David Kirke 1597-1654 Dessin de Wendy Churchill (1999) Source : Queen Elizabeth II Library, Memorial University, St. John's, NL

David Kirke 1597-1654
Reproduction d’un dessin de Wendy Churchill (1999)
Source : Queen Elizabeth II Library
Memorial University
St. John’s, NL

 

     David Kirke est chargé en 1627 par la couronne britannique d’évincer les Français du Canada. La guerre fait rage en Europe. Son expédition est commanditée par une compagnie de marchands de Londres dont son père, Gervase, fait partie. Cette aventure est une véritable affaire de famille puisque David est accompagné de ses quatre frères à bord de la flottille de trois navires qui fait voile à travers l’Atlantique.

    À l’été de 1628, Kirke et ses hommes sont à Québec. Ils font quelques prisonniers mais retournent en Angleterre devant la résistance de la petite colonie française dirigée par Samuel de Champlain. De retour l’année suivante, les Kirke obtiennent la reddition de Québec. Durant près de trois ans, les Anglais règnent sur la capitale de la Nouvelle-France. Les sources manquent pour décrire la vie à Québec durant cette période.

     De retour en France, Champlain apprend que la prise de Québec est survenue après que la paix eut été déclarée entre la France et la Grande-Bretagne. Le 29 mars 1632, le traité de Saint-Germain-en-Laye met officiellement fin au conflit. Québec et l’Acadie sont alors rétrocédés à la France. La domination de la «Company of Adventurers of Canada» sur Québec est terminée.

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Le monument «Québec, Printemps 1918» Sculpture d'Aline Martineau (1998) Photo : Bouchecl (1912)

Québec, Printemps 1918
Photo de Bouches d’une sculpture d’Aline Martineau inaugurée en 1998 et commémorant le souvenir des quatre victimes de 1918 (2012)
Source : Wikimedia Commons

     L’appui des Québécois de langue française à la participation canadienne lors de la Grande Guerre évolue entre 1914 et 1918. Au départ, la société québécoise est favorable à cette participation. Cette situation se modifie par la suite. Votée en juillet 1917, la conscription s’avère impopulaire au Québec. Le rejet de cette mesure explique largement le peu de votes que le parti conservateur de Robert Borden reçoit au Québec lors de sa victoire aux élections de décembre 1917. La crise de la conscription, latente depuis des mois, va éclater.

     Dès janvier 1918, près de 400 000 hommes sont appelés au combat. Le recrutement connait aussi des ratés, surtout au Québec. Plusieurs stratagèmes sont utilisés pour éviter la conscription. Des policiers spéciaux surnommés «spotters» sont embauchés par le gouvernement fédéral pour identifier ceux qui se cachent afin d’éviter le service militaire. Le 28 mars 1918, une méprise de deux «spotters» mène à l’arrestation de Joseph Mercier à Québec. Mercier a pourtant des papiers d’exemption. Il est relâché mais l’affaire dégénère. Plusieurs milliers de personnes prennent les «spotters» à partie. La police leur permet de fuir mais ne peut contenir la foule.

     Le lendemain, plus de quinze mille personnes manifestent contre la conscription à la place D’Youville de Québec. Le bâtiment où se trouve les dossiers des conscrits se trouve à proximité. Des vandales saccagent l’immeuble et y allument un incendie. Le 30 mars 1918, les manifestants sont réunis au manège militaire de la Grande Allée. La cavalerie charge la foule qui réplique à coup de pierres. Une accalmie survient pour Pâques, célébrée le 31 mars cette année-là. La manifestation contre la conscription se déroule pacifiquement à la place Jacques-Cartier. Malgré cela, le gouvernement Borden expédie par train 10 000 soldats armés à Québec en provenance de l’Ontario et du Manitoba. Le 1ᵉʳ avril, les affrontements entre les manifestant et l’armée virent à la catastrophe. Quatre hommes sans antécédents sont tués à coup de mitrailleuse et de fusils par les militaires. Une trentaine de manifestants sont blessés. La crise de la conscription atteint son paroxysme. Le Canada est divisé. D’un côté, les Canadiens anglais sont favorables à une participation accrue à la défense de l’Empire britannique. De l’autre, les Canadiens français refusent la conscription qui met en péril leurs structures familiales autarciques au service d’une guerre où ils ont l’impression de servir de chair à canon.

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Charles Huault de Montmagny Artiste inconnu Source : Archives de la Ville de Montréal

«Charles Huault de Montmagny»
Artiste inconnu
Source : Archives de Montréal

     En 1645, la Compagnie des Cent-Associés conclut un accord avec la Communauté des Habitants de la Nouvelle-France. Cette entente vise le lucratif commerce des fourrures. Les Cent-Associés gardent la propriété de la colonie. Ils continuent également de nommer le gouverneur, de nommer les juges et de distribuer les terres. La Communauté, elle, obtient le monopole de la traite des pelleteries qu’elle peut réglementer à sa guise tout comme le commerce des marchandises européennes. En contre-partie, elle doit assumer les dépenses de la colonie et fournir une redevance de mille castors aux Cent-Associés.

     Le 27 mars 1647, le roi Louis XIV décide de restructurer l’administration de la Nouvelle-France. Il fait face à une nouvelle réalité. Ses conseillers l’incitent à adopter un «règlement pour établir un bon ordre et police en Canada». Le roi crée le Conseil de Québec. Ce conseil est composé du gouverneur du pays, Charles Huault de Montmagny, du supérieur des Jésuites à Québec, Jérôme Lalemant, et du gouverneur particulier de Montréal, Paul de Chomedey de Maisonneuve.

     Pourquoi ce conseil ? Sous la direction de Pierre Legardeur de Repentigny, la Communauté des Habitants pris rapidement l’aspect d’une affaire de famille. Les protestations du peuple sont transmises au roi par Maisonneuve et par Robert Giffard en 1646. La constitution du Conseil de Québec crée un organisme de gestion et de surveillance. Le Conseil a juridiction sur toute les questions relatives à l’intérêt du pays en général et à la traite des fourrures en particulier.

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