Archive pour la ‘La colonie anglaise’ Catégorie

James MadisonPhoto anonyme d’une huile sur toile deJohn Vanderlyn datant de 1816 (s.d.)Source : The White House Historical Association

     Les États-Unis et la Grande-Bretagne sont en guerre entre 1812 et 1815.  Les affrontements se déroulent en Amérique du Nord, principalement dans les colonies du Bas-Canada et du Haut-Canada. Ce conflit, nommé «guerre de 1812», est désigné par l’année de son commencement même s’il dura un peu plus de deux ans et demi.

     Après le blocus continental décrété par Napoléon en 1806, la tension monte entre Américains et Britanniques. L’arraisonnement par les Anglais de marins sur des navires neutres américains est un irritant qui galvanise l’opinion publique américaine.  L’occasion est belle pour la jeune république de lancer une offensive contre les colonies britanniques du Nord, notamment le Bas-Canada et le Haut-Canada.

     Après l’approbation du Congrès et du Sénat, le président américain James Madison signe la déclaration de guerre à la Grande-Bretagne le 18 juin 1812. Un des objectifs des Américains est de réussir à accomplir ce que leurs élites nomment leur «destinée manifeste» : assurer une hégémonie américaine sur la totalité du territoire de l’Amérique du Nord.

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Major General Arnold Photo anonyme d’une gravure collée sur carton (s.d.) Source : Archives de la Ville de Montréal

 

     Le 15 juin 1776, l’Armée continentale américaine dirigée par Benedict Arnold lève le siège de Montréal. La journée même, les troupes britanniques conduites par le gouverneur Guy Carleton réintègrent la ville. En effet, en novembre 1775, Carleton avait quitté la ville pour se réfugier à Québec lors de l’invasion de la colonie par les Américains.  Les deux belligérants utiliseront tour à tour le Château Ramesay comme quartier général.

      Malgré la supériorité des forces anglaises, les Montréalais d’origine restent calmes face à la fuite américaine.  La raison est simple : pour mater la résistance durant son occupation, Arnold utilise des mesures très coercitives pour garder le contrôle de la ville. Il saisit aussi des propriétés en offrant de la monnaie papier en compensation. Il informe également les occupés qu’il mettra le feu à Montréal s’ils offrent une trop grande résistance.

     La situation de l’armée américaine à ce moment n’est guère reluisante. Arnold décrit ainsi la situation le 31 mai 1776 : «Négligés par le Congrès, aux prises avec la petite vérole, avec un manque de généraux et de discipline dans notre armée, qu’on pourrait plutôt appeler une grange cohue […] notre crédit et notre réputation perdus, de même qu’une grande partie du pays ; et un puissant ennemi étranger avançant contre nous – ce sont là de si nombreuses difficultés que nous ne pouvons les surmonter». Devant une situation désespérée, Arnold fait pression sur ses supérieurs et la retraite s’avère la décision la plus sage.

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Bataille des Trois-RivièresPhoto : La Société de conservation et d’animation du patrimoine de Trois-Rivières (2005)Source : Wikimedia Commons

     Durant la guerre d’Indépendance des États-Unis, l’armée américaine envahit la vallée du Saint-Laurent. Les révolutionnaires américains veulent libérer l’Amérique du Nord de la tutelle anglaise. L’objectif est de faire de la «Province of Quebec», la 14ᵉ colonie à rompre le lien avec la Grande-Bretagne.

La Fresque de Trois-Rivières. Scène 2 – Victoire de la bataille de Trois-Rivières Photo d’une peinture de Murale Création datant de 2009 : Ville de Trois-Rivières (s.d.) Source : http://www.v3r.net/culture/arts-visuels/art-public/la-fresque#scene-2-victoire-de-la-bataille-de-troisrivieres

     La stratégie militaire américaine d’encerclement de Québec est un échec. Le siège de la capitale de la colonie dure de l’automne 1775 au printemps 1776. Après une cuisante défaite le 31 décembre 1775, les Américains doivent battre en retraite en juin 1776 face à l’arrivée de milliers de soldats britanniques en renfort.

     Dans ce mouvement de troupes, le 8 juin 1776, une colonne de l’armée continentale américaine dirigée par le brigadier-général William Thompson doit combattre les troupes anglaises du lieutenant-colonel Simon Fraser à Trois-Rivières. À nouveau, les Américains subissent la défaite.  Cette bataille met un terme à l’invasion et se solde par le repli des Américains dans le New York.

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