«The Panic – Run on the Fourth National Bank, No. 20 Nassau Street»Reproduction d’une gravure sur bois anonyme publiée dans le Frank Leslie’s Illustrated Newspaper(4 oct.1873), p. 67Source : Librairie du Congrès

     Au début des années 1870, une série de mauvais prêts hypothécaires mine l’économie européenne. Lorsque survient une chute du prix des aliments au printemps 1873, l’Europe centrale vit un véritable krach. Les banques continentales coulent une après l’autre tandis que les banques anglaises retiennent leur capital. Les coûts du crédit deviennent prohibitifs et la crise s’étend à l’Amérique à l’automne suivant.

     Les compagnies de chemin de fer américaines avaient alors construit des instruments financiers complexes qui ne résistent pas à la défaillance du crédit. Les investisseurs deviennent sceptiques sur la solidité réelle de ces compagnies. Lorsque la Northern Pacific Railway lance une nouvelle émission obligataire, la méfiance s’installe.

     Le 18 septembre 1873, la Jay Cooke & Co. fait faillite et ferme ses portes. Elle était un des plus importants bailleurs de fonds des compagnies ferroviaires et la première banque américaine. La panique s’empare de Wall Street et le marché boursier s’effondre. Le marasme économique s’installe pour quatre ans aux États-Unis et pour deux années de plus en Europe.

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«Vue de la maison de l’évêque et des ruines, à partir de la côte à gravir pour passer de la basse-ville à la haute-ville»Reproduction d’un dessin de Richard Short fait en 1760 et gravé en 1761 (s.d.)Source : BAC

 

 

    Le montréalais  Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay est lieutenant du roi en 1759. Au début du siège de Québec, il est responsable de la défense de la Haute-Ville. Il a sous ses ordres 700 soldats, quelques canonniers et des miliciens issus de la bourgeoisie locale. Malade, il doit être hospitalisé à l’Hôpital Général de Québec au milieu d’août. C’est là qu’il se trouve lorsque la bataille des plaines d’Abraham a lieu le 13 septembre. Après la défaite française, Montcalm mourant, Ramezay revient dans la ville pour prendre le commandement des troupes françaises. Il participe au conseil de guerre le 13 au soir. La retraite de l’armée française vers le fort Jacques-Cartier est voté mais Ramezay reçoit l’ordre de tenir la ville aussi longtemps que possible sans avoir à soutenir une attaque.

     Le lendemain Ramezay passe ses troupes en revue : il dispose de 2 200 hommes et de rations pour environ huit jours. Il reçoit le 15 septembre une «Requeste des Bourgeois de Québec» lui demandant de capituler honorablement pour éviter de nouveaux bombardements sur la ville. Il convoque un nouveau conseil de guerre avec les officiers restés à Québec. Treize sur quatorze se prononcent en faveur de la capitulation. Vers 15 heures, le 17 septembre 1759, Ramezay fait hisser le drapeau blanc et négocie les termes de la capitulation avec l’amiral Charles Saunders et le général George Townshend. À 23 heures, Ramezay accepte la capitulation de Québec, ne tenant pas compte d’un nouvel ordre qu’il reçoit du gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnal qui l’enjoint de tenir bon à Québec jusqu’à l’arrivée des renforts.

    La capitulation de Québec continent onze articles. Les deux premiers articles stipulent que la garnison française reçoit les honneurs de la guerre et que les habitants de Québec peuvent conserver leurs maisons. D’autres articles précisent que le pardon est accordé aux miliciens, que les maisons vacantes ne doivent pas être pillées, que les habitants de Québec ne seront pas déportés et que le catholicisme sera toléré. On trouve aussi des articles sur l’inventaire des armes, sur les blessés et sur les modalités de la reddition. Le 18 septembre 1759, au matin, la capitulation de Québec est signée.

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Expédition boréale canadiennePhoto anonyme d’une coupure de presse de 1904 (s.d.)Source : BANQ

 

     Dès l’âge de 17 ans, Joseph-Elzéar Bernier est capitaine d’un navire qui sillonne le Saint-Laurent et l’Atlantique Nord. À partir de 1895, il commence à échafauder des projets de navigation dans les zones nordiques. Cette époque est caractérisée par l’absence d’une présence gouvernementale dans le Nord. Comme conséquence : l’archipel articque est libre d’accès et libre d’action de tous les étrangers.  Le capitaine Bernier fait alors la promotion de l’exploration des territoires artiques auprès du grand public, auprès des sociétés savantes et auprès des gouvernements. Ses premières demandes d’assistance auprès du gouvernement du Canada sont rejetées ; mais, après l’intrusion des plusieurs baleiniers américains en eaux artiques canadiennes, le gouvernement fédéral lui accorde le financement nécessaire à une première expédition d’exploration.

     En 1904, J.-E. Bernier achète le Gauss, un brigantin allemand construit à Kiel. Le voilier est rebaptisé Artic. C’est à bord de ce navire gouvernemental qu’il dirige des expéditions vers l’artique de 1904 à 1911. Il collecte alors des droits de douane aux chasseurs et aux commerçants qui sillonnent ces eaux. En 1909, sur l’île Melville, Bernier appose une plaque sur Parry’s Rock afin de revendiquer la souveraineté du Canada sur l’archipel artique.

     Le 17 septembre 1904, vers une heure de l’après-midi, une foule importante est rassemblée sur les quais de Québec. Le capitaine Bernier quitte la capitale à ce moment pour son premier périple dans les eaux glaciales du Nord.  Le voyage doit durer trois ans : sur le quai du Roi, une fanfare joue des airs patriotiques. Bernier est maître d’équipage et l’expédition est commandée par le major John Douglas Moodie, un membre expérimenté de la police du Nord-Ouest. Le départ s’est presque fait sans Bernier, pourtant l’âme du projet. Humilié de ne pas commander l’expédition qu’il avait si longtemps souhaité, il refuse d’abord d’en faire partie. Finalement, ravalant son orgueil, le capitaine Joseph-Elzéar Bernier accepte de prendre charge de la navigation et de la sécurité de l’Arctic dans cette aventure extraordinaire.

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