3 février 1866

Décès de l’historien François-Xavier Garneau

F-X Garneau

F.-X. Garneau
Reproduction d’une estampe publiée en 1866 dans Le Feuilleton (s.d.)
Source : BAC 1933-282-1

 

     Dès son décès, l’importance historique de l’oeuvre de François-Xavier Garneau est reconnue. L’abbé Henri-Raymond Casgrain publie sa biographie chez Joseph-Norbert Duquet à Québec en 1866. Il écrit : «L’avenir sanctionnera le titre d’Historien National que les contemporains de M. Garneau lui ont décerné. Car, outre ses qualités éminentes, c’est lui qui, le premier, a pénétré dans le chaos de nos archives et penché le flambeau de la science sur ces ténèbres. D’autres parmi ses émules, profitant de ses travaux et marchant à sa suite dans les sentiers qu’il a frayés, pourront lui disputer la palme de l’érudition, mais nul ne lui ravira cette gloire».

     La mort de Garneau survient dans la nuit du 2 au 3 février 1866. Il décède dans sa résidence, rue Saint-Flavien à Québec, des suites d’une attaque d’épilepsie, compliquée d’une pleurésie. La nouvelle de sa mort se répand à travers le Canada, principalement grâce aux journaux de langue française. Sa disparition laisse dans la population un sentiment de deuil national.  Un comité est formé pour venir en aide à sa famille et pour ériger un monument commémoratif sur sa tombe au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy. Ce monument est dévoilé le 15 septembre 1867 devant une foule très nombreuse alors que le premier ministre du Québec Pierre-Joseph-Olivier Chauveau prononce une éloge émouvante de l’historien.

chauveau

L’hon. P. J. O. Chauveau
Photo anonyme d’une estampe parue en 1882-1884 dans l’Histoire des Canadiens français de Benjamin Sulte (s.d.)
Source : BANQ

     Certes, les développements de la méthode historique ont entraîné par la suite plusieurs historiens à prendre une distance avec la manière originale qu’utilisait Garneau pour écrire l’histoire. Son oeuvre s’inscrit en fait dans un contexte particulier. En 1965, Jean-Charles Falardeau en résume ainsi l’essentiel : «L’Histoire de Garneau fut à la fois un plaidoyer et un acte de foi. L’insuccès de la révolte de 1837-38 et sa dure répression avaient laissé toutes les classes de la population dans un profond désenchantement. Les propositions du Rapport de Lord Durham visant à l’union des deux Canadas et à une assimilation progressive de la population française par une massive immigration britannique semblaient compromettre irrévocablement le destin de la nation canadienne-française. Pour contrecarrer l’esprit de défaitisme, Garneau entreprend de rappeler aux Canadiens français qu’ils ont un passé et que ce passé est glorieux».

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