Maisonneuve. Design of a Monumental Statue to be Erected to the Memory of the Founder of Montreal in the Place d’ArmesPhoto anonyme du projet de statue d’Eugene Haberer présentée en couverture du Canadian Illustrated News du 12 avril 1879 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Le 27 février 1879, le journal Le Canadien annonce qu’un monument à la gloire de Paul Chomedey de Maisonneuve va être érigé à la place d’Armes à Montréal. Un premier projet fait la une du Canadian Illustrated News en avril suivant. Mais le projet fait long feu. Il faut attendre 1891, à la veille du 250ᵉ anniversaire de Montréal, pour qu’une souscription publique permettent d’amasser les fonds nécessaires à l’érection de ce monument soit la somme de plus de 25 000 $.

     La réalisation du monument va prendre trois ans, de 1892 à 1895. Le sculpteur Louis-Philippe Hébert est responsable de l’exécution des travaux. Les bronzes du monument sont coulés à Paris par la maison Thiébaut Frères. Avec Maisonneuve, Jeanne Mance, Charles Lemoyne et Lambert Closse tout comme la présence amérindienne à Montréal sont aussi commémorés. Des bas-reliefs rappellent aussi certains événements survenus au début de l’histoire de la ville. Le monument à la mémoire de Maisonneuve est inauguré le 1ᵉᴿ juillet 1895.

     Cette oeuvre s’inscrit dans un vaste courant occidental de commémoration. Plaques et monuments sont érigés pour souligner la gloire des héros du passé. Durant les années 1890, la Société d’archéologie et de numismatique installe plusieurs plaques commémoratives en ce sens.  La Société historique de Montréal érige en 1893 une obélisque en souvenir des fondateurs de Montréal. Les personnalités de la Nouvelle-France sont à l’honneur tant auprès des Canadiens français que des Canadiens anglais. De plus, de nombreux héros provenant de divers groupes culturels sont aussi commémorés à l’époque.

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Saint Jean-Baptiste au désert Photo de Photolouis SA d’une huile sur toile d’Émile Thivier datant de 1880 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Le 26 février 1925, l’Assemblée législative du Québec adopte à l’unanimité une loi qui fait du 24 juin, fête de la Saint-Jean-Baptiste, un jour férié et pour fixer officiellement dans le calendrier une célébration qui, dans les différentes régions du Québec, se faisaient chaque année entre le 20 juin et le 15 juillet, selon les aléas de la température. L’Histoire a gardé souvenir de cette loi sous le nom de «Loi Tétreau». Élu en 1923, dans Montréal-Dorion, Ernest Tétreau est un libéral indépendant qui s’affiche comme libéral à Ottawa et conservateur à Québec ! Lors du débat menant à l’adoption de la loi sur la Saint-Jean-Baptiste, il prononce un vibrant discours patriotique qui souligne le consensus autour de cette mesure commémorant l’origine canadienne-française de plus de 85% de la population du Québec.

     Cette fête est célébrée depuis 1834 lorsque des patriotes du Bas-Canada s’assemblent pour un banquet mémorable organisé par Ludger Duvernay. Depuis 1925, la Saint-Jean-Baptiste est un jour de congé au Québec. Dès le 24 juin 1925, la fête fait l’unanimité. «À Montréal, un imposant défilé patriotique organisé par la Société Saint-Jean-Baptiste serpente les rues de la ville». En 1977, la Saint-Jean vient la Fête nationale du Québec.

     En 1925, lors de l’adoption de la loi par le conseil législatif, Henry Miles se fait le représentant de la minorité anglophone pour appuyer la loi sans réserve. Il y a bien quelques notes discordantes. Le Monde ouvrier, journal lié aux syndicats internationaux, critique la mesure qui permettra à certains travailleurs immigrants de prendre l’emploi de ceux qui respecteront ce jour férié. L’Événement reprend ces arguments et se montre méfiant face à cette loi qui est issue de l’idéologie nationaliste. Au sein du gouvernement du Québec, seul le ministre Antonin Galipeault émet quelques réserves en soulignant qu’il serait injuste de ne pas accorder aussi un congé férié aux Écossais et aux Irlandais lors de la Saint-André et de la Saint-Patrick !

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Antoine Henri BecquerelPhoto anonyme (v. 1896)Source : Wikimedia Commons

     En 1896, Antoine Henri Becquerel procède à des expérimentations sur les sels d’uranium. Le physicien étudie alors leur fluorescence. Le 26 février, il stocke ses sels minéraux à proximité de ses plaques de photos. Le temps nuageux le force à attendre avant de poursuivre ses expériences.

«Plaque montrant les effets de la radioactivité»Photo : Henri Becquerel (1896)Source : Wikimedia Commons

    Lorsqu’il développe ses photos, Becquerel constate des empreintes générées en milieu clos. Ces empreintes proviennent du rayonnement de l’uranium. Elles prouvent l’existence de la radioactivité naturelle.

    Au début de mars 1896, Becquerel publie ses résultats. L’article «Sur les radiations invisibles des corps phosphorescents» ouvre ainsi la porte de la recherche sur la radioactivité et sur la physique nucléaire.

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