Archive pour la ‘La colonie anglaise’ Catégorie

Prélude à la ConfédérationIllustration de Rex Woods (1967)Source : «Collection Confederation Life»

      Au printemps 1864, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard mandatent des délégués pour participer à une conférence portant sur une union maritime des trois colonies. Lorsque les élus de la Province du Canada entendent parler du projet, ils demandent de participer à la réunion.  Ils veulent y développer l’idée plus large d’une vaste union des colonies britanniques d’Amérique du Nord.

     L’Île-du-Prince-Édouard organise l’événement. Vingt-trois délégués arrivent dans le port de Charlottetown entre le 30 août et le 1ᵉʳ septembre 1864.  Le cirque Slaymaker and Nichols’ Olympic est alors en ville. Résultat: il n’y a pas de place pour héberger les représentants canadiens arrivant de Québec.  Ils sont accueillis en barque par le secrétaire colonial William Henry Pope et doivent coucher à bord du SS Queen Victoria.

     La conférence débute le 1er septembre et se termine le 9. Les réunions formelles de travail alternent avec les banquets, les dîners et les bals qui permettent aux délégués de discuter entre eux.  Le projet de fédération des Maritimes est finalement rejeté au profit d’un plus vaste projet visant toute l’Amérique du Nord britannique.

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Vue de Chekoutimi du côté de l’oüest sud oüestPhoto anonyme d’une carte de 1748 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

 

     Les premières décennies du XIXᵉ siècle au Bas-Canada voient le développement d’un intérêt particulier pour l’ouverture à la colonisation de l’arrière-pays de la vallée du Saint-Laurent. En 1821, un premier comité des terres de la couronne est mis en place. C’est dans ce contexte que les postes du roi au Saguenay deviennent une région qui attise la convoitise des barons de la fourrure, des marchands de bois capitalistes, des marchands de Charlevoix et de plusieurs agriculteurs à la recherche de terres fertiles. Les investisseurs et les pionniers se regroupent au sein de la Société des Vingt-et-un qui démontre un impressionnant dynamisme dans leur recherche de nouveaux territoires d’exploitation. De 1838 à 1842, leur ténacité permet de lancer la colonisation au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

     Le 24 août 1842, Peter Mcleod Jr débarque à l’embouchure de la rivière du Moulin avec une vingtaine d’hommes.  Il y construit un premier moulin à scie de 60 pieds par 30 pieds. C’est le début de la ville de Chicoutimi. Dès le printemps de 1843, les premiers madriers coupés à ce moulin sont chargés sur des bateaux de William Price.  Cette association avec Price est lourde de conséquence : ce marchand originaire du Pays de Galles va y fonder une véritable dynastie et les Price vont «régner» sur le Royaume du Saguenay durant près d’un siècle.  Dès 1842, Price achète les actifs des Vingt-et-uns et amorce l’acquisition des scieries de la région.  À la mort de McLeod, Price devient l’unique propriétaire d’un véritable empire forestier au Saguenay.

     Mais c’est l’installation de McLeod à la rivière du Moulin qui marque la fondation de Chicoutimi. Des 23 hommes qui l’accompagnent, 22 construisent une maison à Chicoutimi et s’installent pour de bon aux abords du moulin. L’année suivante, McLeod ouvre une seconde scierie à l’embouchure de la rivière Chicoutimi. Ces installations lancent le développement de la ville et les entreprises de McLeod y sont pour beaucoup : l’entrepreneur y contrôle l’emploi et ses magasins généraux y assurent le commerce de détail durant une décennie.

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«SS Royal William 1834»Reproduction d’une peinture anonyme (s.d.)Source : Wikimedia Commons

 

     Au début du XIXᵉ siècle, la navigation à vapeur se développe en Amérique du Nord.  En août 1809, L’Accommodation devient le premier navire à vapeur à naviguer sur le fleuve Saint-Laurent.  Puis, en 1815, Le Frontenac est le premier bateau à vapeur à naviguer sur le lac Ontario , en instaurant un service régulier entre Prescott et York, futur ville de Toronto.  La présence des vapeurs est de plus en plus fréquente dans les années qui suivent mais leur usage reste réservé au cabotage dans les eaux intérieures.

     La situation change au début des années 1830. John Saxton Campbell et George Black construisent alors dans leur chantier naval de l’anse au Foulon à Québec un immense navire à vapeur, le SS Royal William. Les turbines à vapeur, elles, sont construites et assemblées à Montréal. Le lancement du bateau a lieu le 27 avril 1831 sous le patronage du gouverneur Matthew Withworth-Aylmer et de lady Aylmer, née Louisa Anne Call. Durant deux ans, le Royal William effectue plusieurs voyages entre Québec et les colonies britanniques de l’Atlantique.

     L’épidémie de choléra de 1832 force la mise en quarantaine du Royal William et entraîne des pertes de 16 000£ à ses propriétaires. L’année suivante, ceux-ci décident de l’expédier en Angleterre pour le vendre au plus offrant. Le 18 août 1833, le Royal William quitte Pictou en Nouvelle-Écosse avec sept passagers, une petite cargaison et une pleine charge de charbon. Il arrive à Gravesend, sur le bord de la Tamise, 25 jours plus tard.  Le Royal William est un des premiers navires à réaliser la traversée uniquement à la vapeur, n’ayant fait voile qu’une journée pour s’assurer de l’entretien de la bouilloire.  De 1831 à 1837, le Royal William d’une longueur de 160 pieds et d’une largeur de 44 pieds est le plus important navire de passagers au monde. Il est acquis par la marine espagnole en septembre 1834 et est renommé Isabella II, nom porté jusqu’à son naufrage en janvier 1860 dans la baie de Gibraltar.

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