«René Lévesque»
Photo anonyme (s.d.)
Source : Robert Bertand, «René Lévesque Pays-Québec» dans www.pinterest.com

 

     Le 20 décembre 1979, le gouvernement dirigé par le René Lévesque et le Parti québécois dépose à l’Assemblée nationale du Québec la question référendaire qui sera posée lors du référendum sur la souveraineté-association prévu pour 1980. Le libellé de la question est «Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples. Cette entente permettrait au Québec d’acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie. Aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum. En conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada?».

     En mars 1980, durant trois semaines, un débat parlementaire sur la question a lieu. Les propos sont particulièrement chargés chargé d’émotions. Député de Taillon, le premier ministre Lévesque fait cette déclaration en Chambre le 4 mars : «Qu’est-ce qu’elle dit cette question ? D’abord, elle pose le principe sur lequel tout le reste s’appuie, le principe de l’égalité des deux peuples qui composent le Canada actuel /…/ Sur le plans des droits et des intérêts fondamentaux, de l’exercice de ces droits /…/ et de la question de ces intérêts, c’est d’égal à égal que tous les peuples qui se respectent doivent établir leurs relations. La question proposée précise ensuite l’entente par laquelle, et par laquelle seulement, ce principe pourra s’appliquer /…/». Claude Ryan, chef de l’opposition officielle, qualifie la question d’«emberlificotée» et dénonce la dilution de l’option péquiste en faveur de l’indépendance.

     Après trente-cinq heures de débat, le 20 mars 1980, la question référendaire est adoptée à la majorité des députés de l’Assemblée nationale du Québec. Dans cette joute oratoire, les députés du Parti québécois gagnent le face-à-face. En mars 1980, les souverainistes dominent les sondages. Par exemple, le 15 mars, selon l’Institut québécois d’opinion publique, le Oui recueille 52% des intentions de vote contre 48% pour le Non.

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Le Maurice et d'autres Indiamen à Marsiep Huile sur toile d'Hendrick Cornelis Vroom (XVIIe siècle) Source : Rijksmuseum Amsterdam

«Le Maurice et d’autres East Indiamen»
Photo anonyme d’une huile sur toile d’Hendrick Cornelis Vroom du XVIIe siècle (s.d.)
Source : Rijksmuseum, Amsterdam

     Au début du XVIIᵉ siècle, des expéditions outre-mer sont lancées par plusieurs compagnies néerlandaises de taille modeste. Leur faible pouvoir commercial et politique rend ces entreprises vaines. L’avocat des États de Hollande, Johan van Oldenbarnevelt, entreprend alors de réunir les compagnies des Provinces-Unies impliquées dans le commerce outre-mer. Cette fusion débouche le 20 mars 1602 sur la création de la Compagnie des Indes orientales.

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«Logo de la Verenidge Oost-Indische Compagnie»
Reproduction numérique de Goldradir (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     Cette compagnie est connue sous le monogramme VOC, d’après son nom en néerlandais. Son objectif est de commercer avec les pays de l’océan Indien et de l’Insulinde. L’attrait est d’abord celui des épices mais, au fil des ans, la VOC se diversifie. À force de conquêtes, cette entreprise privée va créer le deuxième empire colonial mondial au XVIIIᵉ siècle, devançant des pays comme la France et l’Espagne. Seul l’empire britannique prime sur la VOC en terme de richesses.

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«VOC gravé à l’entrée du fort de Bonne-Espérance, Le Cap»
Photo : Andrew Massyn (2007)
Source : Wikimedia Commons

     La Verenigde Oost-Indische Compagnie est ainsi pendant deux siècles un des piliers de la puissante bourgeoisie néerlandaise et un des moteurs du développement du capitalisme en Europe. Par exemple, la VOC est la première compagnie anonyme de l’histoire à être doter d’un capital divisé en actions. La compagnie reçoit alors le monopole du commerce des Provinces-Unies autour du Cap de Bonne-Espérance et du Cap Horn. Son capital est investi pour une période de 10 ans renouvelable afin de permettre l’affrètement de navires aux meilleurs conditions possibles.

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La Salle proclamant la Louisiane territoire français Lithographie de Jean-Adolphe Bocquin. Imprimée à Paris chez lemercier & Cie (ca1870)

Prise de possession de la Louisiane et du Fleuve Mississipi
Reproduction d’une lithographie couleur attribuée à Jean-Adolphe Bocquin (v. 1870)
Source : The Historic New Orleans Collection

     Cavelier de La Salle est un personnage controversé de l’histoire de la Nouvelle-France. Son rôle dans l’exploration du Mississipi reste à préciser. Certains historiens lui attribuent le mérite d’avoir trouvé la route vers ce grand fleuve, avant Louis Jolliet et Jacques Marquette en 1673.  Les sources restent cependant contradictoires sur la véridicité de cette découverte. Quoiqu’il en soit, il est sûr que Cavelier de La Salle est le premier à avoir exploré l’embouchure du Mississipi. En 1682, il prend possession de ce territoire pour la France et crée ainsi la Louisiane, en honneur du roi Louis XIV.

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R. René Cavelier de La Salle
Reproduction d’une estampe anonyme (s.d.)
Source : BAC

    Le détail du récit des aventures de La Salle en Louisiane peut sembler rocambolesque. Il suffit de rappeler qu’en 1684, il est chargé par le roi de fonder un établissement français aux bouches du Mississipi. Son expédition connait plusieurs péripéties pour finalement aboutir à la construction d’un fort au Texas. Des recherches archéologiques récentes ont d’ailleurs permis de retrouver les vestiges d’un de ses navires, La Belle, ainsi que de son établissement, le fort Saint-Louis.

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Bronze cannons found during excavation
Photo anonyme (v. 1995-2002)
Source : The Texas Historical Commission

   L’entreprise de Cavelier de La Salle en Louisiane vire à la catastrophe. En 1687, il ne reste plus qu’une quarantaine de survivants du groupe initial de 180 personnes. En janvier, La Salle forme un groupe de dix-sept personnes pour remonter vers le pays des Illinois à la recherche de secours. Mal lui en pris : une mutinerie se développe chez certains de ses compagnons. Le 19 mars 1687, quelques traîtres l’attirent dans une embuscade. Cavelier de La Salle est abattu d’une balle à la tête. Son cadavre est abandonné, nu, en pâture aux bêtes sauvages. Ses assassins, eux, s’entretuent sur la route du retour. Les deux seuls survivants finissent dans une prison espagnole…

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Place en mémoire de René Robert Cavelier de La Salle à Rouen, France
Photo : Bodoklecksel (2008)
Source : Wikimedia Commons

 

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