Archive pour la ‘Au XVIIIe siècle’ Catégorie

«Vue panoramique du site de l’affrontement en Pennsylvanie»Photo : Rarkm (2007)Source : Wikimedia Commons

     Au milieu du XVIIIᵉ siècle, le contrôle du commerce des fourrures dans la vallée de l’Ohio devient un enjeu important pour les marchands anglais et français. La stratégie française de construire une série de forts dans le secteur est source de tension entre les représentants coloniaux des deux puissances métropolitaines. En mai 1754, le jeune George Washington devient commandant des troupes de Virginie dépêchées dans la région. Le 28 mai, tôt le matin, ses hommes et lui découvrent un campement français établi dans le secteur de Great Meadows. Sans avertissement préalable, Washington donne l’ordre de tirer.  Dix soldats français sont tués et 21 sont capturés.

     Claude-Pierre Pécaudy de Contrecoeur, commandant du fort Duquesne situé à proximité, avait reçu l’ordre strict de ne pas attaquer les troupes coloniales britanniques. Il devait défendre ses positions. Pécaudy de Contrecoeur envoya cependant une patrouille dirigée par Joseph Coulon de Villiers de Jumonville pour vérifier si les troupes de Washington envahissaient un territoire que la France réclame comme sien. Jumonville devait sommer les Viriginiens de se retirer.

     Jumonville est tué dans la bataille. Washington écrit dans son journal que c’est le tomahawk d’Half King, un allié amérindien des Britanniques, qui a causé la mort du sieur de Jumonville. Les témoignages sur ces événements restent contradictoires. La France accuse ensuite l’Angleterre d’avoir assassiné un diplomate. L’événement est connu comme l’Affaire Jumonville. D’un côté, on crie au meurtre ; de l’autre, on dénonce l’occupation illégale d’une frontière. L’historien Marcel Trudel a fouillé la question et appuie les conclusions de l’historien français Ernest Lavisse : Jumonville est «tué dans un combat, et non assassiné, comme on l’a prétendu trop longtemps à tort». L’affrontement porte maintenant le nom de bataille de Jumonville Glen. Ce combat est le prélude de la guerre de la Conquête.  Cette interprétation est aussi critiquée par plusieurs comme Sophie Imbeault qui soutiennent que Jumonville a plutôt été assassiné par la futur président américain.

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Join, or DieCaricature publiée par Benjamin Franklin (1754)Source : The Pennsylvania Gazette

     Cette célèbre caricature politique est publiée le 9 mai 1754 dans The Pennsylvania Gazette. Elle apparaît à côté d’un éditorial de Benjamin Franklin. Cet imprimeur critique dans son texte la division régnant entre les colonies anglaises d’Amérique du Nord. L’image montre un serpent segmenté en huit parties. Les colonies représentées sont la Caroline du Sud, la Caroline du Nord, la Virginie, le Maryland, la Pennsylvanie, le New Jersey et le New York. Quatre colonies, le Massachusetts, le New Hampshire, le Connecticut et le Rhode Island, sont regroupés dans la Nouvelle-Angleterre qui forme la tête du serpent. La Georgie et le Delaware sont omis.

     Benjamin Franklin exhorte les colonies britanniques à s’unir dans leur guerre contre la Nouvelle-France et leurs alliés indiens. Join, or Die est ainsi la première publication appelant les coloniaux à agir comme un ensemble concerté. Cette image participe ainsi activement à la prise de conscience de l’importance de l’unité nationale.

     La caricature prend une nouvelle signification par la suite. À partir de 1765, plusieurs patriotes américains l’utilisent pour revendiquer l’union des colonies dans leurs revendications face à la Grande-Bretagne. Elle connaît alors une vaste diffusion dans la presse périodique américaine. En 1774, Join, or Die est utilisée à nouveau dans l’entête du Massachusetts Spy, un hebdomadaire politique favorable à l’indépendance américaine.

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Brig. Gen. Alured Clarke Photo anonyme d’une estampe de la collection «The Miriam and Ira D. Wallach Division of Art, Prints and Photographs: Print Collection» (2013) Source : The New York Public Library

 

     La nouvelle constitution de 1791 divise la province de Québec en Bas-Canada et Haut-Canada. L’article 14  de cette loi prévoit que le gouverneur ou le lieutenant-gouverneur publie une proclamation «/…/ qui divisera telle Province en districts, ou comtés, ou cercles; et villes ou jurisdictions, et fixera leurs limites, et qui déclarera et déterminera le Nombre des Représentans qui seront choisis par chacun de tels districts ou comtés, ou cercles, et villes ou jurisdictions respectivement». De suite, le 7 mai 1792, le lieutenant-gouverneur Alured Clarke émet une proclamation qui divise le Bas-Canada en 27 «comtés» ou circonscriptions électorales en français. Établis sans norme connue, ces «comtés» doivent être représentés au Parlement par cinquante députés élus.

     La carte électorale élaborée par Clarke comprend 21 «comtés».  Elle comprend aussi deux cités et villes : Québec et Montréal, respectivement divisées en Basse-Ville et Haute-Ville et en Montréal-Est et Montréal-Ouest. Enfin, les villes et bourgs de Trois-Rivières et William-Henry complètent le tout. Dix-huit circonscriptions rurales ont deux députés et trois un seul. Québec et Montréal ont quatre représentants, Trois-Rivières deux et William-Henry, un seul.

   Cette Chambre d’assemblée s’ajoute au Conseil législatif pour former le Parlement. Le gouverneur est le représentant de la couronne à qui il rend compte. Il se dote d’un Conseil exécutif qui n’est pas responsable devant la Chambre.  Cette situation va entraîner des conflits entre l’assemblée des députés et l’exécutif dans l’évolution des institutions vers le gouvernement responsable. Il ne faut pas se tromper, la loi de 1791 introduit le parlementarisme au Bas-Canada, pas la démocratie.

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