Archive pour la ‘Au XVIIIe siècle’ Catégorie

The Death of General WolfeHuile sur toile de Benjamin West datée de 1770 et photographiée par The Yorck Project (vers 1995-2004)Source : Wikimedia Commons

     Au XVIIIᵉ siècle, l’expansion britannique au coeur de l’Amérique du Nord heurte les intérêts mercantilistes de la France sur ce continent. Le conflit est vif, principalement dans la vallée de l’Ohio. La lutte pour le contrôle des pêcheries dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent est également une importante source de friction. En 1754, la guerre de la Conquête débute pour déterminer qui de la France ou de la Grande-Bretagne contrôlera le territoire nord-américain.

     Dans ce contexte, le siège de Québec s’amorce et dure tout l’été 1759. Dès la mi-juillet, la capitale de la Nouvelle-France subit un bombardement en règle qui réduit une partie de la ville en ruine. Le 31 juillet, les troupes françaises repoussent victorieusement une tentative de débarquement à Montmorency, près de Beauport. Le 13 septembre 1759, les troupes anglaises prennent les Français par surprise en escaladant les hauteurs de Québec à partir de l’Anse-au-Foulon. Vers 10 h AM, un bref combat est engagé. Les deux commandants, James Wolfe et Louis-Joseph de Montcalm, sont blessés mortellement. Désorganisées, les troupes françaises reculent et se réfugient dans la ville. Québec capitule le 18 septembre suivant.

     En prenant Québec, les Anglais capture la clé de voûte de la Nouvelle-France. Le traité de Paris en 1763 vient sceller cette défaite. La bataille de plaines d’Abraham entre dans l’Histoire. Elle prend ensuite des proportions mythiques, selon les différents courants de l’historiographie. Encore récemment, son récit donne lieu à des publications qui permettent de mieux comprendre cet événement et les interprétations qui en sont données.

#######

Ensemble d’immeubles patrimoniaux du Fort-Jacques-Cartier-et-du-Manoir-Allsopp. Restitution 3D du Fort Jacques-Cartier. Vue générale du Fort vers le nord depuis la pointe sudPhoto : Catherine Caron (2011)Source : http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca

      Après la bataille des plaines d’Abraham, les troupes françaises retraitent à l’ouest vers la rivière Jacques-Cartier. Cinq jours plus tard, Québec capitule. Les soldats français se retranchent alors à l’embouchure de la Jacques-Cartier pour y passer l’hiver. Cette fortification de terre a un tracé irrégulier en crémaillère ceinturant le cap et fermé au nord par des ouvrages défensifs. Cette construction est complétée le 26 décembre 1759 et le commandement du fort est confié au major général Jean-Daniel Dumas. Construit à la hâte et aménagé avec des ressources limitées, le fort Jacques-Cartier est un cas unique d’une fortification de campagne française construite durant la guerre de la Conquête.

     Le fort Jacques-Cartier sert de base pour préparer la contre-attaque française sur Québec au printemps 1760. Malgré la victoire des Français dirigés par François de Lévis à la bataille de Sainte-Foy, l’arrivée des renforts britanniques force la levée du siège. Lévis et ses hommes se replient vers Montréal en mai 1760. Dumas poste une partie de ses hommes à Deschambault et en fait de même. Le fort Jacques-Cartier devient un avant-poste défendu par une poignée de soldat. Ouvrage défensif, cette fortification est inutile pour empêcher la progression des Anglais sur Montréal.

     Le 8 septembre 1760, Montréal tombe. Un article de l’acte de capitulation précise que la garnison en poste au fort Jacques-Cartier devra se rendre et sera retournée en France. Deux jours plus tard, le fort Jacques-Cartier se rend pratiquement sans résistance au colonel Simon Fraser. Les prisonniers se composent de deux lieutenants, deux artilleurs, 50 réguliers et 150 miliciens. Brièvement occupé par les Anglais, le fort est abandonné après la signature du traité de Paris. Le fort est ensuite démantelé par les habitants de la région qui en reprennent le bois pour terminer la construction de leur église.

#######

La Capitulation de Montréal en 1760Reproduction d’un tableau anonyme de 1800 (s.d.)Source : Musée virtuel du Canada

     La capitulation de Montréal en 1760 est un événement important du déclin et de la fin du Régime français en Amérique. La chute de la Nouvelle-France survient durant la guerre de Sept ans en Europe. La guerre de la Conquête aussi appelée «French and Indian War» est un épisode de ce conflit mondial. En Amérique du Nord, les troupes britanniques sont nettement supérieures en nombre. Elles s’adaptent également plus rapidement aux réalités locales. Certains historiens parlent d’une guerre perdue à l’avance pour la France.

     Après la prise de Québec en 1759 et la victoire des Français à Sainte-Foy, les renforts que reçoit l’armée anglaise en 1760 viennent sceller l’issue du conflit. Le maréchal François de Lévis estime les forces anglaises à près de trente mille hommes lorsque débute le siège de Montréal. Les Français disposent de moins de deux mille hommes. Rapidement, le gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnal constate qu’il doit se rendre. Pour éviter le massacre des civils et la destruction de Montréal, Vaudreuil accepte les conditions négociées avec le major général Jeffery Amherst.

     Le 8 septembre 1760, Montréal capitule. Les Anglais garantissent la sécurité des habitants mais refusent les honneurs de la guerre aux troupes françaises. Lévis refuse ces conditions et brûle ses drapeaux. Le lendemain, ses soldats rendent leurs armes. La Nouvelle-France est chose du passé et le Régime militaire débute.

#######