Derrière le rideau de fer de la Russie de Per Emil Brusewitz publié à Stockholm en 1923

«Couverture originale du livre Derrière le rideau de fer de la Russie»
de Per Emil Brusewitz et publié à Stockholm en 1923
Source : Wikimedia Commons

     Le terme «rideau de fer» origine du théâtre et évoque une barrière impénétrable. Dès la révolution russe en 1917, plusieurs auteurs utilisent ce terme pour évoquer la limite occidentale du territoire qui va devenir l’Union soviétique. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’expression est également reprise pour souligner le peu d’ouverture au monde de la Russie stalinienne. Après la guerre, Winston Churchill s’inquiète publiquement de voir les Soviétiques avancer leur frontière au porte de l’Atlantique. L’image d’un «rideau de fer» se répand alors rapidement.

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«Winston Chuchill prononçant le discours «The Sinews of Peace»
Photo anonyme (1946)
Source : Churchill Memorial Library, Westminster College, Fulton, MO

     Le 5 mars 1946, Churchill prononce un discours sur la question au collège Westminster de Fulton dans le Missouri. Il déclare dans son allocution : «De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer s’est abattu sur le continent». L’expression est consacrée. Elle symbolise la division entre pays capitalistes et pays communistes en Europe.

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«Churchill et le rideau de fer»
Caricature anonyme (s.d.)
Source : wrortlieb.weebly..com

     Le discours de Fulton marque ainsi le début de la guerre froide. Churchill, tel un vieux lion en fin de carrière, rugit un dernière fois avant sa retraite. Sa vision du futur s’avère cependant très pertinente. Peu à peu, l’affrontement des pays communistes avec les pays occidentaux protégés par les États-Unis et l’OTAN devient une réalité. La guerre froide et le «Rideau de fer» vont dominer la diplomatie internationale jusqu’à la chute du Mur de Berlin en 1989.

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Ancien édifice de la Brasserie-Boswell. Détail. Vue avant
Photo : Christian Lemire (2006)
Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec

     L’intendant Jean Talon veut développer le potentiel de la Nouvelle-France en diversifiant son économie. Talon est propriétaire de terres à la Basse-Ville de Québec. Il a acquis de Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard, un terrain de 2,07 arpents. Il est aussi propriétaire d’un autre terrain adjacent de 6,23 arpents et d’une sapinière de 6,2 arpents, le tout situé face au fleuve et sous le cap. En 1668, il utilisera cet espace afin de faire bâtir un bâtiment de plus de 40 mètres de long qu’il utilisera comme brasserie.

     Le 5 mars 1668, un arrêt du Conseil souverain de la Nouvelle-France confie à Jean Talon le mandat d’exploiter une brasserie. L’intendant reçoit un monopole de dix ans sur la bière. L’importation d’alcool en Nouvelle-France est également interdite sans une permission expresse du roi. En plus des débouchés commerciaux, la brasserie doit servir à réduire l’importation de vin et d’eau-de-vie dont la consommation pousse à l’ivrognerie et à la débauche. La brasserie doit aussi stimuler la production agricole nécessaire à la production de la bière.

     Talon avait déjà obtenu du roi deux chaudières en 1667 et la production de la brasserie débute en 1670. En novembre 1671, Talon annonce au ministre Jean-Baptiste Colbert qu’il peut fournir 2 000 barriques de bières pour les Antilles et la même quantité pour la consommation locale. Dépendante de son monopole, la brasserie ne peut subsister lorsque les règlements sur l’importation de vins et d’alcools sont relâchés après le départ de Talon.  En 1675, la brasserie est fermée et, en 1685, Talon vend le bâtiment à la couronne qui va y ériger une résidence pour les intendants de la Nouvelle-France. Vers 1875, le site retrouve sa vocation première avec la construction de bâtiments par la brasserie Boswell, en opération, après plusieurs fusions, jusqu’en 1974.

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Une motoneige dans les rues de Montréal Photo anonyme (1971) Source : TVA Interactif Inc

«Une motoneige dans les rues de Montréal»
Photo anonyme (1971)
Source : TVA Interactif Inc

     Du 3 au 5 mars 1971, une gigantesque tempête de neige frappe le sud du Québec, les provinces de l’Atlantique et le Nord-Est des États-Unis. La ville de Montréal est enfouie sous plus de 50 centimètres de neige qui tombe le 4 mars en moins de 24 heures. Des vents de 110 km/h soufflent sur la métropole québécoise. Dix-sept personnes perdent la vie suite à des infarctus.

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«Le Québec paralysé sous la neige»
Photo anonyme (1971)
Source : TVA Interactif Inc.

     La neige paralyse plusieurs régions du Québec et la circulation automobile est impossible presque partout. Les motoneiges sont utilisées dans plusieurs villes, notamment sur la rue Sainte-Catherine à Montréal. Des bancs de neige imposants se forment rapidement et rivalisent de hauteur avec les toits de maison !

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«La tempête du siècle»
Photo anonyme (1971)
Source : Archives de Montréal

  Les conditions météorologiques qui sévissent le 4 mars 1971 ont marqué l’imaginaire collectif québécois. L’événement est qualifié de «Tempête du siècle» par la population. Même si le 17 février 1954, le 27  mars 1955 et le 28 décembre 1969, il tombe plus de neige à la station de météo Montréal-Dorval que le 4 mars 1971, la combinaison de précipitations, de vents et d’accumulations au sol font de la «Tempête du siècle» l’événement météo démontrant la vulnérabilité des villes québécoises face aux imprévus du climat hivernal.

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