1er avril 1918

Émeute à Québec

François-Louis Lessard Photo anonyme (1900) Source : Musée canadien de la guerre

«François-Louis Lessard»
Photo anonyme (1900)
Source : Musée canadien de la guerre

     Le lundi de Pâques 1918 est le théâtre d’une triste émeute à Québec. Au cours des cinq jours qui précèdent, des manifestations se déroulent dans la ville pour protester contre la conscription. L’armée canadienne dirigée par le major-général François-Louis Lessard fait alors paraître un avis public dans les journaux locaux. Les attroupements sont interdits et sont considérés comme un acte criminel. Malgré les protestations du député Armand La Vergne et du maire Henri-Edgar Lavigueur, la répression va s’exercer par la force.

   Vers 19 h 20, les troupes quittent la citadelle de Québec en route vers la Basse-Ville où se regroupent les manifestants. La cavalerie ouvre la marche.  Les manifestants ont éteint les réverbères. La brume recouvre la ville. Le choc se produit aux limites des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur. Accueillis par une volée de briques, de pierres et de glaçons, les militaires ouvrent le feu. Quatre hommes sont atteints mortellement : le menuisier Honoré Bergeron (49 ans), le mécanicien Alexandre Bussières (25 ans), l’étudiant Édouard Tremblay (23 ans) et un adolescent, Georges Demeule, âgé de 14 ans.

     La loi martiale est proclamée le 4 avril, suivie d’une enquête du coroner du 8 au 13 avril. L’enquête démontre que les quatre victimes sont «innocentes de toute participation à cette émeute, qui devait son origine à la manière malhabile et grossière avec laquelle les officiers fédéraux chargés de l’exécution de la loi de conscription envers les insoumis exerçaient leurs fonction». Une indemnisation est demandée pour les familles de ces victimes innocentes et sans arme. Cette proposition est rejetée par la majorité des députés de la Chambre des communes en 1921. Les familles ne seront jamais indemnisées.

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