Dépôt alimentaire, Thetford Mines, QC. Photo anonyme (1949). Source : Centre d’archives de la région de Thetford

     Le 13 février 1949, 2 000 mineurs de la Canadian Johns-Manville à Asbestos déclenchent la grève. Trois mille autres mineurs de Thetford Mines les suivent le lendemain. Le conflit oppose les travailleurs regroupés au sein de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) à trois compagnies minières. La grève de l’amiante à Asbestos va devenir un moment important pour le syndicalisme québécois. Les éléments progressistes militants au sein de la CTCC vont prôner une remise en question des relations de travail au Québec.

     Dès le 15 février, le gouvernement de l’Union Nationale dirigé par Maurice Duplessis déclare la grève illégale. Quelques jours plus tard, la Commission des relations ouvrières révoque les certificat d’accréditation des syndicats impliqués dans la grève. La Johns-Manville embauche des briseurs de grève et, par injonction et par la force policière, force l’accès au chantier. Le conflit s’envenime et la violence éclate. Malgré le soutien de l’épiscopat et du clergé catholique du Québec et un important appui financier du mouvement syndical québécois et canadien, l’employeur refuse la négociation. Mᵍᴿ Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal, prononce un sermon en faveur des travailleurs en grève et organise des quêtes pour soutenir les familles de Thetford Mines et d’Asbestos. En mai 1949, les grévistes occupent Asbestos et l’acte d’émeute doit être proclamé.

Plusieurs manifestants sont arrêtés et les chefs syndicaux doivent subir un procès. En juin 1949, grâce à la médiation de Mᵍᴿ Maurice Roy, archevêque de Québec, les négociations progressent et le 24, une entente est conclue avec les travailleurs de Thetford Mines. Le 1ᵉᴿ juillet, la grève se termine aussi à Asbestos. Antonio Barette, ministre du Travail du gouvernement Duplessis, résume la situation dans ses Mémoires publiés en 1966 : «Ce n’est que le 23 juin que les dirigeants de la CTCC décidèrent d’y mettre fin, en ordonnant aux grévistes de retourner au travail. Ils proclamaient avoir gagné la grève. En fait, ils n’avaient rien obtenu depuis le 14 février. Ils devaient d’abord retourner au travail avant de négocier, comme je l’avais toujours demandé». Finalement, l’arbitrage du juge Thomas Tremblay solutionne le conflit par une sentence rendue le 16 décembre 1949.

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Dinner Given by The American Society of Composers, Authors, and Publishers in Honor of its President and Counsel Mr. George Maxwell and Mr. Nathan Burkan, Lüchows

Dinner Given by The American Society of Composers, Authors, and Publishers in Honor of its President and Counsel
Mr. George Maxwell and Mr. Nathan Burkan, Lüchows

Photo anonyme (1914)
Source : Librairie du Congrès

         C’est le 13 février 1914 qu’un groupe influent de musiciens et de créateurs de musique fonde l’American Society of Composers, Authors and Publishers mieux connue comme l’ASCAP.  L’événement survient à l’Hôtel Claridge à New York.  Le premier président de l’ASCAP est l’éditeur George Maxwell.  Cette organisation se spécialise immédiatement dans la gestion des droits d’auteurs des compositeurs, des auteurs et des éditeurs de musique.

     Dès 1917, l’ASCAP obtient un  jugement de la Cour suprême des États-Unis sur la pertinence de leur revendication.  Dans la cause Herbert vs Shanley Co., la question est de savoir si les prestations publiques de musique sont libres de droits ou si elles doivent être faites en dédommageant et en respectant les auteurs.  Le juge Oliver Wendell Holmes déclare alors «If music did not pay, it would be given up.  Whether it pays or not, the purpose of employing it is profit and that is enough».

     L’histoire veut que Victor Herbert devient conscient de la nécessité de défendre les droits des créateurs de musique alors qu’il était dans un hôtel et qu’il entendit une de ses compositions jouée par quelqu’un d’autre. Il savait qu’il n’avait pas été payé pour cette prestation et il trouva injuste qu’on utilise son oeuvre sans son consentement. Dès 1909, Herbert témoigne devant le Congrès américain sur la question des droits d’auteur. Après la fondation de l’ASCAP, il en devient le vice-président et le directeur jusqu’à son décès en 1924.

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Auguste et Louis Lumière en 1895 Source : Institut Lumière

«Auguste et Louis Lumière»
Photo anonyme (1895)
Source : Institut Lumière

     Antoine Lumière est un des pionniers de la photographie. Établi à Lyon dès 1870, il dirige une entreprise dans ce domaine avec l’aide de ses deux fils Auguste et Louis. Ce dernier met au point un procédé de photo instantanée qui assure la renommée et la réussite financière de l’entreprise.

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Le cinématographe Lumière : projection
Illustration de Louis Poyet (v.1895)
Source : Bernard Chardère
Les Lumière : Lausanne, Payot, 1985

     À l’automne 1894, Lumière demande à ses deux fils de se pencher sur la question des images animées. Cette incitation paternelle est le point de départ de ce qui va devenir le cinéma. Les deux hommes, inventifs et curieux, mettent au point le cinématographe dont le brevet est déposé le 13 février 1895.

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«Extrait de L’Arroseur arrosé»
Photo de Louis Lumière (1895)
Source : Wikimedia Commons

     Le brevet est pris conjointement par les deux frères, bien que le principe eut été découvert par Louis. Le fonctionnement est décrit ainsi dans le brevet: «Le mécanisme de cet appareil a pour caractère essentiel d’agir par intermittence sur un ruban régulièrement perforé de manière à lui imprimer des déplacements successifs séparés par des temps de repos pendant lesquels s’opère soit l’impression, soit la vision des épreuves». Bref, un fonctionnement similaire à la machine à coudre avec un tissu qui avance et s’immobilise, le temps de la mise au point de l’image.

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