«Hon. Charles Eugène Boucher De Boucherville, (Senator) 1822-1915»
Photo : William James Topley (1879)
Source : BAC

 

     Le troisième gouverneur général du Canada, Frederick Temple Blackwood, marquis de Dufferin et d’Ava, propose vers 1875 une série de travaux d’embellissement pour la ville de Québec. Ses efforts sont à l’origine de la mise en valeur des fortifications, de la construction des portes Saint-Louis et Kent et de l’aménagement de la terrasse Dufferin. Dans ce contexte, le gouvernement conservateur de Charles Boucher de Boucherville décide de faire construire à Québec, dans la capitale, un hôtel du Parlement. Boucher de Boucherville se tourne vers l’architecte Eugène-Étienne Taché pour préparer les plans de l’édifice dont la construction s’inscrit dans une volonté de démonter une stabilité politique et démocratique.

     Le gouvernement choisit d’abord l’emplacement actuel de l’hôtel de ville de Québec, à l’intérieur des murs. Taché est alors commissaire adjoint au département des Terres de la Couronne. Il présente ses plans en 1875. Mais, en 1876, le gouvernement du Québec fait l’acquisition du Cricket Field, immédiatement à l’extérieur de l’enceinte de fortifications pour y établir l’hôtel du Parlement. Taché adapte son projet et le contrat de construction est signé le 8 mai 1877.

     Taché s’inspire du style Second Empire pour l’architecture du parlement. L’objectif est de donner une visage français à la capitale du Québec. En raison des contraintes budgétaires, le style Second Empire de l’hôtel du Parlement à Québec est plus sobre que ce qui est en vogue à la même époque en France. L’ensemble institutionnel va être ériger en plusieurs étapes et débouche au XXᵉ siècle sur la construction d’une véritable colline parlementaire. L’hôtel du Parlement est conçu pour ancrer l’histoire politique du Québec dans la mémoire collective. Ainsi en est-il du programme commémoratif conçu par Taché pour orner l’édifice dont le fronton de l’entrée principale contient le célèbre phrase qui va devenir la devise du Québec en 1939 : «Je me souviens».

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Beethoven Copie d'un portrait de Ferdinand Georg Waldmüller (1823)

Ludwig van Beethoven
Copie d’un portrait de
Ferdinand Georg Waldmüller (1823)
Source : Wikimedia Commons

     La Symphonie Nº 9 en ré mineur, opus 125, est créée le 7 mai 1824 au Kärnertortheater. Le lieu est prestigieux: c’est le théâtre de la cour impériale et royale de Vienne. L’oeuvre est dédiée au roi Frédéric-Guillaume III de Prusse. La Neuvième est une symphonie en 4 mouvements pour grand orchestre, solos et choeur mixte. Elle est composée entre la fin de 1822 et février 1824.

     Beethoven est sur scène pour la première fois depuis plusieurs années. La salle est bondée. Le compositeur partage la direction de l’orchestre avec Michael Umlauf, «kapellmeister» du théâtre. Plusieurs anecdotes nous rappellent que Beethoven est sourd et qu’il ne peut entendre sa musique. Ainsi, il rate le dernier tempo de l’oeuvre et continue à gesticuler après la finale. Qu’à cela ne tienne, la première est un triomphe. La foule est debout pour l’ovationner à tout rompre !!

     Durant plus de 30 ans avant 1824, cette création obsède l’esprit du compositeur. Ses biographes rapportent que toute sa vie, Beethoven est hanté par le thème mélodique de son chez-d’oeuvre. La Neuvième va avoir un impact considérable sur l’histoire musicale et sur la culture européenne. Cette vision utopiste d’un monde meilleur rejoint des valeurs humaines universelles. Dès 1920, plusieurs réclament que cette mélodie serve de base à la création d’un hymne européen. En 1972, le Conseil de l’Europe fait du thème musical de l’«Ode à la Joie» son hymne. En 1985, cette musique devient officiellement l’hymne européen.

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Brig. Gen. Alured Clarke
Photo anonyme d’une estampe de la collection «The Miriam and Ira D. Wallach Division of Art, Prints and Photographs: Print Collection» (2013)
Source : The New York Public Library

 

     La nouvelle constitution de 1791 divise la province de Québec en Bas-Canada et Haut-Canada. L’article 14  de cette loi prévoit que le gouverneur ou le lieutenant-gouverneur publie une proclamation «/…/ qui divisera telle Province en districts, ou comtés, ou cercles; et villes ou jurisdictions, et fixera leurs limites, et qui déclarera et déterminera le Nombre des Représentans qui seront choisis par chacun de tels districts ou comtés, ou cercles, et villes ou jurisdictions respectivement». De suite, le 7 mai 1792, le lieutenant-gouverneur Alured Clarke émet une proclamation qui divise le Bas-Canada en 27 «comtés» ou circonscriptions électorales en français. Établis sans norme connue, ces «comtés» doivent être représentés au Parlement par cinquante députés élus.

     La carte électorale élaborée par Clarke comprend 21 «comtés».  Elle comprend aussi deux cités et villes : Québec et Montréal, respectivement divisées en Basse-Ville et Haute-Ville et en Montréal-Est et Montréal-Ouest. Enfin, les villes et bourgs de Trois-Rivières et William-Henry complètent le tout. Dix-huit circonscriptions rurales ont deux députés et trois un seul. Québec et Montréal ont quatre représentants, Trois-Rivières deux et William-Henry, un seul.

   Cette Chambre d’assemblée s’ajoute au Conseil législatif pour former le Parlement. Le gouverneur est le représentant de la couronne à qui il rend compte. Il se dote d’un Conseil exécutif qui n’est pas responsable devant la Chambre.  Cette situation va entraîner des conflits entre l’assemblée des députés et l’exécutif dans l’évolution des institutions vers le gouvernement responsable. Il ne faut pas se tromper, la loi de 1791 introduit le parlementarisme au Bas-Canada, pas la démocratie.

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