Charles DarwinCopie numérique d’un photo deMaull & Polyblank datant de 1855 (s.d.)Source : NPG

     Le 24 novembre 1859, le biologiste Charles Darwin publie une étude qui va bouleverser le dogme de l’immuabilité de la nature depuis sa création. Le titre en résume bien la portée : De l’Origine des espèces par la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie.

     Le livre de Darwin connait un succès immédiat. Les 1 250 exemplaires du tirage initial sont vendus la journée même. Depuis, sa théorie sur l’évolution a fait le tour du monde.

     L’édition originale chez John Murray avec une couverture rigide verte est un livre de collection qui atteint plus de 200 000$ sur le marché. Darwin fera cinq autres éditions de son livre avec plusieurs améliorations et modifications à sa théorie.

#######

Robert Nelson, M.D.Photo : Studio of Inglis (1873)Source : BANQ

     Robert Nelson est mis en prison le lendemain de la bataille de Saint-Denis. Ce médecin de grande compétence est également député de Montréal-Ouest. Orateur véhément et membre actif du Comité central et permanent du district de Montréal, Robert Nelson ne prend pas les armes en 1837. Son arrestation comme suspect est probablement due au lien étroit qu’il entretient avec son frère Wolfred Nelson qui dirige les troupes patriotes lors de la victoire de Saint-Denis.

     Relâché le lendemain en raison d’une irrégularité judiciaire, Nelson est furieux de son arrestation arbitraire. Selon Joseph-Amédée Papineau, il écrit sur un mur de sa cellule : «Le Gouvernement anglais se souviendra de Robt. Nelson». Il quitte immédiatement le Bas-Canada pour les États-Unis où il prend la tête des réfugiés patriotes.

     Robert Nelson développe alors une stratégie pour tenter de reprendre le Bas-Canada des mains des Britanniques. Avec l’aide d’autres Patriotes, Nelson organisent des conférences pour faire valoir son point de vue. Au début de janvier 1838, il participe à une réunion à Middlebury au Vermont où les Patriotes modérés et les Patriotes radicaux débattent de l’opportunité d’établir un gouvernement provisoire. Les revendications et les moyens d’action des radicaux sont retenus : Robert Nelson est alors élu général de l’armée patriote et président de la République du Bas-Canada.

#######

Wolfred NelsonPhoto anonyme d’un dessin au crayon de plomb de Jean-Joseph Girouard fait en 1837 (s.d.)Source : BAC

     Le 23 novembre 1837, un contingent de 300 soldats de l’armée britannique dirigés par le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore attaque le village de Saint-Denis, au sud de la rivière Richelieu. Les troupes anglaises ont marché toute la nuit au froid et à la pluie pour atteindre Saint-Denis où 200 miliciens patriotes les attendent de pied ferme, barricadés dans des bâtiments de pierre à l’entrée du village.

     La bataille tourne à l’avantage des Patriotes. Prévenus de l’arrivée des Anglais, ils bénéficient de l’effet de surprise. Retranchés au sec avec un meilleur positionnement stratégique, les Patriotes repoussent l’attaque des Anglais obligés de manoeuvrer dans la boue. Après six heures de combat, Gore sonne la retraite. Les pertes des Patriotes s’élèvent à douze morts et sept blessés. Les Britanniques, eux, comptent six morts, dix blessés et six disparus.

    La victoire des Patriotes est largement attribuable au leadership du docteur Wolfred Nelson. Des proches rapportent qu’il déclare au début du combat : «Un peu de courage et la victoire est à nous» ! Ce politicien anglophone paiera cher son titre de héros de Saint-Denis. Capturé comme un traître en décembre 1837, il subit l’année suivante l’exil aux Bermudes loin de sa femme et de ses enfants. Il reviendra à Montréal en 1842 après une procédure de nolle prosequi menée par le procureur général de l’époque, Louis-Hyppolite La Fontaine.

#######