Henry Clay Huile sur toile de Henry Darby (1858) Source : Bureau de l'archiviste du Sénat américain

Henry Clay
Photo anonyme d’une huile sur toile de Henry F. Darby
datant de 1858 (s.d.)
Source : Bureau de l’archiviste du Sénat des États-Unis

     L’esclavage se développe dans le sud des États-Unis au début du XIXᵉ siècle. L’invention de la machine à égrener le coton permet de mécaniser la filature et de faire baisser le prix de la fibre. Au même moment, les nations européennes se tournent vers les États du sud des États-Unis pour s’approvisionner. Afin de répondre à la demande, les planteurs sudistes achètent de plus en plus d’esclaves en provenance d’Afrique pour remplir leur besoin en main-d’oeuvre. Trois nouveaux États, la Louisiane, le Mississippi et l’Alabama, obtiennent alors le droit de pratiquer l’esclavage.

     En 1818, le Missouri, une ancienne partie de la Louisiane française, demande à devenir le 23ᵉ État des États-Unis. Le Missouri veut être un État esclavagiste mais les onze États du Nord s’y opposent. Le 2 mars 1820, Henry Clay, le sénateur du Kentucky, propose un compromis pour mettre un terme à des débats houleux.

   Pour maintenir l’équilibre entre les États esclavagistes et les États non-esclavagistes, le compromis proposé par Clay permet la création de deux nouveaux États : le Missouri et le Maine. De plus, il trace une ligne limitant l’expansion future de l’esclavage vers le Nord et prévoit les modalités pour maintenir l’égalité entre les législatures esclavagistes et non-esclavagistes. Ce fragile équilibre reste en place jusqu’aux années 1860, au début de la guerre de Sécession.

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«92 Résolutions, 15 janvier 1834, p.16»
Photo d’une version imprimée en anglais et annotée par Louis-Joseph Papineau : Peter Gagné (2014)
Source : Musée de la civilisation de Québec, collection Séminaire de Québec, fonds Georges-Barthélemi Faribault

 

 

     Le 1ᵉʳ mars 1834, les membres de la Chambre d’assemblée du Bas-Canada vote sur une pétition en soutien au 92 Résolutions.  La pétition est adoptée par 56 voix contre 26. Plus de 78 000 noms appuient les 92 Résolutions adoptées par les députés le 22 février précédent.  Le document est accompagné d’une Adresse au Roi et de Requêtes à la Chambre des Lords et à la Chambre des Communes composées par Louis-Joseph Papineau, alors orateur de la Chambre. Le gouverneur général de la colonie, le baron Matthew Withworth-Aylmer, choisit de transmettre lui-même l’Adresse au Roi, malgré son opposition à celle-ci. C’est Augustin-Norbert Morin, député de Bellechasse, qui est chargé de transmettre les requêtes, les Résolutions et la pétition aux parlementaires à Londres. Il rejoint là-bas le conseiller législatif Denis-Benjamin Viger, déjà sur place comme agent de la Chambre d’assemblée du Bas-Canada en Angleterre.

     Dès le mois de mars 1834, le document est débattu dans les assemblées publiques au peu partout dans le Bas-Canada.  Il sert de programme électoral au Parti patriote lors des élections qui se déroulent à l’automne suivant, du 11 octobre au 22 novembre.  À l’issue du processus, c’est un véritable raz-de-marée patriote : le parti de Papineau fait élire 78 députés sur une possibilité de 88. Amorcée en mars 1835, la quinzième législature du Parlement du Bas-Canada sera la dernière de son histoire.

     L’analyse du vote en chambre sur les 92 Résolutions révèle que la division linguistique n’est pas absolue. Huit des opposants sont francophones et au moins cinq anglophones sont en faveur des Résolutions. Il faut bien comprendre que malgré leur caractère nationaliste, les 92 Résolutions sont aussi un manifeste démocratique qui dénonce l’abus de pouvoir exercé par le Conseil législatif et le gouverneur du Bas-Canada .

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Witch Hill Peinture de Thomas Slatterwhite Noble (1869) Source : New York Historical Society

Witch Hill (The Salem Martyr)
Photo anonyme d’une huile sur toile de Thomas Slatterwhite Noble datant de 1869 et conservée par la New York Historical Society (s.d.)
Source : New York Historical Society Museum & Library

     Le 1ᵉᴿ mars 1692, Tituba, une esclave d’origine arawak, Sarah Good et Sarah Osborne sont accusées de pratique illégale de la sorcellerie. Cette affaire se déroule à Salem, un petit village de la colonie puritaine de la baie du Massachusetts. Sous la torture, Tituba avoue son crime et encourage les autorités à lancer un véritable chasse aux sorcières.

Wynona Ryder interprète Abigail Williams dans le film The Crucible tiré de la pièce écrite par Arthur Miller en 1953 Photo anonyme (1996) Source : pixgood.com

«Wynona Ryder interprète Abigail Williams dans le film The Crucible tiré de la pièce écrite par
Arthur Miller en 1953»
Photo anonyme (1996)
Source : pixgood.com

     Un mois plus tôt, Elizabeth Paris et Abigail Williams, âgées respectivement de 9 et 11 ans, avaient commencé à souffrir de malaises mystérieux. Leur médecin conclut à l’oeuvre de sorcières. Une véritable hystérie collective s’ensuit à Salem. De juin à septembre 1692, 14 femmes et 5 hommes sont pendus pour sorcellerie ; le fermier Giles Corey refuse de plaider coupable ou non-coupable à son procès et meurt supplicié, écrasé par des roches. Plus de 150 accusations de sorcellerie sont portées et les prisons sont remplies.  Selon les sources, entre quatre et treize personnes accusées meurent en prison.

Salem_Witch_Museum_2006

«Le Salem Witch Museum à Salem, MA»
Photo : Rolf Müller (2006)
Source : Wikimedia Commons

     Les procès de sorcellerie se terminent en octobre 1692 et les malaises des deux fillettes s’avèrent un canular. Juges et magistrats formulent des excuses publiques. Plusieurs familles sont dédommagées. La chasse aux sorcières est condamnée par une majorité de la population ce qui provoque un baisse de l’influence politique des «Puritains» dans la colonie. À plus long terme, une journée commémorative est instituée. Enfin, la chasse aux sorcières de Salem est maintenant devenue une attraction touristique incontournable pour les visiteurs de la Nouvelle-Angleterre.  L’histoire des sorcières de Salem a ainsi pris des proportions mythiques !

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