Archive pour la ‘La colonie anglaise’ Catégorie

James Murray

Photo anonyme d’une huile sur toile anonyme datant d’environ 1765-1770 et conservée à la National Portrait Gallery

Source : Wikimedia Commons

     L’écossais James Murray débute sa carrière militaire en 1736. Il gravit ensuite les rangs d’officier pour devenir lieutenant-colonel vers 1750. Il participe au siège de Québec en 1759. Après la bataille des plaines d’Abraham, il devient le gouverneur du district de Québec le 27 octobre suivant. Il assure le contrôle militaire de la colonie et sanctionne plusieurs châtiments. Il adopte cependant une politique pragmatique face aux nouveaux sujets britanniques d’origine française et canadienne.

     Le 21 novembre 1763, James Murray devient le premier gouverneur anglais de la nouvelle colonie conquise mais doit en céder la direction militaire à Thomas Burton en 1764. Murray compose avec une crise monétaire et une forte inflation. Il tente également d’établir une politique pour angliciser les nouveaux sujets.

     Murray ne fait pas l’unanimité comme gouverneur. En 1764, il est accusé d’obstruction à la justice. Ses ennemis soutiennent aussi qu’il favorise les Canadiens aux dépens des Britanniques. Il est rappelé à Londres en 1766.

#######

«Richard Montgomery»

Reproduction d’une gravure d’E. Mackenzie d’après une peinture de Charles Willson Peale (s.d.)

Source : Musée McCord

 

     Les premiers affrontements armés entre les troupes britanniques et les colons américains surviennent en avril 1775 à Lexington et à Concord au Massachusetts. Malgré le succès initial de quelques raids frontaliers au lac Champlain et dans le Haut-Richelieu, le Congrès continental interdit l’invasion de la province de Québec le 1ᵉᴿ juin 1775. Des représentations faites par Ethan Allen et Benedict Arnold modifient cette politique. Le 27 juin suivant, le Congrès autorise la prise de l’île aux Noix, de Saint-Jean et de Montréal. « Le mot d’ordre est lancé : sous le commandement de Benedict Arnold et du général Richard Montgomery, il est convenu de prendre le contrôle de la province et d’en évincer les autorités coloniales britanniques ».

     Les troupes révolutionnaires américaines pénètrent dans la province de Québec par la vallée du Richelieu, en route pour assiéger Montréal. Les Britanniques disposent d’une faible garnison pour assurer la défense de la colonie. De plus, la milice canadienne est peu fiable, plusieurs habitants appuyant la cause américaine. Après la chute des forts Chambly et Saint-Jean, c’est au tour de Trois-Rivières de tomber sans résistance aux mains des envahisseurs le 9 novembre 1775.

     Le notaire Jean-Baptiste Badeaux a laissé un récit des événements survenus à l’époque. Ce manuscrit est publié une première fois en 1870 dans la Revue canadienne sous le titre : « Journal des opérations de l’armée américaine, lors de l’invasion du Canada en 1775–76, par M. J. B. Badeaux, notaire de la ville des Trois-Rivières ». En date du 9 novembre, on peut lire les motifs de la reddition de Trois-Rivières : « Voyant qu’il n’y avait plus d’espérance ni de ressources pour nous, nous nous assemblâmes dans la maison des Révérends pères Récollets pour délibérer sur le parti le plus avantageux à la conservation de nos biens ; il fut décidé que n’ayant aucune force ni munition et ne pouvant espérer de pouvoir faire une capitulation que l’on députerait deux personnes vers M. de Montgomery qui seraient porteurs d’une requête conçue en ces termes ».

#######

Manifestation des Canadiens contre le gouvernement anglais, à Saint-Charles, en 1837

Photo anonyme d’une huile sur toile de Charles Alexander Smith datant de 1890 et conservée au Musée des beaux-arts du Canada (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

     La démocratie parlementaire apparaît dans la vallée du Saint-Laurent après 1791. La Chambre d’assemblée du Bas-Canada est le lieu où une première génération de députés canadiens font l’apprentissage des institutions démocratiques. Toutefois, le contexte reste celui d’une colonie et ce système montre rapidement ses limites. L’affrontement se développe entre le gouverneur et la majorité élue, le Parti patriote dirigé par Louis-Joseph Papineau.  La principale pierre d’achoppement est la question des subsides.  En 1834, l’assemblée du Bas-Canada adopte 92 résolutions pour demander une réforme en profondeur de l’administration coloniale.

     Au printemps 1837, une fin de non-recevoir aux 92 résolutions est exprimée par John Russell, le secrétaire des colonies du Royaume-Uni.  Il présente au parlement de Londres dix résolutions qui rejettent les réformes demandées par les Patriotes. Des assemblées publiques sont alors convoquées un peu partout au Bas-Canada.  L’opinion publique se radicalise.  Le 23 octobre 1837, une gigantesque assemblée publique à lieu à Saint-Charles dans la vallée du Richelieu.  C’est l’Assemblée des Six-Comtés.

     Près de 5 000 personnes assistent aux discussions qui se prolongent sur deux jours. Le docteur Wolfred Nelson préside aux débats. Le premier jour, plusieurs personnalités prononcent des discours. Treize résolutions sont également passées au vote.  Elles dénoncent le gouvernement colonial et appelle le peuple à prendre en main ses destinées. Le lendemain, un comité est formé pour rédiger une adresse à la population du Bas-Canada et préparer un projet de constitution.

#######