Jean Chrétien, ministre fédéral de la Justice, signe la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 Photo : PC

«Jean Chrétien, ministre fédéral de la Justice, signe la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982»
Photo : PC (1982)

     Ancienne colonie britannique, le Canada rapatrie sa constitution en 1982. Après la victoire du NON lors du référendum de 1980 au Québec, le premier ministre du Canada, le libéral Pierre Elliott Trudeau amorce un ronde de négociations constitutionnelles. Il obtient l’accord du gouvernement de 9 provinces pour procéder au rapatriement en apportant deux ajouts au texte initial : une charte des droits et des libertés et une formule d’amendement.

     La cérémonie de la proclamation de la nouvelle constitution a lieu le 17 avril 1982 à Ottawa, par une température pluvieuse, en présence de la reine Elizabeth II. Trudeau prononce une allocution à l’occasion. Il déclare : «Le Canada célèbre aujourd’hui son accession à la pleine souveraineté. La Constitution canadienne est enfin revenue au pays, et nous pourrons désormais la modifier nous-mêmes sans recourir au Parlement du Royaume-Uni».

     Le gouvernement du Québec ne participe pas à la cérémonie. Les demandes québécoises de réorganiser le partage des pouvoirs et de décentraliser la fédération ont été rejetées. Depuis 1982, les Québécois refusent de reconnaître officiellement cette constitution même si elle s’applique de droit sur leur territoire. Cette dissension est rapportée dans les archives de Radio-Canada sous le titre : «Le rapatriement de la Constitution sème la zizanie».

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Panneau frontal du IBM 650 Photo : Mike Cowlishaw

«Panneau frontal du IBM 650»
Photo : Mike Cowlishaw (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     Le 8 décembre 1954, un premier IBM 650 est livré à une compagnie d’assurances de Boston. L’appareil est compétitif selon les standards de l’époque : il coûte environ 500 000 US$ et se loge dans un seule pièce. L’IBM 650 devient le premier «computer» à être commercialisé.  Fabriquée d’abord aux États-Unis, cette machine est ensuite produite en France à partir du printemps 1955. Les Français s’interrogent sur le générique à donner à ce produit. Est-ce un «computeur»? Est-ce une «machine processionnelle» ?

     François Girard est alors le responsable de la publicité d’IBM en France. Il a l’idée de consulter Jacques Perret, son ancien professeur de lettres à l’Université de Paris.  Littéralement, un «computer» se traduit de l’anglais par le mot «calculateur». Ce terme ne rend toutefois pas justice aux fonctions remplies par cette nouvelle machine.

     Dans une lettre datée du 16 avril 1955, Jacques Perret s’adresse à Christian de Waldner, président d’IBM France. Il écrit : «Que diriez-vous d’ordinateur?». Le terme réfère à un ancien terme ecclésiastique, à un ordonnateur qui confère un ordre dans l’Église. Le sens religieux étant désuet et si éloigné du sens moderne que la langue française a conservé le terme ordinateur pour désigner le «computer».

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Blason de la commune de La Rochelle, Charente-Maritime, France
Illustation : Yann Gwilhoù, Moktoipas & Syryatsu (2008)
Source : Wikimedia Commons

 

 

     Jean Fonteneau est un personnage méconnu. Né en 1484 en Saintonge, il amorce sa carrière de marin à l’âge de 12 ans. Encore jeune, quelques années plus tard, il épouse Valentine Alfonse, une portugaise. On le surnomme alors Jean Alfonse, et c’est sous ce nom que sa renommée de navigateur se répand avec des voyages commerciaux dans la Baltique, dans la Méditerranée, le long des côtes de l’Afrique, dans l’océan Indien, dans la mer de Chine et le long de la côte est de l’Amérique du Nord, de la Nouvelle-Écosse aux Antilles. Il a la réputation de ne jamais perdre un navire. Ceci lui vaut d’être nommé capitaine pilote du roi François Iᵉʳ afin de conduire une expédition vers le Canada.

     Le 16 avril 1542, trois navires quittent La Rochelle sous la gouverne de Fonteneau dit Alfonse.  Le marin a été recruté par Jean-François de La Rocque de Roberval qui espère établir une colonie et faire fortune au Canada. Roberval a été nommé lieutenant-général du Canada un an plus tôt. La traversée est rapide, mais elle est aussi marquée par une véritable aventure romanesque.  Marguerite La Roque, cousine de Roberval, fait partie de l’équipage au départ de La Rochelle. Son comportement scandalise Roberval qui l’abandonne sur une île du Saint-Laurent avec son amant dont l’Histoire n’a pas gardé le nom et sa servante Damienne.  Marguerite aura un enfant sur l’île mais il décédera tout comme l’amant et la servante.  Elle va vivre plusieurs années seule sur l’île avant d’être rescapée par les Basques. Son aventure est ensuite racontée  par la reine Marguerite de Navarre dans L’Heptaméron et par André Thévet dans sa Cosmographie.

     L’historien Bernard Allaire a étudié le projet de colonisation de Roberval, son déroulement et son échec. Cette tentative de s’établir à l’embouchure de la rivière du Cap-Rouge, dans une colonie que Roberval nomme France-Roy, s’inscrit dans la mouvance de la «rumeur dorée». Cette rumeur se répand au XVIᵉ siècle en Europe : elle veut que le Nouveau Monde regorge de métaux précieux et qu’une voie traverse l’Amérique pour atteindre facilement la mer de l’Ouest et les richesses de l’Asie. L’établissement du cap Rouge est aussi le moment de tester l’efficacité d’une colonie pénitentiaire composée de prisonniers fortunés et rompus à plusieurs métiers. À Cap-Rouge, finalement, le bilan de Roberval est positif. Il maintient l’ordre sans mutinerie, confirme l’existence de métaux et rationalise la possibilité de se rendre rapidement en Asie par une exploration de l’intérieur jusqu’à Hochelaga.

La traversée et le séjour en Amérique de militaires, de colons et de prisonniers, au total plusieurs centaines, s’effectuent sans naufrage et mutinerie; l’ordre est maintenu. La rumeur fait place à la certitude quant aux pierres et métaux découverts. Elle ouvre la porte à plus de réalisme quant à l’atteinte rapide et facile de l’Asie à partir d’Hochelaga. L’expédition de Roberval au site du cap Rouge et l’exploration de l’intérieur jusqu’à Hochelaga constituent enfin une expérience d’acclimatation et de prise de possession de territoire qui facilitera l’enracinement à compter du 17e siècle.