Drapeau du Swaziland adopté en 1967

     Le Swaziland devient un protectorat britannique en 1902, après la guerre des Boers. Le gouverneur britannique du Transvaal administre le territoire dès 1903. Puis, en 1907, l’administration du Swaziland est confiée au haut-commissaire britannique pour l’Afrique du Sud.  Cette situation perdure jusqu’en 1961. L’Angleterre prépare alors une réforme politique qui permettra aux Swazis d’obtenir le droit à l’auto-détermination.

     C’est en 1963 que la Grande-Bretagne promulgue la constitution qui permet ce changement. Après l’établissement d’un Conseil législatif en 1964, le Swaziland tient ses premières élections en 1967 dans un régime de monarchie constitutionnelle.

      La domination du parti Imbokovo est évidente à l’issu du scrutin. C’est le seul parti en lice. Le prince Makhosini Dlamini, premier ministre élu, fixe alors avec Londres les conditions de l’indépendance du pays qui est proclamée le 6 septembre 1968. Depuis, la politique interne est tiraillée par l’opposition entre les partisans de la démocratie et ceux de la monarchie absolue.  La constitution actuelle interdit toujours l’existence des partis politiques !

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Seconde bataille des caps de VirginiePhoto : V. Zveg (1962)Source : NH 73927-KN

     Le 5 septembre 1781, une bataille navale a lieu à l’embouchure de la baie de la Cheasapeake, au large des caps de Virginie. Elle oppose la flotte française commandée par le contre-amiral François Joseph Paul, comte de Grasse, à la flotte anglaise dirigée par le contre-amiral Thomas Grave.

     Dès le printemps 1781, les Américains avaient appris qu’une importante flotte française naviguait vers la côte est de l’Amérique du Nord afin de les aider dans leur lutte pour l’indépendance. Le 28 août 1781, ce sont 24 navires portant 1 700 canons et 3 000 hommes qui prennent position  à l’entrée de la Cheasapeake.

     D’un point de vue tactique, la bataille se déroule au large de la baie, dans l’océan Atlantique. Les deux belligérants semblent à force égale. Cependant, la précision du tir des canonniers français force les Anglais à retraiter à l’issue du combat. D’un point de vue stratégique, le gain est majeur : la flotte anglaise ne peut entrer dans la baie de la Cheasapeake pour aller soutenir les troupes britannique de Charles Cornwallis assiègées à Yorktown en Virginie.  La défaite subséquente de Cornwallis scelle la victoire américaine lors de la guerre d’Indépendance des États-Unis.

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Reading the Order of expulsion to the Acadiansin the parish Church at Grand Pré, in 1755Reproduction d’une aquarelle de Charles W. Jefferys (vers 1920)Source : BAC-Mikan 2897199

     John Winslow joue un rôle important dans la conquête du fort Beauséjour en Acadie et dans l’éviction des Francais de l’isthme de Chignectou en 1755.  Second du lieutenant-colonel Robert Monckton, il reçoit l’ordre de marcher sur Grand-Pré, le principal centre acadien de la région des Mines. Le 19 août 1755, l’armée anglaise établit ses quartiers dans l’église et le presbytère de Grand-Pré. Le 5 septembre suivant, tous les hommes de l’endroit y sont convoqués. Winslow lit en anglais aux 418 prisonniers l’«ordre de déportation». Isaac Deschamps, un huguenot bilingue, sert d’interprète aux Acadiens.

    Ils apprennent avec horreur que les Anglais sont autorisés par le gouvernement de Londres à confisquer leur terres, leurs maisons et leurs bétails. De plus, ils doivent être transportés et exilés vers des destinations qui leur sont inconnues. Dès le 10 septembre 1755, un premier embarquement d’Acadiens à lieu à bord de voiliers ancrés à l’embouchure de la rivière Gaspareaux.  Des familles sont déchirées : 230 hommes sans leurs femmes et leurs enfants sont entassés dans la cale des navires à destination d’une terre d’exil. C’est le «Grand Dérangement», comme la déportation a été surnommée par les Acadiens. Plus de 7 000 habitants de l’Acadie désarmés et sans défense sont dispersés et abandonnés dans les colonies britanniques de la côte Atlantique. Pour tous, c’est la désolation ; pour plusieurs, en raison de la malnutrition, de l’entassement sur les bateaux et de la maladie, c’est la mort.

     Malgré leur éparpillement, les Acadiens conservent leur identité nationale. Après 1764, de nombreux exilés reviennent dans la région de leurs origines. Leurs terres ont été données à des colons anglais et les Acadiens doivent rebâtir leurs communautés. Leur résilience aboutit à la fin du XIXᵉ siècle par l’adoption de symboles nationaux qui ne laissent aucun doute à leur attachement à la langue française et à la foi catholique. Deux cents ans après la déportation, des célébrations importantes de l’identité acadienne sont organisées en Acadie, au Québec, en France et aux États-Unis. En 1961, Grand-Pré devient un lieu historique national du Canada. En 1988, Nelson Landry publie dans L’Acadie nouvelle un éditorial intitulé «La Grande-Bretagne nous doit des excuses». Le débat est lancé et, en 1990, l’avocat acadien Warren Perrin initie un projet de demande d’excuses au Royaume-Uni. Poussé par la Société nationale de l’Acadie, le dossier prend de l’ampleur à la fin du XXᵉ siècle. En 2003, une proclamation royale reconnaît les torts causés par la déportation et désigne le 28 juillet comme journée de commémoration du Grand Dérangement. En 2012, l’Unesco reconnaît le Paysage de Grand-Pré comme site du patrimoine mondial et y voit un symbole de ré-appropriation de la terre ancestrale des Acadiens «dans un esprit de paix et de partage culturel avec la communauté environnante».

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