglaise.  Dans l’édition du 20 février 1839, on lit : «Le Dr. Nelson qui prend ici les titres pompeux de président de la république en perspective et de commandant en chef d’une armée de brigands […] s’était toujours conduit avec une prudence qui ne permettait pas de croire qu’il prendrait cette détermination».

     La Déclaration contient une préface qui dénonce la corruption au sein de la bureaucratie de la colonie.  Elle dénonce aussi la violation des droits des Canadiens et la dévastation faite par l’armée britannique. La Déclaration contient dix-huit articles. Elle déclare que le Bas-Canada cesse d’être une colonie anglaise pour devenir une république. L’union entre l’Église et l’État est dissoute tandis que l’égalité des droits entre tous les citoyens du Bas-Canada, d’origine française, anglaise ou amérindienne, est affirmée. La liberté de presse est garantie tout comme les procès équitables devant jury, l’éducation générale et publique ainsi que les élections par vote secret.  On y retrouve aussi l’abolition du régime seigneurial et la redistribution des terres dites de la couronne.  La Déclaration proclame de plus l’usage du français et de l’anglais dans toutes les affaires publiques.

     En fait, la lecture de cette déclaration est un véritable défi envers la couronne britannique, la région de Caldwell’s Manor étant un château fort loyaliste.  Par la suite, Nelson retourne au États-Unis pour fonder l’Association des Frères chasseurs, une organisation secrète vouée à l’indépendance du Bas-Canada. Robert Nelson déclare l’indépendance à nouveau en novembre 1838 mais ses soldats sont défaits par une milice loyaliste à Lacolle et par l’armée britannique à Odelltown.  Ces défaites sonnent le glas des revendications d’indépendance des Patriotes.

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