Archive pour la ‘Au XVIIIe siècle’ Catégorie

Guy CarletonReproduction d’une gravure sur bois anonyme(XIXᵉ siècle)Source : Librarie du Congrès

     Guy Carleton participe au siège de Québec en 1759. Il est blessé lors de la bataille des plaines d’Abraham. Après la conquête, il agit comme lieutenant-gouverneur puis comme gouverneur en chef de Québec jusqu’en 1778. Par la suite, il est mandaté, à New York entre autres, pour tenter de rétablir la paix entre la Grande-Bretagne et les colonies américaines en révolte.

     De retour en Angleterre, Carleton fait la promotion de créer la fonction de gouverneur général pour les colonies anglaises de l’Amérique du Nord. Cette idée reçoit l’assentiment de Thomas Townshend, vicomte de Sydney et secrétaire d’État à l’Intérieur dans le cabinet de William Pitt. Ce poste vise à favoriser une éventuelle union des colonies britanniques restantes.

     Le 22 et le 27 avril 1786, Guy Carleton reçoit de nouvelles commissions. Il devient le gouverneur général des provinces de Québec, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. Il est aussi nommé commandant en chef des armées de ces trois colonies et de Terre-Neuve. Chacune conserve cependant son lieutenant-gouverneur et Carleton ne peut exercer son autorité civile sur l’une d’elles que lorsqu’il y réside. Carleton, devenu baron de Dorchester, tente par la suite sans succès en 1790 et en 1793 de faire abolir cette réduction de pouvoirs.

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Code noirReproduction de la page frontispice de ce recueil réédité à Paris chez les Libraires associés en 1743 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     L’esclavage noir existe en Nouvelle-France. Il est combiné à l’esclavage d’Amérindiens. Cette pratique est fréquente en Louisiane dès le XVIIᵉ siècle. Le Code noir sur l’esclavage en Louisiane est publié dès 1685. Le 13 avril 1709, l’intendant Jacques Raudot légalise cette pratique en Nouvelle-France par une «Ordonnance rendüe au sujet des neigres et des sauvages nommez Panis».

     En agissant ainsi, Raudot régularise une pratique présente dans la colonie. Le terme «Panis» est trompeur car il ne réfère pas véritablement à une nation particulière comme, par exemple, les Pawnees du Missouri. L’expression est plutôt synonyme d’esclaves amérindiens, toute origine ethnique confondue.

Esclave des Indiens Renards ou esclave NépissinguéReproduction d’une estampe anonyme, vers 1732 (s.d.)Source : BNF

     L’historien Marcel Trudel a fouillé la question de l’esclavage en Nouvelle-France dès 1960. Malgré cela, le sujet reste tabou dans les cours d’histoire au Québec. Pourtant, les sources sont claires : l’esclavage est pratiqué et accepté en Nouvelle-France. L’esclavage n’a toutefois pas la même ampleur que dans certaines colonies américaines. Il reste néanmoins un rouage de l’économie coloniale. La valeur des esclaves est d’ailleurs connue : règle générale, un esclave «noir» vaut deux esclaves «rouges».

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An Allegory, Probably of the Peace of Utrecht of 1713Photo anonyme d’une huile sur toiled’Antoine Rivalz d’environ 1714 (s.d.)Source : MMA

     Le traité d’Utrecht met fin à la guerre de Succession d’Autriche. Un premier traité est signé le 11 avril 1713 entre la France et la Grande-Bretagne. Un second traité est signé le 13 juillet suivant entre la Grande-Bretagne et l’Espagne. Ces accords avantagent d’abord la Grande-Bretagne. L’Espagne est la grande perdante. La France, elle, conserve sa domination en Europe mais perd une partie de ses possessions en Amérique du Nord.

«Animation historique à la forteresse de Louisbourg» Photo anonyme (s.d.) Source : Cap-aux-Diamants, fonds Brün-Bouchard.

     Par ce traité, le roi Louis XIV renonce à plusieurs parties de l’empire français en Amérique. La baie d’Hudson devient exclusivement anglaise et la Compagnie de la baie d’Hudson est dédommagée de ses pertes. L’Acadie est également remise à la reine Anne de Grande-Bretagne tout comme la majeure partie de Terre-Neuve. La France conserve cependant ses possessions sur la côte est de Terre-Neuve ainsi que l’île du Cap-Breton et la forteresse de Louisbourg.

     Le traité d’Utrecht est signé après quatorze mois de négociations. Essentiellement, il met fin à une guerre européenne. La carte politique de l’Europe est cependant modifiée. L’Espagne cesse alors de jouer un rôle de premier plan tandis que la Grande-Bretagne  jette les bases de son empire colonial planétaire au détriment des Provinces-Unies.

     Dans les faits, les traités d’Utrecht amorcent le rétrécissement du territoire de la Nouvelle-France et marquent ainsi le début de l’effritement de l’Empire français en Amérique du Nord. Amputé de l’Acadie et de la baie d’Hudson, l’expansion du fait français passe désormais par les Pays-d’en-Haut et la Louisiane, deux territoires qui tarderont à devenir d’importants foyers de peuplement français. Après 1713, la Nouvelle-France est encerclée au nord, à l’est et au sud par la présence anglaise.

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