Archive pour la ‘Au XIXe siècle’ Catégorie

« Horloge de l’Observatoire royal de Greenwich, au Royaume-Uni »

Photo : Joaquim Alves Gaspar ( 2007)

Source : Wikimedia Commons

     Sandford Fleming est un arpenteur et ingénieur né en Écosse qui immigre au Canada en 1845. Il se signale par son implication dans le développement du réseau ferroviaire entre les Maritimes et le Pacifique. Il agit, entre autres, comme ingénieur en chef lors de la construction du chemin de fer du Pacifique jusqu’en 1880. Grand voyageur, il constate la confusion régnant à travers le monde dans la mesure du temps. À l’époque, l’heure locale domine partout les horaires sauf en Grande-Bretagne où un système d’heure normale est en vigueur. En collaboration avec le météorologue américain Cleveland Abbe, Fleming se sert de ses contacts dans le monde du chemin de fer pour promouvoir la standardisation de la mesure du temps. Le 18 novembre 1883, les compagnies de chemins de fer du Canada et des États-Unis adoptent le système des fuseaux horaires qui est encore en vigueur de nos jours.

     Simple et efficace, l’heure des chemins de fer devient la norme sur le continent nord-américain. Depuis les années 1860, Fleming militait en faveur d’imposer une heure nationale pour chaque pays. En 1879, il avait proposé de diviser le monde en 24 fuseaux horaires égaux de 15° chacun. Restait à régler la question du méridien d’origine. En octobre 1884, les représentants de 25 pays se réunissent à Washington pour régler le problème. Par un vote majoritaire de 22 États contre un et deux abstentions, le méridien de Greenwich est reconnu comme le méridien d’origine dans le calcul des longitudes. La proposition adoptée se lit comme suit : « That the Conference proposes to the Governments here represented the adoption of the meridian passing through the centre of the transit instrument at the Observatory of Greenwich as the initial meridian for longitude ».

     Cette décision fixe l’heure normale dans le monde. Dès lors toutes les cartes et les horloges sont ajustées en référence avec le temps solaire moyen à l’Observatoire royal de Greenwich au Royaume-Uni (GMT). En 1928, l’Union astronomique internationale introduit le concept de temps universel (UT) pour prolonger le principe d’utilisation du GMT en basant son échelle de temps sur la rotation de la terre. Cette pratique dure jusqu’à l’invention des horloges atomiques au césium en 1955 d’une part, et, d’autre part, jusqu’à la coordination des émissions par ondes courtes de ces mesures du temps en 1960. Ces deux événements donnent naissance, respectivement, au temps atomique international (TAI) et au temps universel coordonné (UTC).

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« L’exécution de Louis Riel »

Gravure anonyme publiée dans Le Monde illustré (5 décembre 1885)

Source : BANQ

 

     Louis Riel est le chef des Métis lors de la rébellion de la Rivière Rouge en 1869. Il agit comme président du Comité national des Métis. Après avoir forcé l’arrêt du mesurage des terres du Nord-Ouest par les arpenteurs ontariens, les Métis s’emparent du poste de la Hudson Bay Company à Upper Fort Garry. Agissant à titre de gouvernement provisoire, le Comité négocie l’adhésion des habitants du Nord-Ouest dans le nouveau « Dominium du Canada », ce qui aboutit en 1870 par la création de la province du Manitoba. Malheureusement, durant cette période, une cour martiale métisse condamne l’aventurier Thomas Scott à mort par peloton d’exécution. Scott, irlandais d’origine, devient le martyr des anglophones protestants et orangistes et sa mort devient pour eux le symbole de l’hostilité des Métis envers l’Ontario.

     Durant la décennie qui va suivre, Riel se réfugie aux États-Unis. Même s’il est élu député de la Chambre des communes, il ne pourra jamais y siéger étant contraint à l’exil en raison de sa condamnation pour le meurtre de Scott. Il est également atteint d’une forme de mysticisme religieux qui force ses proches à le faire interner dans des « hôpitaux pour lunatiques » du Québec entre 1875 et 1878. Il se rend ensuite au Montana jusqu’en 1884, date où il accepte de revenir dans le Nord-Ouest canadien. Convaincu qu’il est un prophète du Nouveau Monde, Riel organise et dirige la rébellion du Nord-Ouest. Après une série de batailles, Riel se rend aux éclaireurs de la Police à cheval du Nord-Ouest le 15 mai 1885.

     Le 6 juillet suivant, Riel est accusé de trahison. Son procès se déroule à Regina. Bien que son avocat tente de plaider l’aliénation mentale, Riel réclame un procès politique. Amené à la barre, Louis Riel fait un discours virulent lorsqu’il s’adresse au jury. Il est finalement reconnu coupable; les nombreux appels à la clémence ne peuvent le sauver. Son exécution est reportée trois fois, sous une pression populaire grandissante, surtout au Québec. Rien n’y fait, le verdict est maintenu en appel. Le 16 novembre 1885, Louis Riel est pendu à Regina. Depuis sa mémoire a été partiellement réhabilitée puisqu’il est considéré comme le fondateur du Manitoba et comme un des Pères de la Confédération.

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Logo de l’Automobile Club de France

     À la fin du XIXᵉ siècle, l’invention de l’automobile provoque un engouement chez plusieurs mécènes passionnés par l’esprit d’aventure. En France, le comte Jules-Albert de Dion fait figure de précurseur. Ce constructeur d’automobiles est à l’origine de la première course automobile de l’histoire. C’est la «Paris-Bordeaux-Paris» tenue en juin 1895.

     L’idée d’un «Grand Cercle» réunissant les passionnés d’automobiles fait alors son chemin. Le 12 novembre 1895, l’assemblée constitutive de l’Automobile Club (ACF) de France se tient chez le comte de Dion au quai d’Orsay. Ce dernier laisse la présidence au baron Étienne de Zylen. « L’Automobil’Club », ainsi nommé par ses fondateurs, est le premier club automobile de l’histoire.

     Cercle élitiste, l’ACF s’implique dans la course automobile. Après les accidents marquants la course Paris-Madrid en 1903, l’ACF milite en faveur de la tenue de course sur des circuits particuliers. En 1906, elle parraine le Grand Prix de l’ACF qui est le premier Grand Prix de course automobile et l’ancêtre des courses de Formule 1.

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