14 mars 1946

Arrestation de Fred Rose, député et espion

Fred Rose
Photo : Arthur Roy (v. 1943-1946)
Source : BAC

 

     En 1943, Igor Sergeievich Gouzenko travaille au service du chiffre de l’ambassade de l’Union soviétique à Ottawa. Il découvre l’existence d’un réseau d’espionnage au Canada, réseau dirigé par le colonel Nicolai Zabotin. Le 5 septembre 1945, Gouzenko fait défection à l’URSS et se présente au bureau du Ottawa Journal avec une centaine de documents prouvant l’existence de l’espionnage soviétique au Canada. Le journal refuse de publier son histoire pour des raisons de sécurité mais l’invite à entrer en contact avec le ministre de la Justice, Louis St-Laurent.  Sa crédibilité est mise en doute par les autorités jusqu’a ce qu’il rencontre Fernande Coulson, secrétaire au bureau du Solliciteur général. Celle-ci organise une rencontre entre Gouzenko et la division anti-subversive de la Gendarmerie royale du Canada.

     Le 6 septembre 1945, des agents soviétiques tentent sans succès de capturer Gouzenko et de récupérer les documents. Norman Robertson, sous-secrétaire d’État aux Affaires extérieures, recommande alors de garder le transfuge sous protection policière. Le lendemain, Gouzenko et sa famille obtiennent l’asile politique. Un enquête secrète sur le réseau d’espionnage soviétique débute. En février 1946, 13 suspects sont arrêtés en vertu de la Loi des mesures de guerre. Un mois après, le 14 mars 1946, 26 autres personnes sont arrêtées et accusées d’espionnage. Fred Rose est du nombre. De son vrai nom Rosenberg, Rose est membre du Parlement canadien et député du comté montréalais de Cartier, sous la bannière du Parti progressiste-ouvrier, un parti à l’idéologie communiste. En juin 1946, Rose est reconnu coupable d’espionnage et condamné à six de prison au pénitencier Saint-Vincent-de-Paul. Il doit ensuite s’exiler en Pologne sans droit de retour au Canada.

    Quelques jours après les premières arrestations, le gouvernement du Canada institue une commission spéciale pour faire la lumière sur l’ampleur du problème. C’est la Commission royale pour enquêter sur les faits intéressants et les circonstances entourant la communication, par des fonctionnaires publics et autres personnes occupant des postes de confiance, de renseignements secrets et confidentiels aux agents d’une puissance étrangère. Communément appelée Commission Kellock-Taschereau, du nom des deux juges de la Cour suprême du Canada qui la préside, la Commission confirme l’existence d’un vaste réseau d’espionnage. Ce réseau d’espions soviétiques opère au sein de plusieurs ministères canadiens et du haut-commissariat de la Grande-Bretagne à Ottawa. Les espions ont également infiltré le projet de recherche atomique canada-britannique afin d’obtenir des États-Unis, de la Grande-Bretagne et du Canada des secrets sur la bombe atomique.

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