«Richard Montgomery»

Reproduction d’une gravure d’E. Mackenzie d’après une peinture de Charles Willson Peale (s.d.)

Source : Musée McCord

 

     Les premiers affrontements armés entre les troupes britanniques et les colons américains surviennent en avril 1775 à Lexington et à Concord au Massachusetts. Malgré le succès initial de quelques raids frontaliers au lac Champlain et dans le Haut-Richelieu, le Congrès continental interdit l’invasion de la province de Québec le 1ᵉᴿ juin 1775. Des représentations faites par Ethan Allen et Benedict Arnold modifient cette politique. Le 27 juin suivant, le Congrès autorise la prise de l’île aux Noix, de Saint-Jean et de Montréal. « Le mot d’ordre est lancé : sous le commandement de Benedict Arnold et du général Richard Montgomery, il est convenu de prendre le contrôle de la province et d’en évincer les autorités coloniales britanniques ».

     Les troupes révolutionnaires américaines pénètrent dans la province de Québec par la vallée du Richelieu, en route pour assiéger Montréal. Les Britanniques disposent d’une faible garnison pour assurer la défense de la colonie. De plus, la milice canadienne est peu fiable, plusieurs habitants appuyant la cause américaine. Après la chute des forts Chambly et Saint-Jean, c’est au tour de Trois-Rivières de tomber sans résistance aux mains des envahisseurs le 9 novembre 1775.

     Le notaire Jean-Baptiste Badeaux a laissé un récit des événements survenus à l’époque. Ce manuscrit est publié une première fois en 1870 dans la Revue canadienne sous le titre : « Journal des opérations de l’armée américaine, lors de l’invasion du Canada en 1775–76, par M. J. B. Badeaux, notaire de la ville des Trois-Rivières ». En date du 9 novembre, on peut lire les motifs de la reddition de Trois-Rivières : « Voyant qu’il n’y avait plus d’espérance ni de ressources pour nous, nous nous assemblâmes dans la maison des Révérends pères Récollets pour délibérer sur le parti le plus avantageux à la conservation de nos biens ; il fut décidé que n’ayant aucune force ni munition et ne pouvant espérer de pouvoir faire une capitulation que l’on députerait deux personnes vers M. de Montgomery qui seraient porteurs d’une requête conçue en ces termes ».

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«William Röntgen en 1901»

Photo anonyme (s.d.)

Source : Generalstabens Litografiska Anstalt

     Le 8 novembre 1895, le physicien William Röntgen réalise une expérience historique en enveloppant d’un carton noir un tube de Crookes alimenté par une bobine de Ruhmkorff. Chaque impulsion produit une décharge électrique que Röntgen réussit à observer en utilisant la fluorescence de différents matériaux. Röntgen en conclut qu’une radiation invisible inconnue, qu’il nomme rayonnement X, est produite par le tube et est la cause de la fluorescence observée.

     Il s’enferme trois semaines dans son laboratoire pour étudier le phénomène. Le 22 décembre suivant, il réussit la première radiographie sur la main de son épouse. Il démontre que les rayons X sont absorbés de manière sélective par la matière et formule la base de la théorie relative à leur utilisation.

     La découverte a un retentissement mondial.  Entre 1895 et 1897, Röntgen publie trois articles sur la radiation. En 1901, il reçoit le prix Nobel de physique en reconnaissance des services rendus dans la découverte des rayons X.  William Röntgen a joué un rôle déterminant dans l’amélioration des connaissances en physique et les rayons X ont de multiples applications notamment en médecine.

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Sir John Colborne (Lord Seaton)

Document iconographique anonyme (XIXᵉ siècle)

Source : BAC

     Pour expliquer le début des événements violents en 1837 au Bas-Canada, l’historien Gérard Filteau propose la thèse du complot. Il suggère que John Colborne, commandant en chef des armées des deux Canadas, Adam Thom, rédacteur en chef du Montreal Herald, et Charles Richard Ogden, procureur général du Bas-Canada, prirent entente avec des membres de la « Clique du Château » pour provoquer les Patriotes et susciter des échauffourées violentes. Cette conspiration permet, après l’émeute du 6 novembre 1837 à Montréal, d’émettre des mandats d’arrestation contre les chefs patriotes.

     Colborne préconise une solution militaire pour mater les Patriotes. Il est favorable à ce que les « Loyaux » à la couronne britannique soient armés dans des corps de volontaires ou encore incorporés dans les troupes régulières. Du 8 au 10 novembre 1837, Colborne fait équiper 10 compagnies de 80 hommes. « Plusieurs corps de volontaires seront formés et armés: les Fusiliers Royaux, les Dragons légers de la Reine, la Cavalerie volontaire de Montréal, l’Infanterie légère de Québec, les Volontaires royaux de Québec, les Volontaires de Mégantic, etc. ». Plusieurs de ces corps de volontaires accompagneront ensuite l’armée anglaise dans les combats armés contre les Patriotes.

     Le 16 novembre 1837, des mandats d’arrestations sont émis contre les leaders patriotes dont les députés Louis-Joseph Papineau, Ludger Duvernay, Edmund Bailey O’Callaghan, Édouard-Étienne Rodier et Charles-Ovide Perreault. Colborne met l’armée régulière et les corps de volontaires sur un pied de guerre. Il fait aussi appel aux troupes du Haut-Canada. Rien ne l’arrête dans la répression du soulèvement : après sa victoire militaire du 14 décembre 1837, Colborne autorise la profanation du cadavre du chef patriote Jean-Olivier Chénier en guise d’exemple; de plus, les villages de Saint-Eustache et de Saint-Benoît sont incendiés. Il reçoit alors le surnom de « Vieux-Brûlot ». Colborne reste à la tête des soldats et des volontaires jusqu’à son départ pour l’Angleterre, en octobre 1839. En récompense de ses services, Colborne est nommé au Conseil privé, reçoit une pension annuelle de 2 000 £ et est élevé à la pairie d’Angleterre à titre de premier baron de Seaton.

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