La Barricade Aquarelle sur papier d'Édouard Manet (1871) Source : Musée de beaux-arts de Budapest

La Barricade
Photo anonyme d’une aquarelle sur papier
d’Édouard Manet datant de 1871 (s.d.)
Source : Musée des beaux-arts de Budapest

     Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris sur la butte Montmartre. Les Parisiens se révoltent. Humiliés par la signature de l’armistice avec la Prusse, les soldats de la Garde nationale parisienne refusent de remettre leurs canons. Ce mouvement populaire regroupe aussi les travailleurs de la capitale française. Le gouvernement d’Adolphe Thiers, lui, est réfugié à Versailles. La Commune de Paris débute.

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La barricade de la place Blanche défendue par des Femmes
Reproduction d’une lithographie Barousse
(v. 1871)
Source : Léonce Schérer.  Souvenirs de la Commune : Paris, Deforet & César, 1871

     Des militants socialistes, des anarchistes, des utopistes et des jacobins nostalgiques de 1789 prennent le contrôle de Paris. Le 26 mars, des élections municipales sont organisées. Deux jours plus tard, la Commune est proclamée officiellement. Paris est ensuite soumise au siège de l’armée républicaine française. Fin mai, le soulèvement de la Commune de Paris est réprimée lors de la Semaine sanglante.

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François Furet
Photo anonyme (ca1997)
Source : www.academie-francaise.fr

     La Commune de Paris ne dure que deux mois. Ses conséquences immédiates sont mineures. Pourtant, à long terme, elle laisse la France divisée entre la gauche et la droite. Karl Marx écrit dès 1871 un texte sur La guerre civile en France 1871 (La Commune de Paris). Plusieurs historiens soviétiques associent la Commune à la généalogie de la Révolution russe. D’autres historiens, comme François Furet, dénonce le surinvestissement d’interprétations de la Commune de Paris et rappelle l’importance de la conjoncture de 1871 dans le soulèvement.

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«L’ancien Collège des Jésuites depuis la tour de la basilique, Québec, QC»
Photo : Livernois ( v. 1870)
Source : Wikimedia Commons

     C’est en 1637 que les Jésuites présentent à la Compagnie des Cent-Associés leur projet de bâtir  une maison d’éducation à Québec afin d’instruire les enfants des Autochtones et des habitants de la colonie. Déjà six jeunes Hurons provenant de leurs missions au coeur du continent sont avec eux dans la capitale. La Compagnie accorde aux Jésuites douze arpents de terre pour construire un collège et séminaire avec église et logements. Cette concession est faite le 18 mars 1637 à Paris.

     Cet emplacement se trouve à la Haute-Ville de Québec. Sa construction débute en 1647 avec un agrandissement important en 1725. Une belle église attenante est construite en 1666 et démolie en 1807. L’édifice est occupé par les troupes anglaises après 1759 et devient une caserne de 1776 à 1871. L’ensemble est démoli en 1877.

     La première aile construite en 1647-1648 porte le nom de Maison des Offices et contient des classes et des bureaux. C’est le seul endroit de colonie où on offre des études secondaires. La seconde aile, nommée Grande Maison, est érigée en 1650 et sert de résidence aux religieux. L’église, elle, se trouve sur la rue des Jardins.  Sa tour possède la seule horloge à aiguilles de la Haute-Ville.

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Maurice «Rocket» Richard lance un appel au calme à ses supporters (1955) Source : RDS.ca

«Maurice «Rocket» Richard lance un appel au calme à ses supporters»
Photo anonyme (1955)
Source : RDS.ca

     En décembre 1954, le hockeyeur Maurice Richard reçoit une amende de 250 $. La sanction est imposée par Clarence Campbell, le président de la Ligue Nationale de Hockey. Richard est puni pour avoir lancer son gant au visage d’un juge de lignes après une altercation avec un adversaire. Le 13 mars 1955, Maurice Richard reçoit un violent coup de bâton à la tête lors d’un match au vieux Garden de Boston. Il réplique, assomme son agresseur Hal Laycoe, puis bouscule le juge de lignes Cliff Thompson. Campbell va sévir à nouveau. Le 16 mars, le verdict tombe : Richard est suspendu pour les trois derniers matchs de la saison et pour les séries éliminatoires.

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L’«émeute Maurice Richard»
Photo anonyme (1955)
Source : La Presse Canadienne

     Le 17 mars 1955, les Canadiens de Montréal reçoivent les Red Wings de Détroit au Forum de Montréal. Lorsque le président Campbell se présente à la rencontre, la violence éclate. Campbell est agressé physiquement et une bombe lacrymogène force le report du match. Le Forum est évacué et la démonstration populaire contre la sanction tourne à l’émeute.

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Bloc-Notes. On a tué mon frère Richard
Photo numérisée de l’article original d’André Laurendeau (2015)
Source : Le Devoir

   L’événement n’est pas un simple fait divers. Richard est alors le héros des Canadiens français. En mars 1955, au moment de sa suspension, il est à quelques matchs de remporter le championnat des marqueurs de la ligue. Pour Campbell, le célèbre numéro 9 est plutôt un employé récalcitrant qu’il faut remettre à sa place. La présence du président de la LNH au Forum prend, dans ces circonstances, des allures de provocation. Même Jean Drapeau, le maire de Montréal, condamne sa présence. L’émeute du Forum est souvent présenté e comme le prélude de la Révolution tranquille, la première étincelle du réveil de la nation québécoise. André Laurendeau écrit, dans Le Devoir du 21 mars 1955 , un article intitulé «Suspension de Rocket : on a tué mon frère Richard».  Son titre fait allusion à la phrase jadis prononcée par Honoré Mercier : «On a tué mon frère Riel…».  La plume de Laurendeau laisse une analyse percutante de causes de cette violence : «Le nationalisme canadien-français paraît s’être réfugié dans le hockey. La foule qui clamait sa colère jeudi soir dernier n’était pas animée seulement par le goût du sport ou le sentiment d’une injustice commise contre son idole. C’était un peuple frustré, qui protestait contre le sort. Le sort s’appelait, jeudi, M. Campbell; mais celui-ci incarnait tous les adversaires réels ou imaginaires que ce petit peuple rencontre». Le lendemain de l’émeute qui a fait pour une centaine de milliers de dollars de dommage sur la rue Sainte-Catherine, Maurice Richard fait une déclaration à la radio pour demander à ses partisans de cesser la violence.

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