Archive pour la ‘Au XVIIIe siècle’ Catégorie

Ensemble d’immeubles patrimoniaux du Fort-Jacques-Cartier-et-du-Manoir-Allsopp. Restitution 3D du Fort Jacques-Cartier. Vue générale du Fort vers le nord depuis la pointe sudPhoto : Catherine Caron (2011)Source : http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca

      Après la bataille des plaines d’Abraham, les troupes françaises retraitent à l’ouest vers la rivière Jacques-Cartier. Cinq jours plus tard, Québec capitule. Les soldats français se retranchent alors à l’embouchure de la Jacques-Cartier pour y passer l’hiver. Cette fortification de terre a un tracé irrégulier en crémaillère ceinturant le cap et fermé au nord par des ouvrages défensifs. Cette construction est complétée le 26 décembre 1759 et le commandement du fort est confié au major général Jean-Daniel Dumas. Construit à la hâte et aménagé avec des ressources limitées, le fort Jacques-Cartier est un cas unique d’une fortification de campagne française construite durant la guerre de la Conquête.

     Le fort Jacques-Cartier sert de base pour préparer la contre-attaque française sur Québec au printemps 1760. Malgré la victoire des Français dirigés par François de Lévis à la bataille de Sainte-Foy, l’arrivée des renforts britanniques force la levée du siège. Lévis et ses hommes se replient vers Montréal en mai 1760. Dumas poste une partie de ses hommes à Deschambault et en fait de même. Le fort Jacques-Cartier devient un avant-poste défendu par une poignée de soldat. Ouvrage défensif, cette fortification est inutile pour empêcher la progression des Anglais sur Montréal.

     Le 8 septembre 1760, Montréal tombe. Un article de l’acte de capitulation précise que la garnison en poste au fort Jacques-Cartier devra se rendre et sera retournée en France. Deux jours plus tard, le fort Jacques-Cartier se rend pratiquement sans résistance au colonel Simon Fraser. Les prisonniers se composent de deux lieutenants, deux artilleurs, 50 réguliers et 150 miliciens. Brièvement occupé par les Anglais, le fort est abandonné après la signature du traité de Paris. Le fort est ensuite démantelé par les habitants de la région qui en reprennent le bois pour terminer la construction de leur église.

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La Capitulation de Montréal en 1760Reproduction d’un tableau anonyme de 1800 (s.d.)Source : Musée virtuel du Canada

     La capitulation de Montréal en 1760 est un événement important du déclin et de la fin du Régime français en Amérique. La chute de la Nouvelle-France survient durant la guerre de Sept ans en Europe. La guerre de la Conquête aussi appelée «French and Indian War» est un épisode de ce conflit mondial. En Amérique du Nord, les troupes britanniques sont nettement supérieures en nombre. Elles s’adaptent également plus rapidement aux réalités locales. Certains historiens parlent d’une guerre perdue à l’avance pour la France.

     Après la prise de Québec en 1759 et la victoire des Français à Sainte-Foy, les renforts que reçoit l’armée anglaise en 1760 viennent sceller l’issue du conflit. Le maréchal François de Lévis estime les forces anglaises à près de trente mille hommes lorsque débute le siège de Montréal. Les Français disposent de moins de deux mille hommes. Rapidement, le gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnal constate qu’il doit se rendre. Pour éviter le massacre des civils et la destruction de Montréal, Vaudreuil accepte les conditions négociées avec le major général Jeffery Amherst.

     Le 8 septembre 1760, Montréal capitule. Les Anglais garantissent la sécurité des habitants mais refusent les honneurs de la guerre aux troupes françaises. Lévis refuse ces conditions et brûle ses drapeaux. Le lendemain, ses soldats rendent leurs armes. La Nouvelle-France est chose du passé et le Régime militaire débute.

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Seconde bataille des caps de VirginiePhoto : V. Zveg (1962)Source : NH 73927-KN

     Le 5 septembre 1781, une bataille navale a lieu à l’embouchure de la baie de la Cheasapeake, au large des caps de Virginie. Elle oppose la flotte française commandée par le contre-amiral François Joseph Paul, comte de Grasse, à la flotte anglaise dirigée par le contre-amiral Thomas Grave.

     Dès le printemps 1781, les Américains avaient appris qu’une importante flotte française naviguait vers la côte est de l’Amérique du Nord afin de les aider dans leur lutte pour l’indépendance. Le 28 août 1781, ce sont 24 navires portant 1 700 canons et 3 000 hommes qui prennent position  à l’entrée de la Cheasapeake.

     D’un point de vue tactique, la bataille se déroule au large de la baie, dans l’océan Atlantique. Les deux belligérants semblent à force égale. Cependant, la précision du tir des canonniers français force les Anglais à retraiter à l’issue du combat. D’un point de vue stratégique, le gain est majeur : la flotte anglaise ne peut entrer dans la baie de la Cheasapeake pour aller soutenir les troupes britannique de Charles Cornwallis assiègées à Yorktown en Virginie.  La défaite subséquente de Cornwallis scelle la victoire américaine lors de la guerre d’Indépendance des États-Unis.

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