François-Louis Lessard Photo anonyme (1900) Source : Musée canadien de la guerre

«François-Louis Lessard»
Photo anonyme (1900)
Source : Musée canadien de la guerre

     Le lundi de Pâques 1918 est le théâtre d’une triste émeute à Québec. Au cours des cinq jours qui précèdent, des manifestations se déroulent dans la ville pour protester contre la conscription. L’armée canadienne dirigée par le major-général François-Louis Lessard fait alors paraître un avis public dans les journaux locaux. Les attroupements sont interdits et sont considérés comme un acte criminel. Malgré les protestations du député Armand La Vergne et du maire Henri-Edgar Lavigueur, la répression va s’exercer par la force.

   Vers 19 h 20, les troupes quittent la citadelle de Québec en route vers la Basse-Ville où se regroupent les manifestants. La cavalerie ouvre la marche.  Les manifestants ont éteint les réverbères. La brume recouvre la ville. Le choc se produit aux limites des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur. Accueillis par une volée de briques, de pierres et de glaçons, les militaires ouvrent le feu. Quatre hommes sont atteints mortellement : le menuisier Honoré Bergeron (49 ans), le mécanicien Alexandre Bussières (25 ans), l’étudiant Édouard Tremblay (23 ans) et un adolescent, Georges Demeule, âgé de 14 ans.

     La loi martiale est proclamée le 4 avril, suivie d’une enquête du coroner du 8 au 13 avril. L’enquête démontre que les quatre victimes sont «innocentes de toute participation à cette émeute, qui devait son origine à la manière malhabile et grossière avec laquelle les officiers fédéraux chargés de l’exécution de la loi de conscription envers les insoumis exerçaient leurs fonction». Une indemnisation est demandée pour les familles de ces victimes innocentes et sans arme. Cette proposition est rejetée par la majorité des députés de la Chambre des communes en 1921. Les familles ne seront jamais indemnisées.

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Michel Bégon de la Picardière Portrait anonyme Source : BANQ

Bégon de La Picardière, Michel
Photo d’un portrait anonyme (v. 1940)
Source : BANQ

     Le 31 mars 1710, Michel Bégon de la Picardière devient intendant de la Nouvelle-France. Il arrive à Québec en 1712. Le contexte économique est difficile dans la colonie. Le commerce des fourrures fonctionne au ralenti et l’économie coloniale n’est pas diversifiée. De surplus, l’intendant Bégon doit faire face au problème de la monnaie de carte.

     Les carences en numéraires dans la colonie s’amorcent en fait dès 1685. Pour suppléer à ce déficit, les autorités de la Nouvelle-France émettent du papier-monnaie confectionné avec des cartes à jouer ordinaires. Lorsque Bégon arrive en poste, la confiance dans cette monnaie est à son plus bas. Elle entraîne une inflation galopante dans la colonie. Bégon fait rapidement pression sur la couronne pour modifier ce système. Dès 1714, la monnaie de carte est rachetée à la moitié de sa valeur faciale. Elle est retirée de la circulation en 1720.

     Bégon de La Picardière est toutefois soupçonné d’user de ses fonctions officielles pour s’enrichir personnellement. Blâmé pour sa gestion en 1716, il reste néanmoins en poste jusqu’en 1726. Ses interventions relatives à la culture du chanvre et au commerce des esclaves noirs donnent peu de fruits. Son rôle dans le redressement du système financier de la colonie reste finalement marginal.

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John George Lambton1st Earl of Durham Huile sur toile. Copie de Thomas Philipps (ça 1820) Source : Wikimedia Commons

John George Lambton
1st Earl of Durham

Photo anonyme d’une huile sur toile copiée d’après Thomas Philipps vers 1820 (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     John George Lambton est un aristocrate britannique élevé au rang de comte de Durham en 1833. Après une carrière politique en Angleterre et en Europe, il refuse d’abord en 1837 de partir pour le Bas et le Haut-Canada. Le premier ministre anglais William Lamb, Lord Melbourne, revient à la charge en 1838. Lord Durham accepte alors le poste de gouverneur en chef. Il dispose de pouvoirs dictatoriaux pour enquêter sur la nature des troubles politiques et sociaux qui se déroulent dans ces deux colonies.

     La constitution du Bas-Canada est suspendue par le Parlement britannique en février 1838. Durham, lui, reçoit sa commission le 30 mars. Il a déjà amorcé son travail en étudiant les nombreux documents déposés au ministère des Colonies sur la question. Il a aussi rencontré plusieurs personnes pour entendre leur point de vue sur le conflit se déroulant au Bas-Canada. Il arrive à Québec le 27 mai. Durant 5 mois, il dirige la colonie en despote et mène son enquête.

   Le rapport Durham est rendu public en février 1839. Le diagnostic est radical. Le conflit n’est pas celui du peuple contre le gouvernement. Durham conclut que deux nations se font la guerre dans la même colonie : «/…/ et je m’aperçus qu’il serait vain d’essayer d’améliorer les lois et les institutions, avant d’avoir d’abord réussi à mettre un terme à la haine mortelle qui divise maintenant les habitants du Bas-Canada en groupes hostiles de Français et d’Anglais». Sa solution : l’union du Bas et du Haut-Canada.

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