16 mai 1871

Décret d’adhésion de la Colombie-Britannique au Canada

«Le Canada en 1871»
Carte : J. Leclerc (2010)
Source : www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/colombiebrit.htm

     Le 16 mai 1871, à Windsor en Angleterre, la reine Victoria décrète l’adhésion de la Colombie-Britannique au Canada. Cette adhésion est effective à compter du 20 juillet suivant. Ce décret est une réponse favorable à des adresses que la reine avait reçu auparavant du Sénat du Canada, de la Chambre des communes du Canada et du Conseil législatif de la Colombie-Britannique.

     La colonisation de la Colombie-Britannique est très lente au début du XIXᵉ siècle. La colonie de l’île de Vancouver est établie formellement en 1849. Il y a peu d’habitants: quelques centaines au Fort Victoria. L’activité économique est centrée sur le commerce des fourrures organisé par la Compagnie de la Baie d’Hudson. La ruée vers l’or découvert dans la vallée du fleuve Fraser provoque un afflux de population. Une colonie continentale séparée de celle de l’île de Vancouver, la Colombie-Britannique, est créée en 1858. Ces deux colonies s’unissent en 1866 et une éventuelle union avec le futur dominion du Canada est envisagée.

      En 1868, la Ligue de la Confédération est créée sous le leadership d’Amor De Cosmos. L’union avec le Canada a plusieurs opposants dont des membres du Parlement de la colonie qui s’opposent à la venue du gouvernement responsable. D’autres opposants souhaitent plutôt l’annexion aux États-Unis. Au printemps 1870, les négociations avec Ottawa débutent. Le gouvernement canadien exige que la Colombie-Britannique se dote d’un gouvernement responsable mais accepte de payer pension aux fonctionnaires non élus qui perdront leur poste dans le processus. «Le Canada accepte aussi de s’occuper de la dette de la Colombie-Britannique, de construire un réseau ferroviaire sur la côte du Pacifique, et d’accorder à la Colombie-Britannique le droit d’envoyer trois sénateurs et six députés au Parlement fédéral». Finalement, la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique débute en 1878, après de nombreux retards et cette voie ferrée est terminée en 1885.

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15 mai 1912

Le Québec accepte d’intégrer l’Ungava

«Le Québec en 1912»
Extrait numérisé d’une carte de Rand McNally datant de 1912 et publié dans Chandler B. Beach & Frank Morton McMurry, The New Student’s Reference Work, Chicago, F. E. Compton and Company, 1914 : Lars Aronsson (2005)
Source : Wikimedia Commons

 

     Le 1ᵉʳ avril 1912, la Loi à l’effet d’étendre les frontières de la province de Québec est sanctionnée. Cette loi du Parlement du Canada précise les conditions qui permettent que le territoire de l’Ungava devienne partie intégrante du Québec. Cette législation est l’aboutissement d’un processus législatif amorcé depuis 1907 lorsque le gouvernement québécois dirigé par Lomer Gouin entame des négociations avec le gouvernement fédéral afin d’étendre la frontière du Québec vers le nord.

     Déjà en 1898, le territoire de la province de Québec connaît une extension. Avec l’Ungava, le Québec étend sa frontière septentrionale au delà du 52ᵉ parallèle. Le gouvernement Gouin est convaincu du potentiel de développement que représente cette vaste région. Gouin, lui-même présente le «bill 43» afin que la législature du Québec donne son assentiment à l’annexion. La Loi de l’extension des frontières de Québec stipule en effet qu’elle entrera en vigueur «à un jour qui sera fixé par proclamation du Gouverneur en conseil publié dans la Gazette du Canada, mais cette proclamation ne sera lancée qu’après que la législature de Québec aura consenti à l’augmentation des limites de la province».

     Les libéraux de Gouin en font un enjeu électoral. Ils promettent «le développement agricole, industriel et minier du nord du Québec. /…/ Et finalement, au soir du 15 mai 1912, l’électorat tranche: Lomer Gouin remporte une victoire éclatante en faisant élire 62 des 81 députés du nouveau Parlement». La géographie du Québec prend alors sa configuration actuelle outre le Labrador qui en sera retranché en 1927 par décision unilatérale du Conseil privé à Londres.

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15 mai 1891

Publication de Rerum Novarum

Léon XIIIPhoto publiée par la Historical Publishing Co. (1898)

«Léon XIII»
Photo de la
Historical Publishing Co. (ca1898)
Source : Library of Congress

     La lettre encyclique Rerum Novarum est publiée par le pape Léon XIII le 15 mai 1891. Elle formule la base de la doctrine sociale de l’Église catholique romaine. Rerum Novarum aborde des concepts nouveaux pour l’Église en traitant du capital et du travail.

    Innovateur, Léon XIII tente de présenter dans l’encyclique une vison cohérente du monde moderne. Une grande partie du texte sert à réfuter les «erreurs» du socialisme. Rerum Novarum appuie le concept de propriété privée comme un droit humain fondamental. Par contre, Rerum Novarum s’oppose à l’exploitation de la pauvreté et de la misère. Ces diverses positions donnent lieu à plusieurs interprétations et laisse un accueil mitigé à l’encyclique.

    Le souverain pontife exprime dans son message adressé aux catholiques une compassion inédite envers les ouvriers. Il dénonce la cupidité de la bourgeoisie tout en présentant le socialisme comme un remède pire que le mal. Au nom de la charité, Léon XIII dénonce le travail des enfants et les horaires interminables. Il  soutient également le droit des ouvriers de se syndiquer à l’intérieur d’organismes chapeautés par l’Église catholique.

Léon XIII (1891), Rerum Novarum

Léon XIII. Rerum Novarum
Milan, Biblioteca Cattolica Editrice, 1901

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