Archive pour la ‘Au XVIIIe siècle’ Catégorie

Seconde bataille des caps de VirginiePhoto : V. Zveg (1962)Source : NH 73927-KN

     Le 5 septembre 1781, une bataille navale a lieu à l’embouchure de la baie de la Cheasapeake, au large des caps de Virginie. Elle oppose la flotte française commandée par le contre-amiral François Joseph Paul, comte de Grasse, à la flotte anglaise dirigée par le contre-amiral Thomas Grave.

     Dès le printemps 1781, les Américains avaient appris qu’une importante flotte française naviguait vers la côte est de l’Amérique du Nord afin de les aider dans leur lutte pour l’indépendance. Le 28 août 1781, ce sont 24 navires portant 1 700 canons et 3 000 hommes qui prennent position  à l’entrée de la Cheasapeake.

     D’un point de vue tactique, la bataille se déroule au large de la baie, dans l’océan Atlantique. Les deux belligérants semblent à force égale. Cependant, la précision du tir des canonniers français force les Anglais à retraiter à l’issue du combat. D’un point de vue stratégique, le gain est majeur : la flotte anglaise ne peut entrer dans la baie de la Cheasapeake pour aller soutenir les troupes britannique de Charles Cornwallis assiègées à Yorktown en Virginie.  La défaite subséquente de Cornwallis scelle la victoire américaine lors de la guerre d’Indépendance des États-Unis.

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Reading the Order of expulsion to the Acadiansin the parish Church at Grand Pré, in 1755Reproduction d’une aquarelle de Charles W. Jefferys (vers 1920)Source : BAC-Mikan 2897199

     John Winslow joue un rôle important dans la conquête du fort Beauséjour en Acadie et dans l’éviction des Francais de l’isthme de Chignectou en 1755.  Second du lieutenant-colonel Robert Monckton, il reçoit l’ordre de marcher sur Grand-Pré, le principal centre acadien de la région des Mines. Le 19 août 1755, l’armée anglaise établit ses quartiers dans l’église et le presbytère de Grand-Pré. Le 5 septembre suivant, tous les hommes de l’endroit y sont convoqués. Winslow lit en anglais aux 418 prisonniers l’«ordre de déportation». Isaac Deschamps, un huguenot bilingue, sert d’interprète aux Acadiens.

    Ils apprennent avec horreur que les Anglais sont autorisés par le gouvernement de Londres à confisquer leur terres, leurs maisons et leurs bétails. De plus, ils doivent être transportés et exilés vers des destinations qui leur sont inconnues. Dès le 10 septembre 1755, un premier embarquement d’Acadiens à lieu à bord de voiliers ancrés à l’embouchure de la rivière Gaspareaux.  Des familles sont déchirées : 230 hommes sans leurs femmes et leurs enfants sont entassés dans la cale des navires à destination d’une terre d’exil. C’est le «Grand Dérangement», comme la déportation a été surnommée par les Acadiens. Plus de 7 000 habitants de l’Acadie désarmés et sans défense sont dispersés et abandonnés dans les colonies britanniques de la côte Atlantique. Pour tous, c’est la désolation ; pour plusieurs, en raison de la malnutrition, de l’entassement sur les bateaux et de la maladie, c’est la mort.

     Malgré leur éparpillement, les Acadiens conservent leur identité nationale. Après 1764, de nombreux exilés reviennent dans la région de leurs origines. Leurs terres ont été données à des colons anglais et les Acadiens doivent rebâtir leurs communautés. Leur résilience aboutit à la fin du XIXᵉ siècle par l’adoption de symboles nationaux qui ne laissent aucun doute à leur attachement à la langue française et à la foi catholique. Deux cents ans après la déportation, des célébrations importantes de l’identité acadienne sont organisées en Acadie, au Québec, en France et aux États-Unis. En 1961, Grand-Pré devient un lieu historique national du Canada. En 1988, Nelson Landry publie dans L’Acadie nouvelle un éditorial intitulé «La Grande-Bretagne nous doit des excuses». Le débat est lancé et, en 1990, l’avocat acadien Warren Perrin initie un projet de demande d’excuses au Royaume-Uni. Poussé par la Société nationale de l’Acadie, le dossier prend de l’ampleur à la fin du XXᵉ siècle. En 2003, une proclamation royale reconnaît les torts causés par la déportation et désigne le 28 juillet comme journée de commémoration du Grand Dérangement. En 2012, l’Unesco reconnaît le Paysage de Grand-Pré comme site du patrimoine mondial et y voit un symbole de ré-appropriation de la terre ancestrale des Acadiens «dans un esprit de paix et de partage culturel avec la communauté environnante».

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Mission San GabrielPhoto : Robert A. Estremo (2005)Source : Wikimedia Commons

     Au milieu du XVIIIᵉ siècle, les Espagnols accélèrent leur mouvement de colonisation au nord du Mexique. Ayant reçu l’appui du roi Carlos III, le gouverneur de la Californie, Felip de Neve, prépare les plans pour établir un nouveau village. Le site actuel de Los Angeles est retenu comme nouveau «pueblo» et avait été recommandé par le père Juan Crespi afin de développer un établissement urbain.

     Malgré le soutien financier du gouvernement espagnol, peu de gens sont intéressés à déménager pour aller s’installer dans ce secteur. L’obligation d’y rester au moins dix ans y est probablement pour quelques choses.  Toutefois, c’est le statut de région frontière qui effraie les colons.  Le capitaine Fernando Rivera réussit finalement à recruter 11 hommes, 11 femmes et 22 enfants pour fonder la nouvelle ville aux abords du Rio Porciúncula.

     Le 4 septembre 1781, les fondateurs quittent la Mission San Gabriel pour s’établir dans «El Pueblo de Nuestra Señora de Los Angeles di Porciúncula». Ce nom est choisi en l’honneur d’un sanctuaire dédié à la Vierge Marie en Italie.  Santa Maria degli Angeli ou Notre-Dame des Anges se trouve dans la plaine près d’Assise, la ville natale de saint François.

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