Bastille. Façade orientale

Reproduction d’un dessin anonyme daté d’environ 1790-1791 et conservé à la Bibliothèque nationale de France (s.d.)

Source : Wikimedia commons

 

     François Bigot est le dernier intendant de la Nouvelle-France. Il est en poste à Québec au moment de la Conquête. Après la capitulation de Montréal et de toute la colonie, il retourne en France en septembre 1760 à bord du Fanny, un navire britannique mis à sa disposition particulière selon les termes de l’article 15 de la capitulation qui se lit : « Il en sera de même destiné un pour le passage (en France) de M. Bigot, intendant, et de sa suite, dans lequel vaisseau il sera fait les aménagements convenables pour lui et les personnes qu’il emmènera; il y embarquera également ses papiers, qui ne seront point visités, ses équipages, vaisselles et bagages et ceux de sa suite; ce vaisseau sera pourvu de subsistance comme il est dit ci-devant ».

     Le 17 novembre 1761, Bigot est emprisonné à la Bastille dans un des épisodes de « l’Affaire du Canada ». Ce procès criminel est intenté par l’État français contre plusieurs officiers civils et militaires ainsi que contre plusieurs marchands, tous accusé d’abus de confiance et de conflits d’intérêts. La procédure judiciaire se déroule à Paris. En tout 57 individus, dont deux étaient décédés furent accusés d’abus en raison de leurs agissements durant l’intendance de Bigot.

     Ces graves accusations aboutissent en 1763 par plusieurs condamnation qui visent, selon des recherches récentes, à permettre au trésor royal de racheter à rabais le papier-monnaie émis pour payer les dépenses dans la colonie. Un montant de 74 689 972 livres aurait ainsi été économisé. Quant à Bigot, il est condamné à l’exil. Il termine ses jours à Neuchâtel à Suisse, vivant dans une certaine opulence en raison de l’aide financière qu’il reçoit d’Abraham Gradis, un de ses anciens partenaires d’affaires.

#######

 

 

 

« Logo de l’UNESCO »

Dessin : Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (2015)

Source : Wikimedia Commons

     L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a pour origine la Conférence des ministres alliés de l’Éducation qui se réunit une première fois à Londres le 16 novembre 1942. Ses travaux se poursuivent jusqu’en 1945. La conférence propose la tenue d’une réunion pour établir une organisation éducative et culturelle au sein des Nations unies.

     Cette conférence a lieu en novembre 1945, de nouveau à Londres. Le 16 novembre 1945, trente-sept pays signent l’Acte constitutif de l’UNESCO dont l’entrée en vigueur se fait le 4 novembre 1946 lorsque vingt pays l’ont ratifié.

     La mission de l’UNESCO est de promouvoir la paix dans le monde. Ce mandat est rempli en valorisant l’éducation, les sciences exactes, sociales et humaines, la culture, la communication et l’information. L’UNESCO a son siège à Paris.

#######

« L’exécution de Louis Riel »

Gravure anonyme publiée dans Le Monde illustré (5 décembre 1885)

Source : BANQ

 

     Louis Riel est le chef des Métis lors de la rébellion de la Rivière Rouge en 1869. Il agit comme président du Comité national des Métis. Après avoir forcé l’arrêt du mesurage des terres du Nord-Ouest par les arpenteurs ontariens, les Métis s’emparent du poste de la Hudson Bay Company à Upper Fort Garry. Agissant à titre de gouvernement provisoire, le Comité négocie l’adhésion des habitants du Nord-Ouest dans le nouveau « Dominium du Canada », ce qui aboutit en 1870 par la création de la province du Manitoba. Malheureusement, durant cette période, une cour martiale métisse condamne l’aventurier Thomas Scott à mort par peloton d’exécution. Scott, irlandais d’origine, devient le martyr des anglophones protestants et orangistes et sa mort devient pour eux le symbole de l’hostilité des Métis envers l’Ontario.

     Durant la décennie qui va suivre, Riel se réfugie aux États-Unis. Même s’il est élu député de la Chambre des communes, il ne pourra jamais y siéger étant contraint à l’exil en raison de sa condamnation pour le meurtre de Scott. Il est également atteint d’une forme de mysticisme religieux qui force ses proches à le faire interner dans des « hôpitaux pour lunatiques » du Québec entre 1875 et 1878. Il se rend ensuite au Montana jusqu’en 1884, date où il accepte de revenir dans le Nord-Ouest canadien. Convaincu qu’il est un prophète du Nouveau Monde, Riel organise et dirige la rébellion du Nord-Ouest. Après une série de batailles, Riel se rend aux éclaireurs de la Police à cheval du Nord-Ouest le 15 mai 1885.

     Le 6 juillet suivant, Riel est accusé de trahison. Son procès se déroule à Regina. Bien que son avocat tente de plaider l’aliénation mentale, Riel réclame un procès politique. Amené à la barre, Louis Riel fait un discours virulent lorsqu’il s’adresse au jury. Il est finalement reconnu coupable; les nombreux appels à la clémence ne peuvent le sauver. Son exécution est reportée trois fois, sous une pression populaire grandissante, surtout au Québec. Rien n’y fait, le verdict est maintenu en appel. Le 16 novembre 1885, Louis Riel est pendu à Regina. Depuis sa mémoire a été partiellement réhabilitée puisqu’il est considéré comme le fondateur du Manitoba et comme un des Pères de la Confédération.

#######