Charge de la police contre les manifestants socialistes en 1907. Dessin de J.Latour Source : La Presse (1907)

«Confrontation entre la police et les manifestants lors du Premier Mai»
Dessin de J.Latour (1907)
Source : La Presse

     Le 1ᵉʳ mai 1886, une grève générale survient aux États-Unis.  Plus de 190 000 travailleurs paralysent 11 000 usines américaines.  Les ouvriers revendiquent une journée de travail de 8 heures. Certaines manifestations sont réprimées dans la violence, notamment à Chicago. Il faudra attendre plusieurs années selon les pays pour que la journée de 8 heures soit finalement acceptée.  Malgré tout, en juillet 1889, lors de sa fondation à Paris, la Deuxième internationale déclare que le 1ᵉʳ mai est la fête internationale de tous les travailleurs et travailleuses. On commémore ainsi les événements survenus à Chicago en 1886.

     Au Québec, la tradition de célébrer la fête des Travailleurs remonte à cette époque. Dès 1891, des journaux parlent de la «parade annuelle des communistes» qui se déroule dans les rues de Montréal. Le 1ᵉʳ mai 1907, les célébrations tournent au vinaigre. Les revendications socialistes ont alors mauvaise presse, notamment aux yeux des élites conservatrices. Les manifestants sont alors attaqués, par des agents réactionnaires diront les socialistes. L’émeute est réprimée par la police de Montréal avec l’aide de la cavalerie.

   Par la suite, le Premier Mai est célébré annuellement à Montréal jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. L’événement perd ensuite de son ampleur jusqu’au début des années 1970.  Les centrales syndicales québécoises ravivent à ce moment la commémoration de la fête. Au Québec, comme ailleurs en Amérique du Nord, les célébrations ont néanmoins peu d’ampleur en raison de la confusion avec la fête du Travail qui est un congé férié en septembre. Depuis 1955, l’Église catholique, elle, fête saint Joseph, artisan, le 1ᵉʳ mai. Plusieurs pays européens ont également fait de la Journée internationale des travailleurs, un congé férié.

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Joliet (sic) Bronze de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté livré en 1928 pour orner une niche de la façade de l'Hôtel du Parlement Photo : Jean Gagnon (2009)

Joliet
Bronze de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté livré en 1928 pour orner une niche de la façade de l’Hôtel du Parlement
Photo : Jean Gagnon (2009)
Source : Wikimedia Commons

     Le 30 avril 1697, Louis Jolliet reçoit son brevet de maître d’hydrographie à Québec. Cette nomination officielle concrétise une charge qu’il occupe probablement depuis quelques années déjà au Collège des Jésuites de Québec. En effet, dès 1692, un document d’archives lui donne le titre de maître d’hydrographie. D’ailleurs, le nom de Jolliet revient fréquemment durant la dernière décennie du XVIIᵉ siècle lorsqu’il est question de la navigation dans le fleuve et le golfe du Saint-Laurent.

     Louis Jolliet a alors 51 ans et termine une carrière d’explorateur qui a fait sa renommée. Coureur des bois, ce natif de Québec est le premier, avec le père Jacques Marquette, à explorer officiellement le Mississippi en 1673. Seigneur de vastes territoires sur la Côte-Nord, il se rend à pied à la Baie d’Hudson en 1679 et explore la côte du Labrador en 1694.

     Durant les années 1690, Jolliet est probablement le meilleur navigateur de la colonie. Les autorités coloniales, Frontenac en tête, lui confient certaines missions de pilotage de navires sur le fleuve Saint-Laurent. Son décès mystérieux en 1700 laisse la Nouvelle-France entière en deuil d’un de ses plus illustres citoyens.

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Portrait du cardinal Richelieu Huile sur toile de Philippe de Champaigne (ca1633-1640)

Cardinal de Richelieu
Photo anonyme d’une huile sur toile de Philippe de Champagne, vers 1633-1640 (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

     En 1622, Armand Jean du Plessis est intronisé cardinal de Richelieu. Deux ans plus tard, il entre au Conseil du roi. Avec l’aide de la reine-mère, Marie de Médicis, il devient rapidement le ministre le plus influent de Louis XIII. Les Jésuites se tournent alors vers lui pour faire appliquer leur programme missionnaire en Nouvelle-France. Dans ce contexte, Richelieu soutient la création d’une nouvelle compagnie pour gérer la colonie française d’Amérique du Nord.

     Le 29 avril 1627, le cardinal Richelieu et un groupe de commerçants français établissent la Compagnie des Cent Associés pour le commerce du Canada. Les Cent Associés reçoivent, à perpétuité, le monopole du commerce dans la colonie, sauf pour celui des fourrures dont le privilège est de 15 ans. La Compagnie doit installer à ses frais 4 000 colons, administrer la colonie, assurer la défense du territoire et se consacrer à la conversion des Amérindiens.

     Dès le début, la guerre opposant la France et l’Angleterre freine les efforts des Cent Associés. La prise de Québec de 1629 à 1632 laisse la Compagnie au bord de la ruine. La menace iroquoise ralentit aussi les efforts de peuplement. En 1645, la Compagnie cède son monopole sur la traite des fourrures à la Communauté des Habitants. Puis, en 1663, les Cent Associés perdent leur privilège ; la compagnie est dissoute et la Nouvelle-France devient une colonie royale.

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