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Mariage d’époque aux Fêtes de la Nouvelle-France
Photo : Érick Labbé (2011)
Source : lapresse.ca

     Le 26 août 1621, les bans ayant été publiés et ne s’étant trouvé aucun empêchement, Guillaume Couillard et Guillemette Hébert se marient en présence de Samuel de Champlain. Leur union est bénie par le père Georges Le Baillif, missionnaire récollet faisant office de curé à Québec.  Il s’agit du plus ancien acte de mariage conservé dans les registres de catholicité de la paroisse Notre-Dame-de-Québec. Cet acte a été reconstitué de mémoire, l’original ayant été détruit dans l’incendie de Notre-Dame-de-Recouvrance le 15 juin 1640. Un mariage plus ancien aurait été célébré en 1618 à Québec mais n’est pas consigné au registre.

     La cérémonie se déroule probablement dans la chapelle de l’Abitation.  Guillaume Couillard a alors 30 ans; il figure parmi les premiers habitants de la Nouvelle-France avec son arrivée à Québec dès 1613. Guillemette Hébert est plus jeune : elle n’a que treize ans à son mariage. Elle est la fille de Louis Hébert et de Marie Rollet. Le couple Couillard-Hébert peut donc, à juste titre, être qualifié d’être un des couples fondateurs de la colonie.

     Après le décès de Louis Hébert en 1627 et la prise de Québec par les Kirke en 1629, le couple Couillard-Hébert songe à retourner en France mais reste finalement à Québec.  Prolifique et tenace, ils ont une descendance nombreuse en Nouvelle-France. En 1654, leurs efforts sont récompensés : d’humble matelot et charpentier à son arrivée à Québec, Guillaume Couillard est anobli. Il prit dès lors pour armes un blason azur à la colombe d’or aux ailes déployées tenant dans son bec un rameau d’olivier; sa devise était «Dieu aide au premier colon».

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Reddition de la garnison allemande de Paris signée par le général Von Choltiz

«Reddition de la garnison allemande de Paris signée par le général Von Choltiz, reçue par le général Leclerc et contresignée par le colonel Rol-Tanguy»
Document conservé au Musée de l’Armée à Paris photographié par Gind2005 (2012)
Source : Wikimedia Commons

     Le 23 août 1944, les troupes françaises du général Philippe Leclerc font fi des ordres de l’état-major allié. Elles foncent sur Paris afin d’aider leurs compatriotes de la Résistance. Ces derniers ont fomenté une insurrection dans la capitale en organisant, dès le 10 août, une grève des cheminots. La révolte populaire s’est alors étendue rapidement à toute la ville. La Libération de Paris est devenue une priorité nationale pour la France libre. Cette décision force la main des Américains qui acceptent de venir en renfort.

     Des combats de guérilla urbaine font rage dès le 19 août entre les troupes de la Wermatch qui sont attaquées par la police française et les forces de l’intérieur de la Résistance. La charge des Alliés sur Paris permet à la 4e division d’infanterie américaine d’entrer dans la ville. La 2e division blindée française commandée par Leclerc suit immédiatement.

     Le 25 août, les Allemands capitulent devant les troupes françaises. En fin d’après-midi, le général Charles de Gaulle arrive à Paris et reçoit le document officiel de la reddition des mains du général Leclerc. Il se rend à l’Hôtel de ville et improvise un discours : «Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré…».

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1748-Chicoutimi

Vue de Chekoutimi du côté de l’oüest sud oüest
Photo anonyme d’une carte de 1748 (s.d.)
Source : Wikimedia Commons

 

     Les premières décennies du XIXᵉ siècle au Bas-Canada voient le développement d’un intérêt particulier pour l’ouverture à la colonisation de l’arrière-pays de la vallée du Saint-Laurent. En 1821, un premier comité des terres de la couronne est mis en place. C’est dans ce contexte que les postes du roi au Saguenay deviennent une région qui attise la convoitise des barons de la fourrure, des marchands de bois capitalistes, des marchands de Charlevoix et de plusieurs agriculteurs à la recherche de terres fertiles. Les investisseurs et les pionniers se regroupent au sein de la Société des Vingt-et-un qui démontre un impressionnant dynamisme dans leur recherche de nouveaux territoires d’exploitation. De 1838 à 1842, leur ténacité permet de lancer la colonisation au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

     Le 24 août 1842, Peter Mcleod Jr débarque à l’embouchure de la rivière du Moulin avec une vingtaine d’hommes.  Il y construit un premier moulin à scie de 60 pieds par 30 pieds. C’est le début de la ville de Chicoutimi. Dès le printemps de 1843, les premiers madriers coupés à ce moulin sont chargés sur des bateaux de William Price.  Cette association avec Price est lourde de conséquence : ce marchand originaire du Pays de Galles va y fonder une véritable dynastie et les Price vont «régner» sur le Royaume du Saguenay durant près d’un siècle.  Dès 1842, Price achète les actifs des Vingt-et-uns et amorce l’acquisition des scieries de la région.  À la mort de McLeod, Price devient l’unique propriétaire d’un véritable empire forestier au Saguenay.

     Mais c’est l’installation de McLeod à la rivière du Moulin qui marque la fondation de Chicoutimi. Des 23 hommes qui l’accompagnent, 22 construisent une maison à Chicoutimi et s’installent pour de bon aux abords du moulin. L’année suivante, McLeod ouvre une seconde scierie à l’embouchure de la rivière Chicoutimi. Ces installations lancent le développement de la ville et les entreprises de McLeod y sont pour beaucoup : l’entrepreneur y contrôle l’emploi et ses magasins généraux y assurent le commerce de détail durant une décennie.

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