Archive pour la ‘Au XIXe siècle’ Catégorie

Bloody LanePhoto : Alexander Gardner (1862)Source : Librairie du Congrès

     La guerre de Sécession débute en 1861. L’année suivante, Jefferson Davis, le président des États confédérés d’Amérique, est d’avis que les combats doivent s’étendre sur le territoire de l’Union. Le général Robert Lee, commandant de l’armée de Virginie du Nord, envahit alors le Maryland en septembre 1862. Ses objectifs sont de ravitailler son armée, d’influencer les élections à venir en novembre, de pousser les combats jusqu’en Pennsylvannie et de libérer le Maryland, un état membre de l’Union mais habité par un grand nombre d’esclavagistes.

     Le 15 septembre, les troupes sudistes fortes de 45 000 hommes sont installées aux abords de la rivière Antietam, près de Sharpsburg au Maryland. Les 87 000 soldats de l’armée américaine dirigée par le général George McLellan leur font face afin de les repousser au sud, vers la Virginie.  Le combat débute à l’aube du 17 septembre 1862 et dure plus de douze heures.  C’est l’affrontement le plus meurtrier de l’histoire américaine avec près de 23 000 victimes.

     À l’issue de la bataille, chacun a maintenu sa position. Le lendemain, le drapeau blanc est hissé et les morts sont enterrés.  Le général Lee constate l’ampleur du carnage et doit sonner la retraite. Son armée se retire de l’autre côté du Potomac.  Fort de cette victoire, Abraham Lincoln en profite pour rendre public la Proclamation d’émancipation des esclaves transformant la guerre civile américaine en un combat pour la liberté.

Lincoln and generals at AntietamPhoto : Alexander Gardner (1862)Source : Librairie du Congrès

 

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Portrait de Sir James Henry Craig, vers 1806-1807Photo anonyme d’une huile sur toile de Thomas Lawrence datant de 1806-1807 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

 

     Le gouverneur James Henry Craig préconise l’assimilation des Canadiens : ils parlent français et ne sont pas de culture britannique; ils représentent donc un danger pour l’Angleterre, surtout en cette époque de guerre napoléonienne. Il propose à Londres d’unir le Bas-Canada et le Haut-Canada; de plus, il souhaite une sur-représentation des Cantons de l’Est à la Chambre d’assemblée afin d’y assurer la suprématie de la représentation britannique. Il est même prêt à abolir cette assemblée et à constituer un conseil aristocratique et britannique pour diriger la colonie.

     Le 12 septembre 1810, Londres rejette sa proposition. Sa Majesté juge inopportun d’abroger la constitution en vigueur depuis 1791 ; rejet également de l’idée d’unir les deux Canada ou de procéder à une nouvelle division des districts électoraux. Le gouvernement britannique reconnaît les défauts de la loi de 1791 mais refuse de la changer pour plusieurs raisons : maladie du roi George III, conjoncture politique internationale et divergence de vues des hauts fonctionnaires sur les solutions à appliquer. La menace de guerre avec les États-Unis pèse aussi lourd sans la balance.

     Dans la lettre confidentielle que Craig reçoit, les instructions sont claires. Le gouverneur doit mettre en lumière les bienfaits des pratiques libérales britanniques et il doit chercher à se concilier la Chambre d’assemblée. On lui recommande de chercher à s’allier avec les députés de langue française les plus modérés tout en se ménageant l’appui de tous les députés anglophones. Cette approche vise à mettre les mécontents en minorité et à favoriser la prospérité du Bas-Canada. Le projet d’union des Canada est reporté à plus tard.

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Maisonneuve Monument Photo : Albertype Company (vers 1905-1925) Source : BAC

 

 

     Le français Paul de Chomedey de Maisonneuve est né à Neuville-sur-Vanne en 1612. Militaire, il est choisi par Jérôme Le Royer de la Dauversière et par Jean-Jacques Olier pour diriger la colonie missionnaire que la Société de Notre-Dame veut établir en Nouvelle-France. Le 17 mai 1742, Maisonneuve et son groupe prennent possession de l’île de Montréal. Avec l’aide de Jeanne Mance, il procède à la fondation de Ville-Marie. Malgré l’hostilité des Agniers, Maisonneuve persiste durant plus de 20 ans à mettre tout ses efforts pour développer Ville-Marie.

     Sans sa ténacité et le travail constant de Le Royer de la Dauversière en France, la Société de Notre-Dame aurait succombé sous le poids des épreuves qui se succèdent au petit poste isolé du reste de la colonie. Lorsque Louis XIV prend charge les destinées de la Nouvelle-France en 1663, le rôle de Maisonneuve va changer. Alexandre de Prouville de Tracy est nommé lieutenant général de la Nouvelle-France et il arrive à Québec le 30 juin 1665 avec quatre compagnies de soldats. Déjà quatre autres compagnies étaient arrivées au début de juin et les vingt compagnies du régiment de Carignan-Salières vont suivre. En septembre 1665, Maisonneuve reçoit l’ordre de Tracy de retourner en France pour une période indéterminée.

     Durant 11 ans, Maisonneuve va vivre modestement à Paris grâce à une rente annuelle provenant du supérieur de Saint-Sulpice et de son Séminaire. Quatre mille livres de ses appointements comme gouverneur de Montréal lui sont toujours dues à sa mort. Sa maison à deux étages se trouve sur le fossé entre les portes Saint-Marcel et Saint-Victor. Il va accueillir là Marguerite Bourgeoys en 1670, juste avant qu’elle retourne à Montréal avec les lettres patentes de la Congrégation de Notre-Dame. Malade et alité, le fondateur de Montréal dicte son testament le 8 septembre 1676. Il meurt le lendemain dans son lit, au premier étage de sa résidence. Il est inhumé dans l’église des pères de la Doctrine chrétienne où se déroulent aussi ses funérailles.

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